The Happy Prince : de l'amertume de l'existence...

09/05/2019

Titre : The Happy Prince

Réalisateur : Rupert Everett

Avec : Rupert Everett, Colin Firth, Colin Morgan, ...

Genre : Drame, Historique, Biopic

Durée : 1h45

Nationalité : Grande-Bretagne, Italie, Belgique, Allemagne

Sortie : 2018

Résumé : Le film suit les derniers jours d'Oscar Wilde, vivant dans l’échec et la misère…

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Il y a de ces films qui passent incroyablement inaperçus pour on ne sait quelle raison. Est-ce le sujet qui n’est pas assez vendeur ou le casting ? Rien n’est moins sûr mais ce « Happy Prince » aurait mérité un sort bien plus juste en rapport avec la qualité du film.

Le mot « sobriété » est le premier à venir quand on en vient à le décrire. On pourrait arguer de l’aspect passe-partout de ce terme et pourtant, cela convient parfaitement à capter le ton du long-métrage. Là où certains se seraient vautrés dans le lacrymal factice ou l’académisme pompeux, Rupert Everett choisit la sobriété aussi bien dans sa mise en scène que dans sa direction d’acteurs. C’est ainsi qu’il s’octroie le rôle principal, qu’il incarne avec une faillibilité plus que touchante sans tomber dans de l’interprétation confondant sincérité et imitation.

Il se dégage en permanence une sensation de regret, collant parfaitement au sentiment de l’écrivain et sa mise à l’écart injuste de la part d’une société bien trop rigide pour faire face à ses a prioris. Dès lors, c’est l’amertume qui laisse place, l’amertume de voir l’un des plus grands esprits que la littérature ait jamais connu transformé en paria car ne correspondant pas aux mœurs en vigueur. Rupert Everett s’étant lui-même isolé par rapport à son passé plus glorieux, il n’est pas dur d’assumer qu’il s’identifie à son héros, expliquant sans doute pourquoi son incarnation respire le vivant autant que la tristesse.

Le film trouve par instants des moments d’éclats qui arriveront à donner des frissons au spectateur par leur éclat sentimental mais là n’est pas le but du long-métrage. « The Happy Prince » fonctionne par sa sensibilité forte mais néanmoins subtile, sa gestion émotionnelle passant par une mise en scène aussi discrète que touchante et un scénario qui évite de tomber dans les embûches didactiques des biopics à succès. Sa poésie sublime fait fi du tout venant de ce format narratif qui s’embourbe tellement dans le cliché, transformant tel portrait d’artiste unique en film interchangeable par son aspect factice.

C’est ce qui fait de « The Happy Prince » une œuvre passionnelle et passionnante. En cherchant à tirer le portrait du grand Oscar Wilde, Rupert Everett offre une œuvre à la mélancolie telle qu’elle en vient à nous émouvoir ardemment, le tout sans tomber dans le mélo facile. Malgré la morosité ambiante, c’est la vie qui gagne dans ce film. Rien que pour cela, on peut parler de victoire cinématographique.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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