Extremely wicked, schockingly evil and vile

02/08/2019

Titre : Extremely wicked, schockingly evil and vile

Réalisateur : Joe Berlinger

Avec : Zac Efron, Lily Collins, Kaya Scodelario, …

Genre : Thriller, Drame

Durée : 1h50

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2019

Résumé : Liz, une mère célibataire tombée amoureuse de Ted Bundy, refuse de croire à ses crimes pendant des années.

Drame inspiré de faits réels.

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Il y avait beaucoup d’attentes par rapport à ce film, porté par le buzz de l’interprétation de Zac Efron dans la peau du tueur en série le plus célèbre des États-Unis. Mais est-ce que le jeu en valait la chandelle ?

Tout passe d’abord par une rencontre au parloir. Face à face, Ted Bundy, considéré par beaucoup comme l’un des plus grands monstres de l’Amérique moderne, et Liz, femme qui l’a aimé au point d’en voir sa vie marquée au fer rouge. Le sourire du premier ne fait que raviver la douleur de la seconde, surtout au souvenir de leur première rencontre. Tout le doute du film se retrouve condensé ici, avec ce qui est sans doute le cœur narratif du film : le prisme de Bundy par celle qui fut pendant des années sa compagne. C’est ce qui permet à Joe Berlinger de maintenir un certain doute, tel que Bundy a essayé de le faire tout au long de ses procès. Cet homme si charismatique, si drôle, peut-il réellement être ce tueur en série machiavélique, ce monstre sans âme ? N’est-il pas juste victime d’un coup monté ?

A nouveau, tout passe par les regards. Ceux de Lily Collins, que le doute dévore de l’intérieur, ne pouvant se mettre d’accord sur l’innocence ou non de l’homme qu’elle aime. Celui brûlant de Kaya Scodelario, par moments trop insistante en Carole Ann Boone, mais cristallisant la fascination générale du public envers Bundy. Enfin, ceux de Zac Efron, faussement candides mais particulièrement brûlants, cherchant sans cesse à faire croire à son innocence, cherchant sans cesse à se mettre en avant comme victime éplorée.

Rapidement et régulièrement, le regard de Joe Berlinger se détourne de Liz, préférant rester sur son acteur principal, diminuant par instantz celui porté par Liz et donc ainsi ce qui aurait pu être le véritable drame déchirant du récit. Il aurait également pu tomber dans le sale en dépeignant les meurtres commis avec l’atrocité subie par les victimes. Berlinger préfère la modération, gardant certains détails crus pour les scènes de procès et patientant jusqu’au point de non retour pour toucher dans le graphique.

Cette sobriété d’apparence se retrouve dans la réalisation, cherchant juste à narrer les faits et à illustrer les séquences judiciaires avec une certaine approche réaliste, choix cohérent quand on sait que Berlinger sort juste d’un documentaire sur le tueur. Cela se ressent donc dans la mise en scène et le ton général, traitant sa figure meurtrière comme une chronique dramatique, que ce soit par la manière dont Bundy se persuade en même temps que ses proches de son innocence que celui de Liz, devant porter le fardeau de son interrogation personnelle.

Et si Extremely wicked, schockingly evil and vile n’atteint jamais la virtuosité d’un Fincher, style Seven ou Zodiac, la manière dont Joe Berlinger arrive à capter sa figure centrale et les drames qu’il aura causés s’avère passionnante, le tout appuyé par un casting rigoureux. De quoi justifier le visionnage d’un film portant les capacités d’être un grand film mais s’avérant tout de même intéressant et par moments réellement fascinant, comme Bundy lui-même.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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