It - Un roman inattendu sur le transgenre

13/06/2019

Titre : It

Auteur : Catherine Grive

Editions : Gallimard Jeunesse

Prix : 9,00 €

Parution : 23 mai 2019

Nombre de pages : 192 pages

Genre : Tranche de vie

Résumé : «Au collège, on m'appelle "it" et le genre neutre du pronom anglais me va bien. Ce qui ne me va pas, c'est mon corps de fille sous la douche, dans le miroir... Car je sais que je suis un garçon.»Quand une jeune fille de quatorze ans trouve le courage et les mots pour dire à sa famille qu'elle se sent mal dans son genre.

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Se lancer dans un livre sur le transgenre, c’est forcément se lancer dans un roman où l’intrigue va être épineuse. Non pas – bien au contraire – parce que le sujet n’est pas intéressant, mais parce que le roman va forcément tourner en majeure partie autour de la révélation du personnage principal à ses proches, voire de la manière dont ses proches vivent cette révélation. Comme le dit l’auteur de It, Catherine Grive, cette révélation est rarement simple. Les réactions des proches non plus.

Plus encore, et c’est à mon avis ce qui manque parfois le plus dans les autres romans qui mettent en scène la question du transgenre que j’ai eu l’occasion de lire : les auteurs semblent parfois oublier que pendant que les héros réfléchissent à comment enfin expliquer qui ils sont à leur entourage, la vie continue. À mon sens, c’est là la performance de Catherine Grive dans It. En effet, l’intrigue ne commence pas par une scène de mal-être ou d’incompréhension, ni par une scène observée au loin d’un groupe d’adolescents pour lesquels tout irait bien et tout aurait l’air facile. Non. It commence par un incendie et par la mise à mal des souvenirs d’une famille de trois personnes : Joséphine et ses parents. Cet événement, qui pourrait paraître anodin dans la mesure où les dégâts ne sont que matériels, pose cependant une question cruciale aux personnages principaux : après un choc comme celui-là, qu’est-ce que l’on accepte de laisser derrière soi et quel sera le prix à payer pour cela ?

Pour Joséphine – Jo – cette histoire d’incendie prend une dimension supplémentaire. En plus d’avoir perdu tout ce qu’elle a un jour possédé, notre héroïne porte sur ses épaules la crainte d’avoir déclenché, sans le faire exprès, l’incendie dans son immeuble. De fil en aiguille, l’auteur va remonter la piste de l’incendie et avec elle, le cours de la vie des différents personnages.

J’ai beaucoup aimé la plume de Catherine Grive que je ne connaissais pas. Son écriture est très rythmée et les personnages sont extrêmement attachants. Comment ne pas être touché par cette famille qui passe en quelques jours à peine d’un équilibre plutôt stable à une situation complètement éclatée ?

Mon seul reproche, c’est que le roman est vraiment court puisqu’il fait moins de 200 pages et pour ma part, je n’aurais pas dit non à une centaine de pages supplémentaires.

J’ai vu que ce roman avait eu des notes assez mitigées mais je dois dire que de mon côté j’ai vraiment aimé le traitement que l’auteur a fait de la question du transgenre. Non pas un sujet unique, central et exclusif, mais bien un enjeu complexe, auquel viennent se mêler des dizaines d’autres questions plus ou moins importantes – donnant ainsi une impression de chaos total mais en même temps d’espoir. En bref, finalement, une chose protéiforme qui, pour moi, fait fortement penser à l’adolescence.

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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