Track by Track : The Ghost of Ohio !

18/04/2019


Titre : The Ghost Of Ohio

Groupe : Andy Black

Label : Universal Republic

Parution : 12 avril 2019

Durée : 40 min

Nombre de titres : 12

Genre : Rock

 

 

Le 12 avril 2019 marquait la sortie très attendue de The Ghost Of Ohio, le nouvel album d’Andy Black. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chanteur a su élever le teasing au rang d’art à part entière, si bien qu’en dépit des quelques pistes prometteuses dévoilées en avant-première, bien malin aurait été celui capable de prévoir exactement la direction que prendrait ce nouvel opus !

Bien calée dès le matin devant une toute nouvelle playlist YouTube de streaming, je me suis laissée embarquée dans l’univers de cet artiste plein de surprises et sans mentir, j’en suis restée sans voix.

 

Introduction : Resurrection :

L’album est introduit par la piste Resurrection, et dès les premières notes d’orgue, c’est dans un univers quasi Halloweenien que l’on pose le pied. La thématique du fantôme, au centre même du concept, prend toute son essence dans sa définition première, littérale, par cet univers musical un peu spectral sur les bords.

Le rythme lent et posé prend son envol sur le refrain : comme un cri qui se heurte au néant, une spirale profonde qui s’élève pour porter son message et qui transpire cette douleur propre au retour à la vie. L’effet de voix enregistrée qui vient se greffer au morceau n’est pas sans rappeler des vibes à la Wretched And Divine – titre issue de concept record éponyme des Black Veil Brides, dont Andy Black est le leader, en parallèle de son projet solo.

En 2 minutes et 29 petites secondes, cette piste donne le ton et pose la trame de l’univers que compte nous présenter l’artiste. Courte mais puissante, elle annonce le long combat du fantôme pour sa survie et nous donne envie de plus, toujours plus.

 

The Promise :

C’est là qu’intervient The Promise, titre qui nous avait déjà été révélé deux semaines avant la sortie officielle de l’album par la mise en ligne d’une lyrics video :

En quelques accords vibrants et les percussions puissantes d’Ashton Irwin, l’on plonge avec entrain dans ce titre dynamique qui nous emmène littéralement sur une route pleine de souvenirs. Un regard sur le passé, plein de doutes et d’espoirs, et un but que l’on peut presque toucher du doigt dans les notes les plus poussées.

Le texte effleure quant à lui une corde sensible en évoquant la passion que l’on essaie de préserver, de garder intacte, malgré les années qui nous changent, nous, nos buts, nos idéaux et nos méthodes pour les atteindre.

Do you remember all the plans we made ?
Est-ce que tu te souviens de tous les plans que nous faisions ?
Hopin’, prayin’ for a better day
Espérant, priant pour un jour meilleur
Tell me what ever happened to the love we gave ?
Dis-moi ce qui a bien pu arriver à l’amour que nous donnions ?
The promise that we both betrayed
La promesse que nous avons tous les deux trahie
 
And the songs we sang
Et les chansons que nous chantions
The times we fought for everything
Les temps où nous nous battions pour tout
Tell me what ever happened to what I’ve become ?
Dis-moi ce qui a bien pu arriver à ce que je suis devenu ?
The pain I feel for where I’m from
La douleur que je ressens pour là d’où je viens

 

Westwood Road :

Westwood Road est probablement la chanson la plus résolument entraînante de cet album. Premier single paru le 14 février 2019, jour de la Saint-Valentin, il fut le premier avant-goût de ce que nous réservait l’album :

Ce qui ne peut qu’immédiatement frapper, dès la première écoute, ce sont ses accents résolument joyeux de prime abord, pour une thématique abordée plutôt obscure. Au niveau des sonorités, c’est un grand écart indéniable avec les tonalités beaucoup plus traînantes de The Shadow Side, précédent album que l’artiste décrit lui-même comme “sad as hell” – comprenez, “triste à mourir”.

Le début de la piste nous recentre sur l’aspect comics auquel Andy Black a lié la conception de cet opus. Entre les effets sonores tels que le tonnerre ou les couinements de chauve-souris qui annoncent les premières notes, on croirait presque entendre un générique de dessin animé, une sorte de nouvelle version du thème de Batman, qui, on le sait, est cher au coeur de l’artiste.

