Avengers : Endgame - Les avis divergents de 2 membres de la rédac' !

30/04/2019

Titre : Avengers : Endgame

Réalisateurs : Anthony et Joe Russo

Acteurs : Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Josh Brolin, …

Genre : Super-héros

Durée : 3h02

Nationalité : Américain

Sortie : 24 avril 2019

Synopsis : Thanos ayant anéanti la moitié de l’univers, les Avengers restants resserrent les rangs dans ce vingt-deuxième film des Studios Marvel, grande conclusion d’un des chapitres de l’Univers Cinématographique Marvel.

 

Aujourd’hui, Liam et Greycie reviennent pour vous sur le film phénomène du moment, à savoir Avengers : Endgame. ATTENTION : la critique de Liam sera FULL SPOILERS et la critique de Greycie contiendra quelques spoilers qui seront annoncés et dont vous devrez surligner le texte pour pouvoir le lire. 

 

L’avis de Liam – Avengers : Endgame : une mauvaise partie ?

/!\/!\/!\ FULL SPOILERS /!\/!\/!\

Nous sommes dans cette partie de l’année où les salles de cinéma vont être envahies pour voir l’un des films événements dans la pop culture récente : « Avengers Endgame », vingt-deuxième film du Marvel Cinematic Universe, devant sonner le glas pour de nombreux acteurs qui auront porté le costume pour des années. Et tandis que les avis dithyrambiques tombent autant que les bouts d’immeubles new yorkais dans le premier Avengers, il faut bien reconnaître que le résultat final laisse assez circonspect. Mais en quoi cette Fin de partie déçoit ? Tentatives d’explications dans cette analyse avec spoilers.

Avec SPOILERS. AVEC SPOILERS.

Vous aurez été prévenus.

Le film s’ouvre avec une séquence qui arrive à rappeler le drame inhérent à la fin d’Infinity War tout en réintroduisant l’un des absents du film précédent : Hawkeye. Cette ouverture est amère et joue même de la sortie de champ pour souligner la noirceur apparente du récit. La moitié de toute vie dans l’univers a disparu et cela touche tout le monde. L’intimisme de la séquence, détruisant la cellule familiale américaine avec une tragédie non feinte, renferme toute la réussite et l’échec du long-métrage. Ce dernier arrive en effet à revenir sur les conséquences du final d’Infinity War et en approfondit ses protagonistes, marqués par leur échec, mais le traitement narratif finira par tourner à vide de manière inconséquente et se limitera à un regard assez resserré là où l’ampleur du drame aurait pu nourrir un peu plus le métrage.

Il y a ainsi une double attitude presque antinomique par rapport au traitement narratif du film. D’un côté, on tente de souligner la puissance du drame et de l’autre, on le désamorce avec une facilité déconcertante. Pire encore, l’humour semble toujours mal placé voire étiré sans apporter quoi que ce soit de plus. On pense ainsi à Thor, dont l’apparence physique devient un running gag honteux et bien trop allongé pour fonctionner. Sa gestion post-traumatique se voit ainsi rapidement évacuée pour plonger tête baissée dans des blagues n’apportant rien, aussi bien à l’histoire qu’au personnage.

On se retrouve régulièrement confronté à un film bicéphale qui ne sait pas trop sur quel pied danser voire quel rythme adopter. Cela oblige le film à accélerer sur certains points, poussant au questionnement là où celui-ci était évitable. Les paradoxes temporels se comptent ainsi à la pelle et sont mis de côté sans même chercher à dissimuler ces trous scénaristiques. Le film se moque ainsi de Retour vers le futur mais ce dernier abordait sa nature temporelle et ses implications avec plus de cohérence et un traitement bien plus réussi qu’ici. Le film pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses et l’on en vient même à se demander si ce ne sont pas plusieurs films qui disparaissent dans l’univers au vu du traitement accordé.

