La rivière de nos amours

24/07/2019

Titre : La rivière de nos amours

Réalisateur : André De Toth

Avec : Kirk Douglas, Elsa Martinelli, Walter Matthau, ...

Genre : Western

Durée : 1h28

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1955

Résumé : Johnny Hawks est chargé d’une mission de pacification des Sioux. Il s’éprend d’Onahi, la fille du chef Nuage Rouge.

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Le western aura permis d’illustrer l’avancée de l’histoire américaine et doit être le genre inhérent aux États-Unis. Il faut également lui reconnaître une avancée dans le traitement de ses archétypes. En effet, au fur et à mesure des années, on aura pu constater que la figure néfaste de l’Indien aura mué en quelque chose de plus nuancé, sans doute dû à la honte du traitement des colons envers les natifs qui auront vu leur existence détruite par ces soi-disant gens «civilisés ».

C’est l’un des moteurs narratifs de « La rivière de nos amours ». Le titre français met en avant la romance du héros avec une indienne alors qu’elle n’est au fond pas au centre du récit, bien qu’elle illustre la possibilité de l’homme blanc d’être en communion avec la nature et les charmes originaux de cette terre que certains se mettront à détruire par pur égoïsme.

On sent ainsi l’investissement de Kirk Douglas dans les thématiques du film, notamment le rapport à un environnement qui se retrouve sublimé par la caméra d’André de Toth. Le réalisateur hongrois, derrière le grandiose du tout aussi grandiose remake de « Masques de cire », « L’homme au masque de cire », était un choix évident par l’éclectisme des tons du long-métrage. La nature est à l’image de son acteur principal, sublimée, lumineuse, ce qui paraît ironique au vu de la noirceur en arrière-plan.

En humanisant les indiens, le film fait partie de ces œuvres qui auront su jouer avec un certain feu idéologique, la question du traitement de ceux-ci étant compliquée à aborder pour un large public. Néanmoins, il adresse cette critique avec subtilité, sous le vernis hypnotisant et intemporel de la Technicolor. Il fait profiter à son casting qualitatif une écriture simple d’apparence mais se dédouanant souvent des archétypes pour mieux attirer l’émotion sur le drame du long-métrage.

Sans être le plus indispensable des westerns, « La rivière de nos amours » s’avère plaisant à redécouvrir, surtout dans l’édition fournie par Wild Side incluant un livret ainsi qu’un entretien avec l’historien du cinéma Anthony Slide. C’est une œuvre intéressante et l’édition Blu-Ray/DVD/Livret dans laquelle il est désormais disponible est une occasion en or de se laisser envoûter par sa beauté et sa gestion d’un drame ayant façonné l’Amérique…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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