Si l’on se surprend à bouger en rythme sur cette chanson aux allures pop, on finirait presque par en oublier des paroles qui nous parlent sans ambiguïté des ravages de la boisson et des souvenirs perdus par sa faute :

Now my mind is thrown away
Maintenant, mon esprit est perdu
It’s never coming back down
Il ne reviendra jamais
Drank through all the lonely days
Saoul au cours de tous les jours solitaires
With feelings that I drown out
Avec des sentiments que je noie

 

C’est l’envie de revenir à des temps plus anciens, plus vrais et plus simples, des temps où le chanteur ne se sentait pas encore perdu. Un titre tout en paradoxe, donc, comme on les aime.

 

Know One :

On poursuit dans cette veine toujours plus énergique avec Know One, qui joue aussi bien sur la répétition que sur le changement abrupt de sons et de tonalités pendant les couplets, pour mieux nous propulser sur un refrain percutant qui reste en tête longtemps, très longtemps.

Là non plus, le paradoxe n’est pas en reste puisque derrière toute cette énergie se cache une forme de frustration, de colère envers le regard des autres et la manière dont l’on est perçu, l’incompréhension que peut susciter nos choix – et l’acceptation qu’en fin de compte, il est inutile d’essayer de changer cela, de perdre son temps en batailles vaines contre ce que l’autre aime, déteste, ou représente.

I can’t change the way they look at me, look at me
Je ne peux pas changer la façon dont ils me regardent, me regardent
I won’t show you what you’ll never see, never see
Je ne vous montrerai pas ce que vous ne verrez jamais, verrez jamais
In my eyes, in my eyes
Dans mes yeux, dans mes yeux
They just let your heroes die
Ils laissent juste vos héros mourir
In my eyes, in my eyes
Dans mes yeux, dans mes yeux
They just let your heroes die
Ils laissent juste vos héros mourir

 

Andy Black se plaisait à chanter We Don’t Have To Dance il y a trois ans de cela, mais une chose est sûre, on meurt d’envie de danser sur ce titre-là, et on ne s’en prive d’ailleurs pas !

 

Soul Like Me :

À ce stade de l’album, toute l’énergie injectée dans les morceaux précédents s’atténue un tout petit peu, sans disparaître pour autant, et en cela, Soul Like Me nous offre une pause bienvenue dans le rythme. On retrouve des sonorités au violon qui ne sont pas sans nous rappeler des pistes comme Put The Gun Down, réduisant cette sensation de grand écart avec The Shadow Side – et créant par-là même une sorte de pont bienvenu entre les deux albums.

La capacité vocale d’Andy, décidément toujours plus impressionnante que la veille mais toujours moins que le lendemain, rompt le rythme plus lancinant des couplets pour insuffler toute sa puissance à des moments clés, et créer cet effet dramatique qui porte droit à la poitrine.

Les choeurs qui l’accompagnent sur le bridge créent un effet de foule totalement en opposition avec le coeur même du texte, qui se penche sur le cas du fantôme de l’Ohio cherchant une autre âme en peine comme la sienne – et à une plus large échelle, à cette volonté de trouver une autre âme qui vibre comme la nôtre, qui partage nos goûts, nos centres d’intérêt et nos passions :

And I’m trying
Et j’essaie
To find another lost soul like, another lost soul like
De trouver une autre âme perdue comme, une autre âme perdue comme
Crazy, lately
C’est dingue, ces derniers temps
Everywhere I go I’ve been feeling like a ghost inside
Où que j’aille, je me sens comme un fantôme à l’intérieur
And I’m dying
Et je meurs
To find another lost soul like, another lost soul like me
Pour trouver une autre âme perdue comme, une autre âme perdue comme moi
 

 

The Wind & Spark :

Avec The Wind & Spark, on a l’impression de reprendre la route, de remonter en voiture après cette pause, pour continuer d’avancer et d’évoluer, tout en ne cessant pas pour autant de jeter ce petit coup d’oeil dans le rétro afin de ne pas perdre de vue le passé.

C’est d’ailleurs l’effet principal que procure l’intégralité de l’album. On sillonne tout aussi bien les routes de l’Ohio que d’autres, plus métaphoriques, pour à la fois explorer le passé et avancer vers le futur, au cours de cet instant présent où l’a a atteint une meilleure place. Un endroit sûr dans son coeur où le monde paraît plus clair, quand l’esprit y est plus heureux, le coeur, plus vivant.