Il y a également ces personnages à l’écriture bien différenciée. Pour un Captain America réellement émouvant, combien de Captain Marvel au temps de présence des plus limités ou de Bruce Banner n’ayant plus aucun souci à gérer par le biais d’une performance qui risque de vite dater ? Il y a des approfondissements qui sont passionnants mais survolés et d’autres protagonistes traités de manière si mécanique que l’on en vient à regretter le travail de Joss Whedon sur les deux premiers Avengers. Ici, le film trottine, fait du surplace tout en se fatiguant. On repense même à Infinity War, qui avait su traiter Thanos comme un véritable méchant passionnant là où dans celui-ci, il se transforme en bad guy oubliable comme Malekith et autres némésis disparus en même temps de leurs films que de la mémoire des spectateurs.

Et puis, après un ronflement global qui ferait presque oublier une ouverture surprenante et réussie, quelque chose se produit. Une fois les pierres récupérées et le claquement inversé, une confrontation sentimentale advient avec un certain aboutissement. D’abord, une confirmation de cette inversion des événements avec quelque chose de très doux arrivant à toucher au cœur, le tout supplanté par l’amorce d’un climax monstrueux. Dans cette dernière partie, les Russo s’en donnent à cœur joie et amènent des idées qui exciteraient n’importe quel fan du médium comics. Et là, le cœur s’emballe à nouveau, l’excitation revient et l’on redevient un gamin devant le spectacle qui nous est proposé. C’est dans ce genre de moment qu’Endgame est LE film Marvel qu’on aurait dû avoir au vu du divertissement procuré avec un amour de ses personnages bien plus visible et une certaine générosité, bien qu’affecté par un côté brouillon que l’on ne retrouve pas dans des films critiqués pour moins que ça comme « La Bataille des Cinq Armées ».

Et c’est lors d’un épilogue assez émouvant pour toute personne ayant avancé en même temps que les vingt-et-un films précédents du MCU que se bousculent les sentiments. Dur de ne pas être ému par la manière dont certains personnages se terminent, à l’image d’un dernier plan prêt à tirer les larmes de n’importe quel fan de Captain America. Et de l’autre, la sensation de trop peu est là, prête à éveiller le spectateur en le faisant se demander si tout ce foin était nécessaire. Tandis que la presse américaine et de nombreux retours autres font part d’un chef d’œuvre voire d’un monument du septième art dans une hyperbole desservant le film, celui-ci se révèle bon, sans plus.

Peut-on ainsi ignorer la manière dont le voyage temporel est jeté aux orties comme un outil qui n’aurait aucune réelle répercussion ? Peut-on parler de certains personnages traités avec la délicatesse d’un Albert Dupontel armé d’un extincteur ? Peut-on faire comme si les liens faits avec de précédents épisodes sont effectués tels du fan service presque gratuit, telle une liste de doléances qui se voient obligées d’être remplies sous peine de ne pas plaire au spectateur ? L’année passée, un film dont l’on ne citera pas le nom revisita une œuvre importante de la culture cinématographique et littéraire d’une manière cohérente par rapport à son questionnement sur notre rapport à la culture, le tout avec un véritable respect. Ici, on a plus l’impression de faire face à des clins d’œil lourdingues censés rameuter le chaland et lui faire oublier la vacuité de certains points scénaristiques.

Donc au final, que penser d’Endgame ? Sincèrement, c’est tiraillé qu’on rédige ces lignes tant l’impatience nous étreignait avant de le découvrir et de l’achever de manière déconcertée. Un film n’a pas à nous offrir ce que l’on désire mais ce dont on a besoin. Ici, on a la sensation que les frères Russo nous ont donné ce qu’ils pensent que le public désire et galvaudent de nombreuses pistes pour mieux plaire au plus large. Et c’est justement lors de ses fulgurances que cet Avengers nous frustre, justement car il n’est pas au niveau de cette première séquence ou de ce dernier plan et s’automutile sans s’ en rendre compte par sa facilité, par son humour lourdingue et sa manière de réduire son impact par un scénario aussi variable que sa mise en scène. D’un côté, on aimerait laisser l’enfant en nous se réjouir de certaines séquences, mais de l’autre, ignorer les défauts du film alors qu’on en a détruit pour moins que ça serait injuste. Quel dommage dès lors qu’Avengers Endgame ne soit ni aussi bouleversant que son ouverture et sa clôture ou aussi épique qu’il aurait pu (dû ?) l’être. À cause de cela, les espoirs du grand film qu’on devait avoir laissent place à la constatation d’un résultat final bon mais sans plus.

