Game of Thrones saison 8 : toutes les séries doivent mourir.

03/07/2019

Titre : Game of thrones

Créée par : David Benioff, D. B. Weiss et George R. R. Martin

Avec : Kit Harington, Emilia Clarke, Peter Dinklage, ...

Format : 6 épisodes (entre 54min et 82min par épisode)

Diffusion : HBO, OCS

Genre : Fantasy, Drame

Résumé : Le Nord, mené par Daenerys et Jon Snow, va devoir affronter les Marcheurs Blancs, loin de Port Réal où Cersei va suivre ces événements pour mieux en tirer avantage...

.

C’était un événement télévisuel au succès monstrueux : Game of Thrones est arrivé à sa fin, après une ultime saison décriée et 6 épisodes qui auront divisé. Alors, faut-il brûler cette salve d’adieu à l’adaptation de Georges R.R. Martin ? Une nouvelle fois avec la série HBO, la situation est des plus compliquées…

Attention, ce texte comporte quelques spoilers.

On peut clairement diviser cette huitième saison en deux parties, deux moitiés symétriques partageant certaines qualités mais dont la gestion souligne la difficulté de cette clôture. Tout d’abord, revenons sur les trois premiers épisodes, fonctionnant comme un tout avec ce faux calme durant « Winterfell » et « Un chevalier des sept couronnes ». La tension est présente mais sourde, mise de côté en attendant la lutte à venir contre l’armée du Roi de la Nuit. On sent les craintes de certains personnages envers d’autres, la peur face à l’affrontement qui attend et dont l’issue est des plus incertaines. Le show prend le temps pour approfondir certains protagonistes, tisser plus fort des liens et nous préparer au carnage à venir. Même la bataille à venir ne saurait apaiser l’électricité de l’arrivée de Daenarys et sa volonté de faire ployer le genou à tous et à toutes. De quoi amener quelques frictions qui se concrétiseront avec plus ou moins de réussite par après.

Arrive alors « La longue nuit », climax brutal de ce début de saison, avec son affrontement dantesque profitant de la mise en scène de Miguel Sapochnik qui maîtrise au mieux le drame inhérent à plusieurs protagonistes et qui aura su au mieux gérer la tension tout du long de ces 82 minutes dont on craint de voir la conclusion au vu de la crainte que provoque ce fameux Roi de la Nuit. Véritable crowdpleaser déchirant, « La longue nuit » peut être vu comme l’épisode le plus réussi de cette saison malgré une polémique assez exagérée sur la luminosité un peu trop sombre se limitant pourtant au début dudit épisode.

C’est là que tout va se compliquer avec la seconde moitié de cette saison. Amenant la déchéance d’un personnage, cette salve va souligner le plus gros problème de cette conclusion : la précipitation suite à un nombre trop court d’épisodes. On sent le tout trop resserré, allant trop vite pour son propre bien. On a une impression de marathon, comme si les showrunners cherchaient à finir le tout le plus rapidement possible, quitte à ce que certaines storylines se voient manquer de chair, de vie, de mordant. Le cinquième épisode, « The bells », arrive pourtant par instants à offrir cette sensation de drame et même de frustration, notamment au vu du sort de certains protagonistes. Une nouvelle fois avec Miguel Sapochnik derrière la caméra, on ressent le carnage et la brutalité qui se déroulent dans Port Réal, véritable Pompéi de fantasy trouvant dans ce raccord historique des idées dramatiques assez réussies ainsi qu’une sensation d’urgence soulignée par le point de vue d’Arya.

Et enfin, cette conclusion qui divisera largement avec ses plans tantôt bouleversants (Tyrion trouvant les corps de Cersei et Jaime), tantôt grossiers (Daenarys et ses ailes de dragon surlignant sa nature désormais négative). Il y a quelque chose de frustrant à voir une série qui aura marqué la pop culture moderne se conclure avec une telle forme de facilité, comme si tout était à sa place mais que dans sa manière de le faire, il manquait ce semblant d’âme, cette imprévisibilité qui faisait tout le sel de cette série. Au final, on a l’impression de voir les ficelles venir à distance avec un certain désarroi, espérant un écran de fumée qui dissimule les véritables intentions de David Benioff et D. B. Weiss.

Las : si les adieux toucheront, si certains personnages risquent de provoquer la larme à l’œil, cette ultime saison nous laisse avec une sensation d’amertume et de précipitation nuisant à de certaines facilités d’écriture, à certains drames qui ne demandaient qu’à être plus poignants encore. Game of Thrones se clôture donc avec des sentiments ambivalents et un certain manque qui devrait ranger cet épilogue avec ceux d’How I Met Your Mother, Lost et toutes ces productions télévisuelles avec lesquelles le public aura grandi et qui auront divisé celui-ci jusqu’au plus profond de ses sentiments. C’est donc une page qui se tourne avec du sang, des larmes mais surtout plus ou moins de réussite. Mais n’est-ce pas la division des avis sur de telles œuvres qui forgent leur réputation ? Seules les années pourront le dire…

 

.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
1 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *