Captain Marvel - Pas mal, mais peut mieux faire

11/04/2019

Titre : Captain Marvel

Réalisateur : Anna Boden, Ryan Fleck

Avec : Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law, Lashana Lynch, ...

Genre : Action, Fantastique, Science-fiction

Durée : 2h04

Nationalité : Américaine

Sortie : 6 mars 2019

Résumé : Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

.

Girls power ! Un slogan et un cri de ralliement qui a le vent en poupe dans nos sociétés occidentales (ou non). Les femmes, qui représentent tout de même la moitié de la planète, ont un message bien précis et simple à faire passer : nous sommes là et on ne compte pas pour du beurre. Le sexe « faible » veut sa part de lumière sur la place médiatique. Et le cinéma ne fait pas exception à la règle. Cela n’a rien d’étonnant quand on connaît le pouvoir de l’image et sa capacité à influencer le plus grand nombre.

La question des représentations est donc primordiale pour faire bouger les choses. Aidée par des mouvements féministes dont le dernier en date « Me Too » a beaucoup fait parler, la question de la place des femmes ne cesse de modifier les mœurs et l’opinion générale. Si la littérature adolescente a largement investi la figure de la femme forte, le cinéma y arrive timidement avec des personnages tels que Katniss, Lara Croft ou encore Wonder Woman, grande fierté du DCEU élevée au rang d’icône féministe ou tout simplement de modèle. Il était donc temps pour le MCU d’avoir son propre film avec sa super-héroïne en tête d’affiche, pour surfer sur cette vague féministe, avec la fameuse Captain Marvel. Mais Marvel n’en fait-il pas trop avec ce personnage et la mise en avant martelée de ses revendications féministe ?

Chez Marvel, des femmes de poigne, il y en avait déjà.

Marvel a toujours mis en scène des femmes d’action dans ses films, avec des personnages tels que Natasha Romanoff, Gamora, Okoye ou la Valkyrie dans le dernier Thor. Mais aussi badass soient-elles, elles n’avaient jamais eu des rôles centraux autres qu’une adjudante ou le love interest d’un héros. Teasée dans le post-générique du dernier Avengers, Captain Marvel suscitait de grandes attentes parmi les fans du MCU. Elle serait la première héroïne exploitée pleinement par le studio le plus rentable du moment. L’arrivée de ce film est donc remplie de symboles à la gloire de la femme. Premièrement, le choix du réalisateur.

Wonder Woman/ Captain Marvel : deux super-héroïnes, deux styles radicalement différents.

Comme Patty Jenkins avec Wonder Woman, c’est à une réalisatrice que revient l’honneur de porter le projet. Anna Boden a eu la lourde responsabilité de porter à l’écran ce personnage, une responsabilité peut-être un peu trop lourde puisqu’elle co-réalise le film avec Ryan Fleck, un homme. Mais faisant taire les mauvaises langues, ces deux professionnels du cinéma travaillent depuis toujours en tandem. Et puis il y a la date de sortie : le 8 mars n’a certainement pas été choisi au hasard. Comme Black Panther l’année dernière, Marvel voulait marquer le coup et pour le coup c’est réussi : 1 mois après sa sortie, le film figure toujours au box-office. Choisir une femme pour venir à bout du terrifiant Thanos, c’est une sacrée idée. Mais pour les non-initiés comme moi, ce personnage reste un mystère. Qui est vraiment Captain Marvel ? L’origine story de cette dernière arrive à point nommé pour éclairer nos lanternes.

Une super-héroine qui n’est point sexualisée

Sur la planète Hala, dans une galaxie lointaine, Vers, citoyenne de la nation des Kree, possède le pouvoir de libérer un jet d’énergie à travers ses bras. Elle s’entraîne durement en compagnie de son mentor Yon-Rogg à contrôler ses émotions pour devenir une meilleure combattante dans leur guerre face aux Skrull, une race extraterrestre métamorphe redoutable. Durant une mission, elle et ses compagnons sont attaqués par ces derniers. A la merci de ces ennemis et loin des siens, Vers trouve refuge sur la planète Terre. La petite planète bleue devient alors le théâtre d’un conflit entre les Kree et les Skrull, mais c’est aussi l’occasion pour la jeune femme de lever le voile de mystères qui entoure sur son passé.

Le film s’ouvre donc sur un personnage au passé trouble mais à qui il ne faut pas chercher des problèmes. Vers est une combattante hors pair et une tête dure. Elle transpire la puissance, la fierté et l’ambition. Elle désire plus que tout être à la hauteur des espérances de sa nation et de son mentor. Aussi badass que sarcastique, elle est incarnée par l’actrice Brie Larson. Etoile montante d’Hollywood et oscarisée pour le rôle de Joy dans le tragique film Room, l’actrice nous propose une interprétation bluffante. Tout y est : les regards, les mimiques, la dégaine et la posture, tout est impeccable ou presque. Vers est redoutable et déterminée, et surtout elle n’est pas sexualisée. Mais malgré tout, il lui manque ce quelque chose d’essentiel à un héros : l’attachement. Car, comparaison oblige, à la différence d’une Wonder Woman ingénue voire niaise à certains moments, Vers est beaucoup moins attachante. Il est difficile de se reconnaître dans ou d’avoir de l’empathie pour ce personnage, tant il irradie de suffisance à certains moments.

Nick Fury/Captain Marvel : un tandem qui fonctionne plus que bien.

