Captive State

31/07/2019

Titre : Captive State

Réalisateur : Rupert Wyatt

Avec : Ashton Sanders, John Goodman, Vera Farmiga, ...

Genre : Science-fiction, Drame, Thriller

Durée : 1h49

Nationalité : États-Unis

Sortie : Avril 2019

Résumé : Les extraterrestres ont envahi la Terre. Occupée, la ville de Chicago se divise entre les collaborateurs qui ont juré allégeance à l'envahisseur et les rebelles qui les combattent dans la clandestinité depuis dix ans.

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Rupert Wyatt fait partie de ces nombreux artisans hollywoodiens dont le nom ne vient pas directement en tête quand on parle de cinéma américain mais qui aura su offrir une nouvelle vie à la saga de « La planète des singes » dans un reboot des plus qualitatifs ainsi qu’à la télévision avec la surprenante bonne série « L’exorciste ». Le voir derrière un pitch aussi intéressant que celui de « Captive State » donne dès lors énormément envie.

Il faut tout d’abord souligner la solidité de sa mise en scène, collant au plus aux actions de cette rébellion humaine et du quotidien de ses deux personnages principaux. L’un enquête sur la rébellion humaine face aux nouveaux dirigeants tandis que l’autre subsiste malgré son statut de frère d’un martyr de la cause. Tout comme dans sa version de la « Planète des singes », Wyatt capte au mieux ce quotidien extraordinaire par les yeux de personnes à priori de l’ombre à l’influence future forte.

Le mot futur n’est d’ailleurs pas vain tant le long-métrage interroge les espoirs d’avenir pour l’humanité en filigrane de son récit, en particulier dans une dernière partie que l’on ne vous divulguera pas pour ne pas gâcher votre visionnage. On se permettra juste de dire que son interrogation sur les actions de la nouvelle génération résonne avec l’actualité quand on sait le regard dédaigneux de nombreux politiciens quant aux luttes menées par la jeunesse actuelle. Voir l’espoir de certains en de nouvelles figures fait dès lors plaisir et en même temps mal au cœur par rapport au traitement hautain de personnes qui exigent de certains un investissement dans notre société avant de le rejeter quand il ne rentre pas en concordance avec leur agenda.

Le récit se permet également à mi-parcours de dévier de ses deux principaux protagonistes pour nous montrer minutieusement l’agencement d’une opération importante avec ce qu’il faut de tension pour nous impliquer totalement. Mais cette même implication est également due à la manière dont on nous inscrit dans cet univers, sans autre information qu’une ouverture marquante, quelques lignes de communication durant le générique et des détails visuels assez réussis, compte tenu d’un budget de 25 millions à mille lieues d’autres productions sans doute plus lissées pour le large public.

Car en substance de cette intrigue de rébellion totale, il se dresse quelque chose de passionnant dans ce thriller rappelant par moments le travail de Friedkin dans le polar par son imagerie urbaine sans renier sa nature de science-fiction. En cela, le travail sur les créatures, leurs vaisseaux ou leur langage s’avère immersif dans la crédibilité de la narration, tout autant qu’un casting que l’on sent impliqué dans l’interprétation de personnages qui auraient été sans doute moins marquants sans cette bonne direction d’acteurs.

Il est donc plaisant que la sortie du film chez Metropolitan permette de compenser un succès mitigé au cinéma, ce qui reste dommageable au vu de ses (nombreuses) qualités. Sans révolutionner tout à fait le genre, sa gestion du story telling, sa manière de dépeindre cette société et ses protagonistes avec une certaine subtilité tout en frappant fort par instants rend le tout réellement captivant (sans mauvais jeux de mots). Certes, le tout n’est pas parfait et le rythme semble parfois ralentir un peu trop pour son propre bien mais la solidité narrative et visuelle de Wyatt devrait permettre à « Captive State » de conquérir un plus large public sur petit écran tout en rappelant la lutte permanente de certains pour que la démocratie reste et ne laisse pas place à une oppression totale…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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