Au loup (Lisa Ballantyne)

13/08/2019

Titre : Au loup

Auteur : Lisa Ballantyne

Editions : Belfond

Prix : 20,00 €

Parution : 13 juin 2019

Nombre de pages : 336 pages

Genre : Thriller psychologique

Résumé : L'accusé : Nick, prof de théâtre au collège, époux et père comblé, est un homme épanoui. Un soir, une visite de la police. Le voilà accusé d'agression sexuelle par une de ses élèves de douze ans. En quelques heures, l'angoisse, la honte, l'épouvante s'abattent sur sa vie. Alors que l'opinion publique crie au loup, Nick doit faire face au raz de marée qui menace d'engloutir sa réputation, son travail, sa famille.

La victime : Angela déteste ses parents, ses camarades, sa vie. Après un suicide raté, elle explique son geste à sa mère : son professeur de théâtre l'a touchée, contre son gré. Le mot est lâché. La voilà soudain propulsée au centre de toutes les attentions, mais aussi la cible des pires ragots au collège. Dépassée par les événements, elle se réfugie dans un mutisme qui sonne comme un appel au secours.

Coupable ou innocent ? Victime ou menteuse ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Pour ces deux êtres blessés, le salut ne pourra advenir qu'à une seule condition : que la vérité éclate au grand jour.

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Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce livre. Le résumé avait retenu mon attention, car il faut reconnaître que le roman de Lisa Ballantyne s’inscrit (malheureusement) dans l’air du temps. Après lecture, je dois reconnaître que je n’ai pas passé un mauvais moment (j’ai eu du mal à le lâcher) mais dans l’ensemble cette histoire reste tout de même trop banale et de ce fait, je ne pense pas qu’elle me marquera sur le long terme.

« Au loup » est typiquement le genre de thriller psychologique, comme beaucoup d’autres de la même trempe, qui nous met face à une double question uniquement : Qui dit la vérité et qui ment ? En ce qui me concerne, à l’époque dans laquelle nous vivons aujourd’hui, c’est-à-dire l’ère des #metoo et autres #balancetonporc, ce type d’intrigue a du mal à s’attirer mes faveurs, pour une simple et bonne raison : je trouve que trop souvent, dans ce genre de situation, on a tendance à immédiatement croire la victime (généralement une femme) une fois l’accusation lancée, et à fermer les yeux sur tout le reste (parfois à tort, parfois à raison), y compris sur la « défense » de l’accusé (généralement un homme).

Les mots ont une force encore plus incroyable de nos jours, puisqu’une fois les actes énoncés, preuves à l’appui ou pas, c’est purement et simplement l’échafaud social qui attend l’accusé, qui voit tous les aspects de sa vie détruits à petit feu : vie professionnelle, familiale, amoureuse, etc. rien n’est épargné, et ce peu importe si les accusations se révèlent fondées ou pas, c’est quelque chose qui vous poursuit à jamais d’un point de vue légal. Évidemment, je n’oublie pas que dans les cas où les accusations se trouvent être vraies, ce sont les victimes qui s’en trouvent marquées à vie dans leur chair, dans leur tête et dans leur cœur. Cependant, je trouve qu’il y a très rarement de juste milieu dans ce genre d’affaires, à savoir un équilibre entre la prise en compte des propos qui émanent à la fois de la victime et de l’accusé. C’est réellement une situation qui est, disons dans 90% des cas, biaisée dès le départ. Alors je ne suis pas anti-femmes et pro-hommes, bien au contraire, mais je trouve que souvent on manque de nuances dans ces cas-là, ou en tout cas on se précipite : accusation ne devrait pas immédiatement être équivalent à culpabilité… Et « Au loup » ne fait pas exception dans le paysage, ce qui est regrettable.

Alors évidemment la manière dont Lisa Ballantyne nous dépeint le personnage d’Angela n’aide pas non plus à ce que nous lui apportions notre empathie. Franchement, en dépit de tout ce qui lui arrive, je n’ai eu qu’une envie tout au long de l’histoire : la baffer. Méchante, ingrate, violente, … elle est tout bonnement insupportable ! C’est triste à dire mais un peu à l’image d’Emma, le personnage principal d’Une fille facile de Louise O’Neill, c’est une victime pour qui il est impossible (pour moi) ou vraiment très difficile (pour d’autres) de compatir, même si pas pour les mêmes raisons puisqu’elles n’ont pas exactement le même âge.

D’un autre côté, la plume de l’auteur parvient tout de même à nous happer tout du long dans son intrigue. Du moins pendant un bon moment même si personnellement, je me doutais du dénouement, ou en tout cas j’avais de sérieux soupçons. Par contre je trouve qu’arrivé à la fin, une fois la vérité dévoilée, celle-ci manque quelque peu de crédibilité quand on jette un regard en arrière sur tout ce qui est arrivé avant ça… L’auteur aborde également des thèmes intéressants et les développe bien : les conséquences d’une telle accusation sur le quotidien de l’accusé et de la victime, le sexe au sein d’un couple formé depuis de nombreuses années, les fantasmes inavouables, … Enfin, j’ai apprécié qu’on ait droit à de multiples points de vue au cours de la narration puisque ça apporte un bon coup de dynamisme à la lecture.

En bref, ça reste tout de même un bon thriller psychologique (bien que classique et un peu prévisible) que je vous conseillerais de découvrir si vous en avez l’occasion. Décidément, l’auteur n’a définitivement pas choisi la facilité en décidant d’aborder ce thème… Malheureusement, en ce qui me concerne, je l’ai lu une fois, je ne compte pas le relire un jour et je pense que l’histoire ne me marquera pas durablement.

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Petite belge âgée de 26 ans, je passe mon temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries. En tant que fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’adulescente. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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