OITNB, saison 7 : fin en demi-teinte et gros coup de gueule (spoilers)

09/08/2019

Titre : Orange Is The New Black

Créée par : Jenji Kohan

Avec : Taylor Schilling, Laura Prepon, Uzo Aduba, Natasha Lyonne, Danielle Brooks, Jackie Cruz, Laura Gómez, Selenis Leyva, Taryn Manning, Adrienne C. Moore, Dascha Polanco, …

Format : 60 minutes

Diffusion : Netflix

Genre : Comédie, Drame

Résumé : Piper, en liberté conditionnelle, tente de retomber sur ses pieds tandis qu'à Litchfield, la vie continue son cours corrompu.

Orange Is The New Black a été une montagne russe tout au long de son existence. De la saison 1 à la saison 3, c’était au top. La saison 4 était d’un ennui abyssal. La saison 5 était intense et prenante. La saison 6, décevante. La saison 7 est un mélange de tout ça : parfois prenante, d’autres fois, elle passe à côté. Et c’est dommage sachant que c’est la dernière.

Je vais d’abord commencer par les bons côtés puisque tout le reste de cet article sera un coup de gueule sur un sujet en particulier. Et ces bons côtés, ce sont les personnages plus que l’intrigue. Les personnages de Taystee et Suzanne ne finissent pas de nous toucher et tirent clairement leur épingle du jeu. Pensatucky et Flaca, elles, connaissent un beau développement et finissent par être parmi les meilleurs personnages de la saison. Et bien entendu, les classiques Nikki, Red, Gloria et Blanca continuent de nous plaire. Cependant, cette saison est beaucoup moins drôle que les saisons précédentes. Cette fois, les personnages vous tireront plus les larmes aux yeux que des rires. 

Autre bon côté : il était temps que la série adresse enfin le comportement d’harceleur de Caputo lors de la saison 1. Grâce au mouvement #MeToo, Caputo doit enfin faire face à ce qu’il a fait à Susan Fischer. Mieux vaut tard que jamais et de toute façon, le personnage avait déjà connu une belle rédemption et cette fin ne fait que nous conforter sur le fait qu’il réalise et qu’il a changé. Pareil pour Figueroa qui devient enfin plus humaine et qui parvient même à nous faire pleurer lors d’un épisode particulièrement émouvant. Clairement, ce couple connaît l’une des meilleures fins et l’un des meilleurs développements. Voilà pour les qualités de cette nouvelle saison. À présent, mon coup de gueule…

C’est un coup de gueule particulier puisqu’il concerne un sujet précis : l’islamophobie constante et régulière des deux scénaristes au travers du personnage de Lorna qui est, elle, ouvertement raciste. Déjà la saison dernière, les propos islamophobes de celle-ci m’avaient irritée. D’autant que ce n’est pas la première fois que les showrunneuses font étalage de leur islamophobie décomplexée dans cette série comme dans GLOW – étalage également au travers de personnages « musulmans ». Là, pour cette saison finale, elles se sont lâchées. C’est tellement exagéré qu’on ne peut s’empêcher de se demander s’il n’y a pas un fond de la pensée de ces dites showrunneuses. Ok leurs séries mettent en avant les femmes, et beaucoup de racisées. Mais les héroïnes principales dans les 2 séries restent blanches. Et au travers des non-blanches, elles ne peuvent s’empêcher de faire dans les clichés, soi-disant pour se moquer mais quand même, ça commence à faire beaucoup. Un collègue de fac, qui était noir, m’avait dit une fois que lui ne laissait passer aucune « blague » à tendance raciste ou clichée parce qu’il ne fallait pas être dupe : sous couvert d’humour se cache parfois un racisme réel même si pas vraiment assumé ou pas vraiment conscient. J’ai l’impression qu’il semblerait que ce soit le cas de ces scénaristes qui font preuve de racisme ordinaire constant. De toute façon, à partir du moment où il y a un doute (ce qui est le cas ici), c’est qu’il n’y a plus de doute. Et à partir du moment où une personne ou une communauté se sent vexée, personnellement, j’estime que ça veut dire que la façon de faire a été maladroite et/ou ratée, ce qui est clairement le cas ici.