La mélodie retrouve donc des accents entraînants, avec des vibes propres aux road-trips et à l’introspection, le tout porté par une sorte de feel-good mélancolique qui éveille cette notion de bonheur négatif. Elle ne semble pas se concentrer sur un bonheur qui viendra plus tard ou des remords et des regrets de ce qui aurait pu être ; elle semble juste se porter sur le moment présent où l’absence de souffrance, d’inquiétude ou de désir constitue ce bonheur dont on a peu ou prou conscience, la plupart du temps.

Elle aurait presque un goût de chanson de bal de promo ou de vieux générique de série des années 80 – ce qu’elle pourrait être, au fond. On a cette envie de sourire en l’écoutant qui ne s’explique pas, mais qui déclenche des frissons de nostalgie et cette sensation de but atteint, un peu à la manière de la mythique chanson It’s Time d’Imagine Dragons.

Son sens premier se concentre toutefois sur le fait d’abandonner à la brise ces mauvaises habitudes et toutes ces choses négatives que l’on garde sans bonne raison, souvent par simple conformité à l’image que nous nous créons en société et qui nous font perdre de vue qui nous sommes en réalité.

Stay here
Reste ici
Everything I hold in my heart, I
Tout ce que je portais dans mon coeur, je
Leave it to the wind and the spark, I’ll
L’ai laissé au vent et à l’étincelle,
Give it all up
J’abandonnerai tout
‘Cause I don’t know how pain feels anymore
Parce que je ne sais plus à quoi ressemble la douleur

 

 

Ghost Of Ohio :

Ghost Of Ohio nous avait été révélée là encore en avant-première le 8 mars 2019, avec un clip réalisé par les bons soins de Pat Fogarty, qui nous a transporté avec l’artiste dans une introspection totale au coeur de l’Ohio. Les paysages aussi éclectiques que saisissants d’âme, au beau milieu de la vague de froid qui avait touché les Etats-Unis au moment du tournage, pose le cadre du concept et donne tout son appui à la voix grave d’Andy :

C’est un retour en enfance, ou tout simplement un retour en arrière, que l’on effectue en se laissant porter par un rythme lent et reposant, plus proche de la balade le long d’une route – encore et toujours cette même route de la vie – que de la ballade à proprement parler. Écouter ce titre, c’est un peu comme rentrer à la maison, peu importe que cela soit dans l’Ohio ou ailleurs, pourvu que l’on s’y sente chez soi. C’est trouver ou retrouver l’endroit où nos racines sont plantées :

Faces in my dreams of distant strangers
Des visages dans mes rêves d’étrangers distants
Remind me I can never change the time
Me rappellent que je ne peux jamais changer le temps
Spirits of the streets that are abandoned
Les esprits des rues qui sont abandonnées
My hometown never felt that much like home
Ma ville natale n’a jamais autant semblé chez-moi

 

C’est aussi réaliser que nos souvenirs ne sont pas nécessairement le reflet d’une réalité actuelle, que ce qui fut n’est plus, sauf peut-être dans notre mémoire :

Nothing is the same as I remember
Rien n’est plus comme je m’en souviens
Or is it that my memories have changed ?
Où sont-ce mes souvenirs qui ont changé ?
 
 
Heroes We Were :
 

Une fois de plus, Andy Black prend des risques dans les choix instrumentaux de cet album. Après avoir joué avec les effets de voix, les sonorités électroniques et autres tours – comme seul John Feldmann, producteur aux doigts de fée, en a le secret -, c’est avec une intro au xylophone assez originale que l’artiste cueille notre sourire. Il faut dire que l’aspect assez galopant et décalé du rythme n’est pas sans rappeler un vague écho de Far West chez certains, ce qui, il faut l’avouer, est plutôt inattendu au vu de l’ensemble de l’oeuvre.

À l’écoute de cette piste, c’est comme une histoire que l’on nous raconte, instrumentalement parlant, et c’est comme un témoin du temps qui passe. Une franchise certaine transpire dans les inflexions du chanteur, à l’instar de ce qu’il nous a offert tout au long de notre découverte de l’album.

Comme le suggère le nom de cette chanson, elle vise à cibler cette volonté en tant qu’enfant de devenir un héros, et de tâcher de préserver celle-ci tout en sachant qu’être humain, c’est être avant tout être plein de défauts. C’est aussi la détermination à donner le meilleur et devenir la meilleure version possible de soi-même – tout spécialement quand d’autres personnes vous accorde ce potentiel héroïque et reconnaisse son impact sur leurs propres vies.

