L'ennui cui-cui : un bonbon Morgenstern

10/05/2019

Titre : L'ennui cui-cui

Auteur : Susie Morgenstern

Editions : L'école des loisirs

Prix : 7,50€

Parution : 13 mars 2019

Nombre de pages : 56 pages

Genre : Littérature jeunesse

Résumé : Hector n'a pas de chance : il est champion du monde d'ennui alors qu'il déteste s'ennuyer. Le pire jour, c'est le dimanche. Hector rêverait d'être ailleurs, loin. Mais non, le dimanche c'est déjeuner chez tante Gertrude. A l'école, ce n'est pas franchement mieux. Sans cesse, il s'ennuie. Mais un jour, la maîtresse leur dit : "Vous avez vécu huit ans dans cette vie qui est unique et que l'on ne vit qu'une seule fois." Ces mots retentissent dans la tête d'Hector. Et si sa vie changeait ? Fini l'ennui pour Hector ?

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Héroïne de la littérature jeunesse, Susie Morgenstern n’en est pas à son coup d’essai ! Elle revient cette fois-ci avec un sujet tout aussi amusant que sérieux : l’ennui. Ennemi de bien des enfants, l’Ennui est terrible, terrifiant : on voudrait le fuir et pourtant il nous rattrape. Alors comment faire pour y échapper et éviter de devenir, comme Hector, le roi de l’ennui ?

Petit garçon sans envie, Hector tourne en rond. Le dimanche quand ses parents ne sont pas encore levés, quand sa sœur traîne dans la salle de bain, … Hector se trouve face à la solitude et il s’ennuie. Mais même lorsqu’il est entouré, lorsque sa mère le questionne, lui suggère des activités pour affronter le temps qui s’étale, Hector refuse. Il est le roi de l’ennui malgré lui, mais est trop envoûté pour vouloir s’en sortir.

Heureusement, son père a de multiples solutions, et même LA solution pour sortir son fils de cette toile. Tant et si bien qu’Hector se trouvera au pied du mur : et si l’ennui n’était pas si mal ?

Avec l’humour débordant et fin qui la caractérise, l’auteure nous offre une fois de plus une histoire touchante, originale, et s’empare avec goût d’un fléau très ancien. L’ennui cui-cui est une solution de vie, à déguster aussi bien par les petits que par leurs parents qui oublient parfois les bienfaits d’un souffle de liberté dans l’existence de leurs enfants.

Grande dame des récits rocambolesques, Susie Morgenstern s’amuse avec les mots, se joue d’eux, pour reproduire de façon juste et magique ces lourdeurs incommensurables qui accablent les victimes de l’ennui.

Les illustrations de Clothilde Delacroix renforcent également le poids de ces sentiments : on voit Hector se traîner, ramper d’un fauteuil à l’autre, soutenu seulement par les reliquats de sa vitalité fanée. L’apothéose est magistralement décrite au début du roman : le roi couronné, trônant sur son fauteuil : à mourir de rire… Et d’ennui !

 

L’ennui cui-cui-les-petits-z’oiseaux… Un petit garçon paralysé par un vampire dévorant… Et s’il décidait de le combattre pour, finalement, l’apprécier un peu ? L’ennemi est-il l’ennui ou la facilité avec laquelle on y cède, la façon dont on l’apprivoise ? Encore un bonbon Morgenstern, succulent à déguster ! 

Merci à L’école des loisirs pour cette pétillante découverte !

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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