Monsieur Link

07/08/2019

Titre : Missing Link

Réalisateur : Chris Butler

Avec : VO : Zach Galifiniakis, Hugh Jackman, Zoe Saldana, ... VF: Éric Judor, Thierry Lhermitte, Daniela Labbé Cabrera, ...

Genre : Aventure, Comédie

Durée : 1h31

Nationalité : États-Unis

Sortie : Avril 2019

Résumé : Pour l’aider à retrouver ses parents éloignés, Monsieur Link, unique représentant de son espèce, approche l’explorateur Sir Lionel Frost, le plus grand spécialiste des mystères et des mythes. Accompagnés par l’aventurière Adelina Fortnight qui possède l’unique carte qui leur permettra d’atteindre leur destination secrète, ils se lancent dans une odyssée à travers le monde.

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On vous a déjà parlé des bijoux du studio Laika, sans doute parmi les meilleurs dans le domaine de l’animation actuelle. Dès lors, voir le dédain public de leurs productions fait mal au cœur tant leurs recettes financières sont honteusement basses contrairement à d’autres longs-métrages familiaux allant du médiocre (« Comme des bêtes », copie de Toy Story jamais amusante) à la honte pure (Aladdin…). Bref, on espère que la sortie en édition physique de « Monsieur Link » permettra de réhabiliter la nouvelle grande réussite de Laika.

En effet, il n’y a pas d’autres mots pour décrire le film d’aventure de Chris Butler tant il charrie les thèmes avec une simplicité confondante. Le premier à venir et sans doute le plus apparent est la quête d’identité et les questions s’amenant à chacun dans sa construction en tant qu’individu et membre d’une société. Les trois personnages principaux doivent chacun s’établir par rapport à soi et aux autres. Lionel doit ainsi faire face à ce club dont il veut être membre quitte à oublier ce qui nourrit ses envies d’aventure ainsi qu’à chercher à être plus empathique envers les autres. Adelina doit s’affirmer en tant qu’individu par elle-même et non par son mari qui la caractérisait involontairement ou tout autre homme, comme Lionel, qui l’inscrivent uniquement par sa féminité. Quant à Link, sa recherche de famille est centrale à la narration. D’ailleurs, quand il se choisit un prénom en opposition au nom que lui a donné Lionel, la réponse est certes amusante mais rentre en logique avec cette affirmation de soi que cherche à atteindre chacun.

Les relations sont au cœur d’un film au souffle aventureux réjouissant. Si on n’atteint pas la folie des scènes d’action de « Kubo et l’armure magique » (meilleur film d’animation du 21ème siècle ?), les visuels sont à couper le souffle et ce dès une ouverture aussi drôle que rafraîchissante. On ne peut dès lors que constater à quel point la technologie utilisée par Laika conserve son pouvoir de fascination et dénote les avancées visuelles de la stop motion. La fluidité des mouvements garde évidemment certaines imperfections (c’est ce qui fait le charme de la technique) mais la manière dont chaque protagoniste évolue et le traitement des décors dénote de la quête de perfection des animateurs du studio.

Mais des visuels aussi bluffants ne seraient pas aussi puissants sans la richesse narrative du récit. Il est intéressant dès lors d’y voir la place accordée à Lionel Frost tant il relève d’un ancrage social fort. En tant que représentant d’une catégorie de population riche, il démontre l’aspect positif que peuvent représenter certains face à d’autres membres rétrogrades et ouvertement hostiles à l’évolution. Le voir entouré d’une créature fantastique et d’une femme, tous deux en minorité dans le récit, soulève alors le rapport d’une certaine population face à d’autres moins représentées. Cette lutte sociale s’avère passionnante, relevant de l’obligation d’une majorité sur-représentée à regarder chacun avec la même égalité et ce même quand il agit de manière inconsciente.

L’évolution des mœurs et des inconscients est centrale et relève de la mise en avant perpétuelle de l’individu, non pas par des caractéristiques souvent utilisées de manière rabaissante mais par ses actes, et ce même quand on est dans une catégorie plus avantagée. On sent que malgré l’aspect fictif du récit, il y a une inscription sourde face au colonialisme et autres impositions d’idées « civilisées » sur d’autres populations mises en retrait par leur différence (d’où l’ancrage historique du film) et souligne les efforts que certains doivent mener pour une réelle égalité sociale. Mais le tout est fait avec un espoir envers l’individu, les rêveurs comme Lionel qui apprennent de leurs actes pour être de meilleures personnes.

C’est cet espoir qui rend « Monsieur Link » si solaire et si réjouissant. Malgré un manichéisme de façade, le film souligne la recherche perpétuelle de réflexion inter-générationelle de Laika et de ses artistes. Le moindre détail, le moindre choix de couleur relève d’une quête de divertissement familial qualitatif permettant à ses publics d’être remués dans tous les sentiments avec un bonheur non feint. Et c’est sans doute cela qui rend leurs films essentiels dans la production cinématographique grand public actuelle. Alors profitez de la sortie en édition physique du film chez Metropolitan pour pouvoir profiter au mieux d’un des meilleurs films de l’année !

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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