You know we can run ’til the day that we’re dead
Tu sais qu’on peut courir jusqu’au jour où on sera morts
Or stay here and fight and pretend we’re not scared
Ou rester ici et se battre et prétendre qu’on n’a pas peur
Can we make it back to the heroes we were ?
Peut-on redevenir les héros que nous étions ?
 

 

Feast Of Famine :

Feast or Famine revient à des temps plus sombres, plus proches mélodiquement parlant de The Shadow Side. Avec un instrumental de dingue et complètement maîtrisé, les mélanges de sonorités électroniques très audacieuses donnent un effet de mouvance totale. La chanson nous entraîne dans un tourbillon lent, au gré des hautes et des basses gammes qu’empruntent les voix d’Andy Black et de Juliet Simms, qui l’accompagne en background sur ce titre.

L’harmonie et l’audace des choix artistiques réalisés sur cette huitième piste font d’elle l’une de mes grandes favorites de cet album incroyable. Sans compter le poids des paroles qui évoque le travail acharné comme seule option de survie, et ces figures de style fortes et évocatrices :

Sometimes you know it’s hard to breathe
Parfois, tu sais, c’est dur de respirer
Temptation makes it hard to see
La tentation rend ça difficile à voir
The more I feel, the more I starve
Plus je ressens, plus je meurs de faim
I drank the darkness with the stars
Je bois les ténèbres avec les étoiles
My bones are all that’s left of me
Mes os sont tout ce qu’il reste de moi

 

 

Heaven :

C’était probablement l’une des plus attendues pour tous les amateurs de chanson d’amour comme Andy Black a le don de les écrire : Heaven est un trésor de beauté. Plus qu’une simple chanson romantique, c’est une ballade aux accents de confession qui nous serre le coeur et nous laisse à peine entrevoir la portée des sentiments qu’il voue à sa femme, Juliet Simms.

Le rythme, lent mais vivant, nous entraîne sur un slow qu’on aimerait ne jamais entendre s’arrêter. Le texte touche en plein coeur, et s’il évoque la situation personnelle du chanteur, il n’en reste pas moins une magnifique représentation des épreuves que tout couple traverse. Quand on écoute cette chanson, les mots “dans la joie et la tristesse, dans la maladie et la santé, t’aimer et te chérir jusqu’à ce que la mort nous sépare” prennent tout leur sens :

Now we’re smoking and drinking and trying to forget
Maintenant, nous fumons et buvons et tentons d’oublier
All the stress of the mess and the credit card debt
Tout le stress de la pagaille et de la carte de crédit à découvert
And I’m still surprised you never left me
Et je suis toujours surpris que tu ne m’aies jamais quitté
We were young and in love but forgot to show up
On était jeunes et amoureux mais oubliions de le montrer
I was there in my head, just to fall off drunk
J’étais là, dans ma tête, juste tombant ivre
And I’m still surprised you never left me
Et je suis toujours surpris que tu ne m’aies pas quitté

L’écoute est profonde et émouvante, à la fois porté par l’irruption rare d’une guitare acoustique mais aussi la magnifique outro au piano de Stevie Beerkens. Et plutôt que de perdre progressivement l’impact toute particulière de la première fois, chaque nouvelle écoute renforce celui-ci et nous touche profondément.

 

The Martyr :

The Martyr est une progression énergique et forte d’une vision. L’escalade est habilement menée, avec des inflexions pop entraînantes qui nous rappellent parfois certains sons des années 80-90. C’est le genre de titre qu’on ne serait pas étonné d’entendre diffusé à la radio.

On retrouve également des sons familiers qui participent de la cohérence de l’album. Ainsi, on discerne des enchaînements de notes à certains moments proches de Feast Or Famine, notamment sur les dernières phrases respectives des refrains.