 

L’avis de Greycie – Avengers : Endgame

2019 est sans nul doute une année charnière de la pop culture. En effet, cette dernière année de la décennie 10 verra s’achever non pas 1 mais 3 sagas de tous les records. Et c’est le MCU qui commence la danse avec son ultime film de la phase 3. Avengers : Endgame a la lourde tâche de clôturer la saga mais aussi d’être à la hauteur de sa première partie : Infinity War.

En effet, le film a marqué durablement les esprits avec sa fin alarmiste qui ne laissait rien présager de bon pour nos malheureux héro. Mais il nous avait aussi mis, nous autres spectateurs, en PLS tant le film était une réussite.

Avant de parler du film, faisons le point sur la franchise. Avengers : Endgame est le résultat de 21 films répartis en 3 phases avec une multitude personnages tous plus incroyables les uns que les autres. Une programmation qui court sur une décennie pour un projet si titanesque que personne n’y croyait vraiment. On est donc face à une particularité du cinéma hollywoodien qui fera date. Une franchise qui prend des allures sérielles quand on regarde l’ensemble.

Le film se divise en 3 parties, dont une première partie assez dense qui remet immédiatement le spectateur dans le contexte du précèdent film. Ici, le film assume totalement la fin abrupte d’Infinity War avec les conséquences des actes du terrible Thanos sur le monde, mais surtout sur les rescapés des Avengers. Une manière pour le film d’axer son film sur la psychologie de certains personnages. C’est une partie assez longue mais nécessaire pour prendre la mesure de la situation et de ses impacts. Impacts d’autant plus grands face à certains choix scénaristiques pris pour cette partie (SPOILER : l’idée d’une ellipse de 5 ans est juste géniale, ces quelques mots ont suffi à eux seuls à me faire prendre la mesure de l’échec des Avengers. J’ai apprécié aussi avoir un aperçu des conséquences positives de l’annihilation de la moitié de la planète. Elles sont brièvement abordées avec une référence aux baleines. Avec une planète dé-saturée et une nature qui reprend ses droits, la notion de vide est palpable mais cela prend un aspect post-apocalypse exagéré. Avoir des villes désertes comme New-York c’est un poil abusé, la moitié de l’humanité c’est quand même 3,5 milliards).

Concernant les deux autres parties, le film prend une direction très intéressante (SPOILER : avec ce voyage temporel) mais qui est faiblement exploitée quand on connaît les multitudes de possibilités qu’elle peut apporter. D’ailleurs, dès son évocation, le film désamorce les règles de ce choix scénaristique avec humour comme toujours. C’est malin mais un peu paresseux car malgré cette mise en garde, il m’était impossible de ne pas me référer aux films du même genre (SPOILER : c’est bien connu : jouer avec le temps apporte son lot de conséquences, des conséquences qui auraient permis aux enjeux de gagner en complexité comme dans « Retour vers le futur » ou encore plus récemment dans « Il était temps » de Richard Curtis).

Comme dit précédemment, le film est principalement centré sur ses personnages, l’émotion est donc palpable mais la nostalgie s’invite aussi dans le film, un bon moyen de nous rappeler le côté humain de tous ces personnages d’exception. De ce fait, cette vulnérabilité les met à notre hauteur, nous le commun des mortels, et donc bien plus proches d’eux. La notion de famille et d’appartenance est très présente à travers certaines répliques ou scènes très touchantes. Un ton sombre et poignant étrangement ponctué par de purs moments d’humour comme ceux auxquels le MCU nous a habitués. Sur ce point, les scénaristes ont été plus que généreux en comparaison avec la première partie. Cette profusion d’humour déplaira à beaucoup, qui la jugeront sans doute inappropriée, mais pour moi elle était la bienvenue pour désamorcer le fatalisme ambiant du film.

Le principal atout du film, c’est d’être un film de fan pour les fans. Clairement, le film est là pour faire plaisir à sa fanbase en revisitant quelques-uns de ses films. Regardez le film avec des connaisseurs et vous êtes assurés de passer un moment inoubliable en communion avec le autres fans du MCU ; de simple répliques ou gestes de certains personnages ont suffi à faire bondir les gens de leur chaise ou à déverser une pluie d’applaudissements. Le film est bourré de références, des Easter Eggs pour les fans qui font écho à des moments clés de la saga et qui sont bien revisités. Pour les moins connaisseurs, il est possible de suivre et d’apprécier le film tel quel mais sans un minimum de connaissances des autres films du MCU, on passe à côté de détails savoureux. C’est comme assister à une réunion de famille sans connaître personne, c’est moins sympa.

