Rois de cendres - Une amitié toxique au centre de l'intrigue

17/04/2019

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Titre : Rois de cendres

Auteur : K. Ancrum

Editions : Milan

Prix : 16,90€

Parution : 20 février 2019

Nombre de pages : 336 pages

Genre : YA

Résumé : August et Jack n’ont jamais fait partie du même monde. August est discret, alors que Jack est la star du lycée. Pourtant, tous deux partagent bien des secrets, à commencer par leur amitié qui remonte à l’enfance. Quand Jack semble envahi par des hallucinations inquiétantes, c’est le monde d’August qui s’effondre. Il réagit alors de la seule façon qui lui semble envisageable : en plongeant dans la folie de Jack.

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Si vous suivez régulièrement mes lectures, vous commencez à comprendre que j’ai beaucoup beaucoup beaucoup d’affection pour les éditions Milan et tout particulièrement leur collection Page Turners qui je trouve porte particulièrement bien son nom. Il faut dire que quasiment à chaque fois que j’ouvre un des romans de cette collection, je ne peux plus le poser ! Bref, à partir de là, j’ai toujours un œil sur les publications de chez Milan pour voir un petit peu lesquels de leurs romans je vais bien pouvoir me mettre sous la dent.

C’est comme ça que je suis tombée sur Rois de cendres. Il faut dire aussi : avez-vous vu cette couverture ? Et encore, vous n’avez que le visuel là, mais il y a de très chouettes effets de vernis et – chose qui achève de convaincre la femme futile qui sommeille en moi – la tranche est colorée. Alors je vous vois venir, pour une raison que je ne m’explique pas, tout le monde semble penser que la tranche c’est ce qu’on voit du livre lorsqu’il est rangé sur l’étagère, donc clairement c’est assez souvent coloré. Mais en réalité, ça c’est le dos du livre. La tranche, c’est l’endroit où l’on voit les bords de toutes les pages (je vous assure ! Vérifiez sur internet si vous ne me croyez pas !). Tout ça pour dire que je voue une passion sans nom aux livres qui ont des tranches colorées, comme par exemple les deux premiers tomes des Dossiers Cthulhu qui ont des tranches dorées ! Sur Rois de cendres, on n’a pas un résultat aussi classe qu’une tranche dorée, mais on arrive à quelque chose qui est d’autant plus mystérieux, parce qu’au début du roman la tranche est blanche et au fur et à mesure elle devient grise et puis noire, ce qui semble marquer des paliers dans le récit.

Bon, tout cela est très bien, mais finalement, dire que ce livre est très beau, ce n’est pas ce qui nous intéresse le plus ici ! Qu’en est-il du contenu ?

Eh bien malheureusement, pour moi, ça n’a pas été un franc succès. Je dois dire que j’ai eu un doute dès le début du livre puisque l’auteur (ou peut-être l’éditeur) propose une mise en garde au début du roman, ce que j’ai trouvé vraiment très bien vu. On comprend dès cette première page que les personnages principaux vont faire des choses peu recommandables et certainement de mauvais choix au cours du roman. Pourtant ce n’est pas du tout ce qui m’a dérangé dans cette histoire (en même temps, si les personnages ne prenaient que des bonnes décisions, serait-il vraiment nécessaire de raconter leur histoire ?). C’est plutôt les relations entre les différents personnages que j’ai eu du mal à comprendre – ou plutôt, qui ont fait que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Dans ce roman, on suit donc deux lycéens, August et Jack, qui sont chacun complètement délaissés par leurs parents pour différentes raisons. Peut-être pour compenser, ils se lancent à corps perdus dans leur amitié qui prend assez rapidement des proportions que j’ai trouvées complètement démesurées. Je vais avoir du mal à résumer ce qui m’a gênée dans ce roman sans spoiler alors pour ceux qui ne voudraient pas trop en apprendre je dirai juste ceci : les deux lycéens finissent par avoir une relation que je trouve abusive et cela m’a réellement posé problème, d’autant plus que ça n’a l’air de déranger absolument personne dans le roman : ni leurs amis, ni leurs parents, ni leurs enseignants, ni leurs camarades de classe, ni leurs copines ne semblent vraiment s’en rendre compte ou s’en soucier.

Pour ceux qui veulent avoir plus de détails, continuez dans la section « spoilers », pour les autres, on se retrouve à la fin de celle-ci.

***** SPOILERS *****

En fait, si j’ai toujours un peu de mal à m’attacher aux personnages qui sont dans une relation toxique déjà installée, je n’ai pas de problème avec cette thématique à proprement parler. Certes, ce n’est pas l’un de mes sujets de prédilection, mais je trouve que l’enjeu est de taille et qu’il est intéressant de se pencher sur la question, que ce soit pour montrer comment on peut basculer dans une relation toxique – souvent sans même s’en rendre compte – ou comment on peut s’en sortir.

Mais dans Rois de cendres, ce n’est ni l’un, ni l’autre. La relation abusive est déjà installée dès le début du roman et elle continue à l’être de plus en plus. J’aurais aimé que la fin, les épreuves qu’ont traversées les deux lycéens viennent mettre de la distance entre eux, pour que chacun puisse se concentrer sur lui-même et avancer et revenir à des relations plus apaisées. Ce qui m’a vraiment posé problème, fondamentalement, c’est que la résolution du roman, c’est que les deux adolescents passent de leur histoire d’amitié abusive à une histoire d’amour. Sauf qu'à mon sens, ce n’est clairement pas une résolution, ni même une amélioration. La dépendance que les deux lycéens avaient l’un à l’autre, la façon dont ils se traitaient l’un et l’autre en n’étant que des amis, ne me semble définitivement pas pouvoir être surmontée en étant en couple. J’ai lu quelques critiques du roman – majoritairement positives – et je dois dire que j’ai été très surprise de voir que tout le monde semblait apprécier cette fin, comme si le véritable moyen de résoudre une amitié abusive était tout bonnement de se mettre en couple avec la personne en question. Je pense que cette fin est vraiment un non-sens et ce qui est terrible selon moi c’est que ça donne l’impression que ces comportements ne sont en fait pas graves dès lors qu’ils sont motivés par l’amour.

J’arrête là avec mon laïus sur la question, je pense que vous avez compris ma position – cela dit je serais ravie de connaître votre avis sur le sujet !

***** FIN DES SPOILERS *****

Par contre, il faut bien le dire, l’écriture de l’auteur est complètement addictive et la traduction absolument parfaite. Alors même que je n’ai pas du tout réussi à m’attacher aux différents personnages – pas à un seul ! – je n’ai pas pu lâcher le livre. L’écriture est très fluide, les chapitres sont très courts (entre une et trois pages), plutôt présentés sous forme d’entrées d’un journal intime ou de descriptions de moments clés de l’histoire. Par ailleurs, la couleur des pages évolue elle aussi au fur et à mesure que le récit avance.

Vous l’aurez compris, j’ai été très embêtée pour donner une note à ce roman qui m’aura marqué à coup sûr parce que j’ai véritablement adoré la plume de l’auteur mais que j’ai été gênée par la manière dont les thèmes ont été traités et que j’ai détesté les personnages. C’est un sentiment que je n’ai pas souvent face à un roman mais finalement, c’est peut-être l’objectif de l’auteur ?

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