Ce morceau a la particularité d’être davantage axé sur les autres, moins dans l’introspection et plus porté vers la responsabilité de chacun envers ses propres actes. C’est une invitation à cesser de mal agir et prendre conscience de la portée de nos comportements :

Save yourself, it’s all you have and how you live
Sauve-toi, c’est tout ce que tu as et comment tu vis
Cry for help like you’re the martyr
Pleure pour de l’aide comme si tu étais le martyre
You never think twice, just believe that it’s right
Tu ne réfléchis jamais à deux fois, tu crois juste que c’est juste
Your heart has grown numb from the hate you’ve become
Ton cœur s’est engourdi par la haine que tu es devenu

 

Fire In My Mind :

On en arrive à la conclusion de cet album et Fire In My Mind occupe cette place avec un à-propos hors du commun. Après un album essentiellement porté par l’énergie sous toutes ses versions, on se lance sur la dernière ligne droite avec plus de calme, mais sans tomber dans l’apathie ou l’indolence.

Jusqu’au bout, jusqu’à la dernière seconde, Andy Black investit chaque fibre de son être dans cet opus et grâce à ce dernier morceau, réalise la prouesse de lier ses compétences et sa zone de confort passée, notamment à l’époque de The Shadow Side, avec la prise de risque et l’audace qui caractérise The Ghost Of Ohio. Un ultime rappel mélodique sur le passé qu’il laisse derrière lui, sans l’abandonner, pour mieux continuer d’avancer vers cette ouverture sur le futur, plein de promesses.

La dualité de sa voix, tout à la fois basse et capable d’envolées bluffantes, appuie cette impression d’enchaînement et ce besoin d’évasion, alors que ses mots nous parlent littéralement de ce feu dans notre esprit, cette imagination si débordante qu’elle prend parfois le pas sur la raison et nous isole de la réalité :

The world’s on fire in my mind
Le monde est en feu dans mon esprit
One day I will be free
Un jour, je serai libre
One day they will see me
Un jour, ils me verront
The world’s on fire in my mind
Le monde est en feu dans mon esprit
One day I will be free
Un jour, je serai libre
One day they will hear me
Un jour, ils m’entendront
 

Une conclusion qui résonne au milieu de la douceur ambiante comme le dernier cri poussé dans cet album, mais la promesse que le meilleur reste encore à venir.

The Ghost Of Ohio est assurément l’une des plus belles réussites de ce début d’année 2019. Au bout de trois longues années, Andy Black est revenu avec un matériel à toute épreuve, qui me fascine particulièrement – au risque de me répéter – par sa prise de risque, son audace et son virage à 180°.

Bien que je fusse une grande adepte de l’époque The Shadow Side, je n’en suis que plus follement attachée à la lumière de ce présent opus, qui surprend par son énergie et sa vision. Habitué à des thématiques plus sombres, l’artiste nous en met plein la vue avec un chef-d’oeuvre débordant de vie – ironique quand on se concentre sur l’aspect spectral du concept. Mais c’est finalement une parfaite illustration d’un retour à la vie, d’un combat pour ne pas perdre l’essentiel de vue et continuer d’avancer vers ce qui compte.

La sincérité incontestable de cet album est une véritable ouverture sur son monde, mais aussi une véritable ouverture sur le nôtre. Bien que les thèmes abordés tirent leur inspiration de sa vie personnelle, les textes comme les mélodies parviennent à cibler certaines fibres cachées au fond de nous et nous touchent en plein coeur. Si cela peut parler de manière générale à chacun d’entre nous, j’ai été particulièrement frappée par la justesse de chaque morceau et de l’écho que cela a trouvé chez moi.

C’est un travail fascinant qu’ont accompli, non seulement Andy Black, mais aussi toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la naissance de The Ghost Of Ohio. On peut tout particulièrement féliciter John Feldmann – pour qui le métier de producteur relève décidément du don – car l’on sent sa patte et la manière dont il a orienté cet album pour en faire quelque chose de cohérent, qui prend tout son sens à chaque seconde d’écoute qui passe et nous révèle le meilleur de ce qu’Andy nous a jamais offert au cours de sa carrière solo.

Nul doute que je serai au rendez-vous pour les décennies à venir, et bien que TGOH n’ait été révélé au reste du monde que depuis quelques jours, il me tarde de découvrir les futures productions de cet artiste aux milles facettes, bourré de talent !

 
 

Imaginez : sept notes pour une infinité de mélodies. Des milliers de mots qui nous parlent de tant de belles choses, mais surtout des difficultés de l’amour, de l’amitié, de la famille, de la vie. Quelques minutes, le temps d’une chanson, qui nous font oublier à quel point tout paraît tellement compliqué. Alors, c’est vrai, comme disait Peyton Sawyer, « Toutes les chansons ont une fin. Est-ce une raison pour ne pas en apprécier la musique ? »
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