Dans sa tentative de proposer une super-héroïne aboutie, l‘écurie Marvel tombe sans surprise dans le traditionnel discours sur l’émancipation d’une femme. Et il faut reconnaître que c’est plutôt réussi, mais à titre personnel, quelques éléments m’ont quand même dérangée. Tout est fait en fonction de la gent masculine. Vers est une femme qui doit sans cesse prouver qu’elle est digne et capable de faire aussi bien qu’un homme, ce qui donne lieu à de magnifiques scènes dans le film. Pour ce faire, elle adopte un comportement d’« homme » et c’est problématique. Selon moi, un bon personnage de super-héroïne doit avoir le même traitement que n’importe quel super-héros, en l’occurrence une personnalité et une histoire intéressantes et non jouer les bonshommes. Sauf que là, le film insiste trop sur cette confrontation aux hommes qui l’on humiliée et moins sur son évolution en tant qu’héroïne ou personne. De plus, fait étrange, la vie aussi bien de Vers que de Carole Danvers est dépourvue de figure féminine marquante ou plutôt elles sont noyées dans  cette confrontation aux hommes. Comme si l’aval du « sexe fort » primait sur le reste.  

Sans transition, l’intrigue est vraiment plaisante à suivre et sans prise de tête, même pour un spectateur qui n’est pas familier du MCU. C’est une origine story originale qui s’éloigne du récit classique du parcours initiatique du héros pour se concentrer sur une redécouverte de soi au travers des flash-back bien gérés. Le film ne souffre d’aucune longueur, le spectateur reste captivé de A à Z sur les pérégrinations de notre duo et des enjeux du film. Les réalisateurs ont eu le bon sens de ne pas tomber dans certaines facilités scénaristiques en excluant toute histoire d’amour, mais n’ont pu s’empêcher de surfer sur la vague de nostalgie qui secoue le cinéma hollywoodien ces derniers temps. Les années 90 sont mises à l’honneur, et en tant qu’enfant de cette décennie, je m’y suis retrouvée.

Un travail de l’espace et des plans intéressants.

Que ce soit dans la musique, les lieux ou dans la technologie de l’époque, le film est truffé de références aux « Nineties », dont certaines parleront plus au public américain qu’au reste du monde. Mais c’est surtout les références au film blockbuster des années 90 qui marque le plus, notamment la formule du buddy-movie. Le tandem Vers/Nick Fury fonctionne à merveille, humour et action sont au rendez-vous, deux éléments que Marvel aime mettre dans ses films mais de qualité variable. Les scènes d’action et de combats sont  bien exécutées et lisibles, mais surtout elles n’abusent pas à outrance des effets spéciaux. Des effets numériques qui ici atteignent une qualité impressionnante lorsqu’il s’agit de rajeunir certains personnages. Le rajeunissement de Nick Fury et de Coulson est juste parfaitement exécuté et donc plaisant à regarder. On n’y voit que du feu. Quant à l’humour, il intervient régulièrement sans que ça ne tourne au ridicule ou au forçage. Malgré des décors peu originaux ou inventifs, en particulier pour les environnements extraterrestres qui restent classiques, on peut noter un travail des cadres intéressant avec cette impression de grandeur dans le cadre ou le travail de la lumière qui est très colorée et chaude.

A votre avis, qui met KO l’autre dans un bras de fer ?

Pour finir, attardons-nous sur le casting. Nick Fury, toujours joué par Samuel L. Jackson, reste fidèle à lui-même. Son personnage, que l’on connaissait froid et ultra-sérieux, nous dévoile une autre facette de son cultissime personnage. Chaleureux, drôle mais toujours avec le sens du devoir, sa relation avec Vers donne une nuance intéressante à son personnage. Et le côté attachant qu’il manque à la jeune femme se retrouve chez son co-équipier. Jude Law interprète Yon-Rogg et le Dr Wendy Lawson est jouée par Annette Bening, tous deux font office de mentors pour notre héroïne. Même si le premier ne brille pas dans son interprétation plutôt plate, il est une occasion pour le film de dénoncer le patriarcat latent de notre société. Yon-Rogg représente cette oppression avec un système de valeurs biaisé et ses manipulations visant à limiter les capacités de son apprentie. Pour la seconde, Wendy Lawson, il n’y a pas grand-chose à dire, le rôle d’Annette Bening n’est pas très marquant ni très développé, ce qui est vraiment dommage. Elle aurait pu faire office de figure maternelle en plus de mentor, mais le film préfère entretenir le mystère qui entoure ce personnage. Heureusement, celui de Maria Rambeau vient un peu sauver les meubles. Jouée par Lashana Lynch, son personnage d’adjudant de Vers et de mère célibataire est plutôt crédible, elle redonne au personnage de Vers cette humanité qui lui fait défaut, et au film une présence féminine qui est la bienvenue.

En conclusion, Captain Marvel est une origine story originale dans bien des aspects, qui a tout ce qu’il faut pour plaire aux fans comme aux spectateurs lambda. Sous bien des aspects, il vaut le détour, mais ne fait pas forcément mieux que sa rivale du DCEU. Le film est un bon divertissement, simple, sans prise de tête. Le thème de la femme de pouvoir, malgré quelques éléments dérangeants, est plus ou moins réussi grâce notamment à la performance de son actrice principale, Brie Larson, qui crève l’écran. Malgré tous ces bons points, je doute qu’il marque durablement les esprits, seul l’avenir nous le dira. On attend donc avec impatience le prochain volet des Avengers pour en découvrir plus sur Captain Marvel, et surtout la voir interagir avec les autres héros. Pour le mot de la fin, le film vaut au moins le détour pour l’hommage fait à Stan Lee et son ultime caméo, c’était vraiment beau et touchant. Repose en paix Stan, nous on ne t’oubliera jamais.

.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
0 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *