La poursuite implacable : redécouverte du polar italien

27/03/2019

Titre : La poursuite implacable

Réalisateur : Sergio Sollima

Avec : Oliver Reed, Fabio Testi, Agostina Belli, ...

Genre : Polar

Durée : 1h51

Nationalité : Italie

Sortie : 1973

Résumé : Anna l’épouse de Cipriani, vice-directeur de la prison de Milan est kidnappée. Pour la retrouver, Cipriani doit faire s’évader le voyou Milo Ruiz. Il s’exécute mais réalise bientôt que Ruiz et lui-même ne sont que des pions dans un vaste complot qui mêle intérêts politiques et forces de police autour d’un attentat contre un magnat du pétrôle.

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Sergio Sollima n’est pas le premier nom qui vient quand on parle de cinéma italien, et pourtant découvrir son cinéma s’avère intéressant dans ce qu’il dit de la production italienne d’époque. Il y a en soi dans ce film une nature assez crasseuse, notamment par rapport au regard porté sur la violence. Plus connu pour les westerns Spaghetti, Sollima confère cette même intention corrompue dans une histoire où les personnages ne sont pas des plus empathiques. Rien n’est épargné aux spectateurs mis face aux côtés les plus sombres de l’être humain et son rapport à une autodestruction interne, aussi bien personnelle que sociétale.

Partant d’un principe digne de Buddy Movie, Sollima conserve ses intentions antipathiques, préférant la méfiance et le doute permanent à la sociabilisation progressive des protagonistes devenant meilleurs amis grâce aux malheurs subis à deux. On est face à un polar d’une noirceur plus qu’assumée tout au long de l’avancée de l’intrigue. Dès qu’une fusillade éclate, elle est sale et ne laisse personne indifférent, impactant toute personne ayant eu l’audace d’y participer et faisant subir d’une manière ou d’une autre une douleur due à un collectif destructeur.

En effet, on se retrouve dans une ambiance conspirationniste permanente. Si l’aspect politique reste largement en arrière-plan, il n’en est pas moins impactant sur ce qu’il fait subir à une échelle microscopique socialement. Il y a ainsi une verve par instants dissimulée mais néanmoins guère négligeable lorsque l’on visionne le film. Le tout est mis en scène avec une énergie qui nous empêche de lâcher le visionnage de ce polar noir et sarcastique à plusieurs niveaux, notamment dans l’écriture de ses personnages.

Emporté par la mise en scène de Sollima, la musique de Morricone et un casting de qualité, « La poursuite implacable » est un thriller italien sombre et divertissant à la fois, ne reniant jamais son écriture impliquée sur l’autel de scènes d’action bien menées et violentes. Bref, une bonne découverte qui a su mûrir comme un bon vin à travers les années.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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