En dehors des remarques racistes incessantes de Lorna, il y a plusieurs scènes qui m’ont hérissée. D’abord, la femme en niqab strip-teaseuse… Surtout qu’on nous dit ensuite que c’est une femme latina en réalité (hmm-hmm). Donc pourquoi lui foutre un niqab sur le visage et montrer ses seins et ses fesses ? À quoi ça sert si ce n’est pour se moquer d’une pratique religieuse ? Même si la scène se passe en Irak ou en Afghanistan, cette femme aurait pu retirer ce voile qui lui cachait le visage. Là, le garder alors qu’elle se met complètement nue, on peut le percevoir comme une moquerie et une insulte. De plus, cela souligne l’hypersexualisation des femmes voilées par les non-muz et cette fameux question « qu’est-ce qu’elles peuvent bien cacher là-dessous ». Ensuite, au travers du personnage de Shani, on introduit le problème de l’excision en Egypte. Il est vrai que ce pays est le pays qui, malheureusement, pratique encore le plus d’excisions au monde. C’est un problème, c’est même un scandale. Il faut en parler et le dénoncer, c’est clair et net, aucun doute à avoir là-dessus. En revanche, ce personnage de Shani qui dit « ça fait partie de notre culture », non. La culture égyptienne, arabe et/ou musulmane n’a rien à voir avec cette pratique barbare qui est le fait de gros c*nn*rds et grosses c*nn*ss*s et qui ne trouve de justification nulle part. Et au travers de ce personnage et de cette phrase, les scénaristes font clairement un amalgame qui pose un gros problème.

D’ailleurs, encore une fois, au travers du personnage de Shani, elles souhaitent dénoncer l’homophobie dans l’Islam. C’est une chose, d’accord. Cependant, tous les personnages qui représentaient le mal au travers du christianisme (dont le racisme et l’homophobie) ont connu une rédemption (Pennsatucky et ses copines) et sont même devenues copines avec celles qu’elles harcelaient (les lesbiennes et les noires). Par contre, tout au long de la série, aucun personnage musulman n’aura une belle image sauf si cette personne fait apostasie de la religion. Pour rappel, nous avions Janae dont le père musulman refusait qu’elle fasse de l’athlétisme puisque cela impliquait de porter une mini-jupe. Ensuite, nous avions Alison, une femme musulmane voilée dont nous découvrions qu’elle vivait dans un mariage polygame. Aujourd’hui, on a donc Shani, une femme lesbienne qui a fui son pays parce que sa famille musulmane menaçait de la tuer par homophobie. Au final, j’en veux à ces femmes qui servent de scénaristes : elles se cachent derrière un semblant de diversité et de dénonciation mais elles continuent de promouvoir certaines pensées racistes. Et cela pas qu’envers les musulmans puisqu’elles font même dire à un personnage noir que le racisme ordinaire n’est pas grave et ne la dérange pas puisque cela la fait rire. Super le message. 

Comme je disais dans ma critique de la saison dernière : il y a beaucoup de décisions tristes, énervantes et frustrantes en termes d’intrigue. Tout d’abord, le retour de Maritza pour s’en débarrasser dès l’épisode 5, c’est dommage. D’un côté, au travers elle, on dénonce le gouvernement de Trump, puis une réalité de l’actrice qui a vécu la déportation de ses parents et son frère lorsqu’elle avait 14 ans. Mais honnêtement, c’est vraiment triste de la faire terminer comme ça. D’ailleurs, c’est l’une des seules bonnes intrigues de cette saison : comment on traite les clandestins aux États-Unis. Je pense notamment à cette scène où des enfants se retrouvent au tribunal pour se faire juger sans avocat ni tuteur. Cette scène m’a littéralement retourné le cœur et m’a fait monter les larmes aux yeux. Puis en dehors de tous ces défauts, OITNB reste addictive. On alterne entre moments ennuyeux et moments intéressants. On a quand même envie de revenir à chaque fin d’épisode mais on est loin de la perfection des 2-3 premières saisons. On est nostalgique, forcément, puisque la série touche à sa fin. Mais ici, on est aussi nostalgique de ce que la série était. Elle n’est pas du tout pareille qu’à ses débuts et ça manque cruellement.

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Passionnée par les sushis, j’ai appris à maîtriser cet art en regardant mes séries télé préférées. Entre deux makis, je m’intéresse aussi à l’univers d’Harry Potter, de Disney, au cinéma et à la photographie. Sinon, est-ce que je vous ai dit que j’aimais les sushis ?
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