Le cirque interdit - Un roman trop peu poussé

23/03/2019

Titre : Le cirque interdit

Auteur : Célia Flaux

Editions : Scrinéo

Prix : 16,90€

Parution : 21 février 2019

Nombre de pages : 256 pages

Genre : Dystopie

Résumé : Dans un univers dystopique où tout est désormais sous contrôle, une jeune fille enquête sur le meurtre de ses parents au cœur du dernier cirque de France.

Approchez sans crainte, venez rire avec nos clowns et nos acrobates !
Le dernier cirque de France vous ouvre ses portes pour un spectacle envoûtant...

Dans un pays gouverné par le Parti Zéro Risque, qui a banni toutes les pratiques jugées dangereuses, Maria décide d'infilter la troupe Vazatta.
Sa rencontre avec les artistes et surtout avec Mathieu, acrobate et clown apprenti, va bouleverser ses certitudes... Jusqu'où faut-il aller au nom de la sécurité ?

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Quand j’ai vu la couverture du roman Le cirque interdit de Célia Flaux, je n’ai pas pu y résister. Je veux dire : un cirque et des caméras de surveillance ? Ce roman criait mon nom !

Il faut savoir que l’univers du cirque me fascine quelque peu. Si je refuse de me rendre dans les cirques où il y a des animaux, je dois bien avouer que je suis complètement captivée par les spectacles d’acrobates qui me laissent toujours sans voix. Si vous avez vu l’un ou l’autre des spectacles de la compagnie du Cirque du Soleil, vous voyez forcément ce que je veux dire. Pour autant, force est de constater que je lis assez peu de choses sur le cirque, alors quand j’ai vu que Le cirque interdit sortait, je me suis dit que je ne pouvais tout simplement pas passer à côté. D’autant plus qu’au moment de me lancer dans la lecture de ce roman, je venais d’en finir un autre où le cirque avait été beaucoup évoqué mais jamais montré (je vous en parle très bientôt !). En bref, vous l’aurez compris : Le cirque interdit tombait à point nommé pour moi.

Pourtant je dois bien avouer que je n’ai pas été tout à fait convaincue par cette lecture, car plusieurs aspects de l’ouvrage m’ont quelque peu chiffonnée.

Il y a tout d’abord la société dans laquelle l’intrigue se déroule. L’auteur nous présente une France où la politique a subi un virage à 180° puisque l’objectif affiché du gouvernement est le « risque zéro » aussi bien en termes de santé que de criminalité ou encore de sport. J’avais vraiment envie d’en apprendre plus sur cette société : y a-t-il eu un événement majeur qui a forcé le gouvernement à sacrifier les libertés individuelles massivement pour obtenir plus de sécurité ? Bien sûr, on voit très bien où l’auteur veut en venir – et la couverture du roman nous invite aussi à cette réflexion : quelles libertés sommes-nous capables de laisser nous échapper au nom de la sécurité ? Cependant, je trouve la situation de départ trop extrême pour qu’elle ne soit pas plus expliquée et j’ai trouvé ça dommage.

Par ailleurs, j’ai parfois eu du mal à saisir les enjeux de la vie des différents personnages : certains parlent de partir à l’étranger, d’autres acceptent de faire des sacrifices massifs pour obtenir un éventuel emploi… Il est clair que le passage à l’âge adulte et l’installation dans la vie ne sont pas choses aisées dans la société proposée par l’auteure. Malheureusement, il est difficile pour le lecteur de comprendre pourquoi ces enjeux sont tellement plus cruciaux pour les jeunes que pour les autres membres de la société.

En réalité, ce que je reproche à ce roman tient en une phrase : je pense que l’auteure a voulu trop en faire. La société dystopique, le monde du cirque, l’installation des personnages, la romance, … Tous ces aspects demandent un certain temps pour être mis en place, temps que – à mon sens – l’auteure n’avait pas tout à fait, dans la mesure où il s’agit d’un roman young adult en un seul tome. Forcément, certaines parties de cette construction sont passées au second plan et n’ont pas pu être aussi creusées que ce que j’aurais souhaité. Cela n’enlève à mon sens rien à l’intrigue du roman à proprement parler – j’ai d’ailleurs été surprise par certaines révélations, mais cela laisse pour moi un sentiment d’inachevé et des questions en suspens : pourquoi seule la France semble concernée par le Parti Zéro Risque, comment les gens ont-ils réagi lors de l’instauration de ce système ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu de protestation de la part de la population alors que les mesures prises par le gouvernement sont extrêmement coercitives ? Pourquoi Maria veut-elle absolument travailler pour l’Assurance alors que son directeur la traite sans aucune considération ?

Si ces interrogations n’entacheront à mon avis en rien la lecture des plus jeunes, je dois bien avouer que de mon côté, elles m’ont un peu fait sortir de l’intrigue et que j’ai eu du mal à m’attacher à certains personnages, notamment à Maria dont j’ai souvent eu du mal à comprendre les réactions. De fait, j’ai aussi eu un peu de mal à croire à la romance proposée ici que j’ai trouvée un peu trop simple.

Heureusement, le roman offre aussi de chouettes personnages qui donnent envie de passer un peu plus de temps sur leur histoire, comme par exemple le directeur du cirque, son épouse ou encore Julia, la contorsionniste de l’équipe. De mon côté, j’ai particulièrement apprécié la relation de Mathieu et de son grand-père que j’ai trouvée très belle et très touchante, ainsi que les interrogations de Mathieu par rapport à son avenir que j’ai trouvées très justes et complètement transposables à notre monde – et qui sauront à mon avis faire écho à des enjeux familiers pour les jeunes lecteurs.

En somme, Le cirque interdit reste un bon premier roman, même si pour ma part j’aurais souhaité qu’il fasse 150 pages de plus pour pouvoir creuser un peu plus certains aspects.

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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