Mon Père - Une claque.

01/06/2019

Titre : Mon Père

Auteur : Grégoire Delacourt

Editions : J.C. Lattès

Prix : 18,00 €

Parution : 20 février 2019

Nombre de pages : 256 pages

Genre : Contemporain

Résumé : « Mon Père c est, d une certaine manière, l éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d Abraham. Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu on fait à un enfant, qui oblige le père à s interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que le violenteur est un prêtre et que nous sommes dans la tourmente de ces effroyables affaires, dans le silence coupable de l Église, peut-on continuer de se taire ? Pardonner à un coupable peut-il réparer sa victime ? Mon Père est un huis clos où s affrontent un prêtre et un père. Le premier a violé le fils du second. Un face à face qui dure presque trois jours, pendant lesquels les mensonges, les lâchetés et la violence s affrontent. Où l on remonte le temps d avant, le couple des parents qui se délite, le gamin écartelé dont la solitude en fait une proie parfaite pour ces ogres-là. Où l on assiste à l histoire millénaire des Fils sacrifiés, qui commence avec celui d Abraham. Mon Père est un roman de colère. Et donc d amour. »

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Ce n’est pas simple de dire qu’on a eu un coup de cœur pour un roman comme celui-ci. Grégoire Delacourt aborde en effet une thématique tellement difficile et taboue (mais pour le coup très actuelle) qu’on se sentirait presque coupable d’aimer un récit aussi dégoûtant. Cependant je suis obligé d’avouer que cette histoire a été une véritable claque pour laquelle je remercie (je suppose) les éditions JC Lattès.

Je ne vous cache pas que c’est compliqué de donner mon avis sur ce roman que j’ai autant adoré que détesté. Le sujet est d’une part très fort mais la manière qu’a choisie l’auteur pour l’aborder l’est également. Imaginez un père apprenant que son fils a été violé par le prêtre du village, adoré de tous. Que feriez-vous à sa place ? Edouard, lui, décide de se rendre dans l’église, de tout casser sur son passage avant de s’enfermer à l’intérieur avec le prêtre. Un huis clos glissant où toutes les vérités vont enfin être dévoilées, car comme le dit Edouard lui-même, le pire est de ne pas savoir…

Mon Père ne fait que 250 pages, j’ai donc peur d’en dévoiler trop, ce qui serait fortement dommage étant donnée la densité dramatique de ce roman. Je l’ai personnellement lu d’une traite, complètement en apnée tant j’étais immergé dans cette histoire. Je tiens toutefois à signaler que certaines scènes sont particulièrement violentes, voire vomitives, la pédophilie étant ici traitée de façon crue, brutale, sans détours et avec beaucoup de détails. Si ce sujet est susceptible de vous heurter, je vous dirais alors de peut-être passer votre chemin…

Le style de Grégoire Delacourt est quant à lui très sobre, il a d’ailleurs réussi ce tour de force d’utiliser de beaux mots pour décrire l’horreur. Tout le paradoxe de ce roman réside d’ailleurs en cela, le contraste entre la forme et le fond, l’idée véhiculée et le message transmis, le sentiment de dégoût qu’on ressent tout en étant subjugué par la plume et le talent de conteur de l’auteur.

Mon Père est donc un roman qui fait réagir, qui provoque, qui fait l’effet d’un coup de poing. Et en plus de tout cela, Grégoire Delacourt est parvenu à ajouter du suspense à son intrigue somme toute très simple. On tourne alors les pages avec avidité, sans vraiment savoir vers quoi on se dirige. De fait, les surprises se multiplient, les rebondissement s’enchaînent et le dénouement vous explose littéralement à la figure. 

Bref, comme vous l’avez sans doute compris, cette lecture m’a profondément marqué. C’est pourquoi je vous la recommande aussi, même si le sujet abordé est sans doute l’un des plus difficiles à traiter car il touche à l’innocence que représente un enfant ; l’enfant qu’on a tous été et celui qu’on aura peut-être un jour… En somme, une claque.

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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