Galveston : échappée brisée

06/03/2019

Titre : Galveston

Réalisateur : Mélanie Laurent

Avec : Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart, ...

Genre : Thriller dramatique

Durée : 1h34

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2018

Résumé : 1988. Les temps sont durs pour Roy, petit gangster de la Nouvelle-Orléans. La maladie le ronge. Son boss lui tend un guet-apens auquel il échappe de justesse. Une seule issue : la fuite, en compagnie de Rocky, une jeune prostituée. Deux êtres que la vie n’a pas épargnés. En cavale vers la ville de Galveston, ils n’ont plus rien à perdre…

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Trouver Mélanie Laurent derrière la caméra pour « Galveston » est assez surprenant. Elle choisit en effet pour un premier film américain une route assez inattendue pour son cinéma, s’ancrant dans un thriller aux allures de road trip rappelant à l’inconscient collectif de certains titres bien connus du pays. Ce genre de regard européen sur un genre aussi connu des États-Unis peut donner des merveilles, comme le formidable « Comancheria » de David Mackenzie, profitant aussi bien de sa réalisation que de l’écriture de Tyler Sheridan pour aborder plusieurs maux du pays avec des allures de western moderne. Et si Mélanie Laurent n’atteint pas un tel stade, il faut bien reconnaître que « Galveston » mérite mieux que l’accueil tiède qui lui a été réservé.

Il y a déjà le regard de deux des meilleurs jeunes acteurs de ces dernières années : Ben Foster et Elle Fanning. Lui au bouillonnement incandescent qui ne demande qu’à exploser, elle jeune femme forcée de jouer de son corps pour subsister. Les deux protagonistes, reliés par leurs âmes et corps brisés par la vie et la société, se voient conférer par la prestation des acteurs une sensation de déchirure qui ne demande qu’à être pensée par un regard extérieur. Forts de la beauté de leur fragilité, nos héros donnent une amertume à leur cavale, une sensation de tristesse permanente rappelant que l’on fait face à une adaptation de Nic Pizollato, derrière la série True Detective.

Si Mélanie Laurent ne semble pas éviter un certain chemin balisé par les codes narratifs du genre, c’est pour mieux accrocher à ses protagonistes et leurs doutes. Sa mise en scène semble ainsi chercher à mettre en avant ses personnages, quitte à se mettre en retrait par moments pour mieux illustrer son histoire. On notera néanmoins une photographie intéressante qui ajoute en plus de la réalisation une forme de sensibilité assez touchante. Que ce soit par l’ambivalence de points de vue de ses héros, la crudité d’une violence arrivant sans crier gare ou cet espoir sourd et inespéré tout du long, on sent que Mélanie Laurent a cherché à conférer à son long-métrage une certaine touche personnelle faisant émerger ce thriller du tout-venant.

« Galveston » ne peut que profiter de sa sortie en VOD et en format physique tant son souffle discret et touchant arrive à percer lentement mais sûrement notre cœur de spectateur pour mieux fonctionner. Là où l’on pouvait craindre le générique et le prétentieux, « Galveston » est plutôt sincère et émotionnellement chargé, à l’image de ses acteurs et de la mise en scène de Mélanie Laurent.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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