Destroyer : Nicole Kidman détruite ?

18/07/2019

Titre : Destroyer

Réalisateur : Karyn Kusama

Avec : Nicole Kidman, Toby Kebell, Sebastian Stan, ...

Genre : Polar

Durée : 2h02

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2018

Résumé : La détective du LAPD Erin Bell a jadis infiltré un gang du désert californien, ce qui a eu de conséquences dramatiques. Lorsque le chef de la bande réapparaît, elle doit fouiller dans le passé pour se défaire de ses démons.

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Au fur et à mesure que sa carrière a passé et que son nom a pris de l’ampleur dans le milieu du star system hollywoodien, Nicole Kidman a vu de nombreuses critiques lui reprocher d’adopter un jeu bien trop froid et mécanique pour réellement marquer. C’est ainsi que l’actrice australienne a eu droit à des remarques sur son manque de vie ou même son physique, certains parlant de sa chirurgie comme si c’était un argument pertinent pour valider ou non un long-métrage. Mais si on peut lui reconnaître une chose, c’est d’avoir su déjouer ces critiques avec habileté, jouant soit de cette froideur pour devenir égérie hitchcockienne dans le « Stoker » de Park Chan-Wook ou brisant cette image avec, dans des registres complètement différents, « Paperboy », « Paddington », « Mise à mort du cerf sacré » ou « How to talk to girls at parties ».

C’est dans ce même registre de destruction d’une opinion générale régulièrement partagée que s’inscrit ce « Destroyer », film construit pour être porté sur ses épaules. C’est ainsi qu’en incarnant une flic marquée par une mission d’infiltration remontant à des années, elle renonce à son physique qualifié de « glamour » pour mieux s’immerger dans son personnage. Si certains reprocheront à son maquillage d’être trop apparent, cela lui permet néanmoins de se donner intensément dans un rôle bâti pour bel et bien confirmer ses qualités d’actrice.

Malheureusement, le long-métrage en lui-même ne suit pas entièrement. En s’essayant notamment à un montage alternatif, « Destroyer » semble se perdre et même chercher la comparaison avec un « True Detective » utilisant ce registre avec bien plus d’aisance narrative. Il y a néanmoins une nervosité qui se dégage de la mise en scène de Karyn Kusama, une atmosphère malpropre qui rajoute au trouble permanent d’un film qui, s’il se perd en longueur, n’est pas dénué d’un certain style qui a au moins le mérite de chercher à différer de la production de polar plus « grand public ».

La réalisatrice suit son héroïne avec un certain spleen propre à celle-ci, une forme d’autodestruction déchirante car l’on sait que jamais les maux du passé ne pourront se résoudre. Et si Erin est déjà passionnante en soi, elle se retrouve entourée de protagonistes secondaires portés par un casting de qualité, notamment Toby Kebbell et Sebastian Stan. Mais jamais ceux-ci ne prennent la place de Kidman, totalement engagée dans une prestation qui aurait pu virer à la caricature féminine de l’archétype du policier détruit mais qui arrive à s’en sortir en montrant surtout une femme ravagée par un monde qui l’est tout autant.

Polar fort porté par une Nicole Kidman à mille lieues de la caricature dans laquelle on l’inscrit à tort, « Destroyer » s’avère assez fascinant malgré quelques points qui le rendent imparfait. Mais n’est-ce pas justement l’imperfection qui est fascinante ?

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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