Oui, le film est jouissif mais il n’est pas dépourvu de défauts. On trouvera regrettable le traitement réservé à Carole Danvers alias Captain Marvel qu’on attendait avec impatience après son teasing dans les post-génériques d’Infinity War et de Captain Marvel. Finalement elle ne sert pas à grand-chose, et surtout ses interactions avec les Avengers sont plus que limitées. A la lumière de ce film, on se rend compte que le MCU possède un casting féminin impressionnant, mais malheureusement il manque de subtilité quand il est question de le mettre en avant. C’est sympathique à l’écran comme moments mais très maladroitement exécuté. Cela donne plus l’impression de vouloir être dans cet air du temps favorable aux revendications des femmes et de cocher la case femme forte. Je trouve aussi que les enjeux manquent d’intensité. Dans le déroulement de l’intrigue, il n’y a pas de réelle difficulté ou d’obstacle suffisamment important pour ébranler notre assurance quant au fait que tout va bien se passer. Et quand il y en a, c’est désamorcé trop vite, ce qui est fort dommage. Il est aussi dommage que certains éléments instaurés dans les précédents films soient au mieux évacués, au pire complètement oubliés (SPOILER : la relation de Hulk avec Natasha Romanoff notamment).

En parlant de personnages, je ne m’attarderai pas sur Tony Stark et Steve Rogers qui restent des personnages saisissants et très bien exploités, le film leur rend justice comme il faut. Ce sont des personnages plus secondaires qui m’ont marquée. J’étais ravie de voir la Veuve noire et Hawkeye mis en avant. Ce sont les personnages les plus sous-estimés de l’équipe originale des Avengers, et ici ils ont une vraie construction et de vrais moments marquants, j’ai adoré. Je n’oublie pas Nebula, un personnage assez négligeable dans « Les Gardiens de la Galaxie » qui prend de l’ampleur dans cet ultime film de la 3ème phase, pour moi elle a un rôle clé dans cette aventure et j’ai apprécié la redécouvrir. Avant de conclure, même si je ne peux pas trop en dire, le final de ce film est juste génialissime, dantesque et impressionnant. Il apporte une conclusion parfaite à cet arc Thanos. J’ai vraiment pris mon pied à ce moment et j’ai retrouvé la tension et les enjeux qu’Infinity War nous avait proposés. Je trouve même que les scènes se font écho.

En conclusion, Avengers : Endgame est un film réussi malgré ses défauts. A travers cette critique du film, c’est principalement mon ressenti qui va primer. OUI, le film a de grosses facilités scénaristiques et même des incohérences flagrantes. Un rythme et une dynamique inégaux, des enjeux, une tension à peine perceptible et un antagoniste moins impressionnant que dans le premier film. Il faut le reconnaître : certains moments auraient pu être plus approfondis, certaines scènes auraient pu être plus longues et d’autres plus courtes voire supprimées pour laisser plus de place à un troisième acte plus jouissif, mais ici trop court. Mais ça reste une réussite.  

C’est une réussite car les frères Russo ont assuré le spectacle, ils ont su récompenser les fans pour leur assiduité en leur proposant des personnages au développement toujours plus poussé, une revisite sympathique des précédents films de la franchise et un final du tonnerre de dieu. Et c’est moi, une non-fan, qui n’a vu peut-être qu’un tiers des films de la franchise, qui ne voyait dans cette saga qu’une franchise plate et sans ambition, qui reconnaît le travail du MCU. Si moi j’ai ressenti de telles émotions, alors imaginez un fan de la première heure. C’est définitivement un film de fan service plus pour le meilleur que pour le pire. Et il faut le prendre ainsi. J’ai vécu une expérience filmique intense dans une salle prestigieuse et dans une ambiance de folie. Ces 3h de film, c’était du pur bonheur. J’ai eu des étoiles plein les yeux, j’ai assisté à une vraie fin de saga et rien que pour ça je dis merci.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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