Woodstock 69 : Un festival emblématique !

17/08/2019

Le festival de Woodstock est un rassemblement emblématique de la culture hippie des années 60. Le magazine Rolling Stone le classe d’ailleurs parmi les cinquante moments qui ont changé l’histoire du Rock’n’Roll ! À l’occasion des 50 ans de cet évènement mythique, Ninehank vous propose une petite rétrospective ! 

Êtes-vous prêts à faire un bond d’un demi-siècle ? 

Woodstock : les origines

Le festival né d’une idée commerciale : Michael Lang, jeune hippie organisateur du Miami Pop Festival qui avait réuni 100 000 personnes voit l’appât du gain dans l’idée d’un nouveau festival – voulant utiliser les fonds récoltés pour acheter son propre studio d’enregistrement. Aidé par le producteur Artie Kornfeld, il convainc deux jeunes entrepreneurs new-yorkais – avec qui il fonde Woodstock Ventures – d’investir avec lui.

La manifestation doit avoir lieu à Wallkill, une ville du comté d’Orange, dans l’état de New-York, soit à 50 kilomètres au sud de Woodstock, mais les habitants refusent tout bonnement que le festival ait lieu chez eux, les plans sont donc revus et c’est le fermier Max Yasgur leur loue finalement un terrain qui sert à l’élevage laitier. Situé dans la bourgade de White Lake, près de Bethel, une localité du comté de Sullivan, dans l’état de New York. Les 243 hectares sont loués pour un montant de 50 000 dollars et le nom de Woodstock est conservé. 

Un rassemblement sans précèdent ! 

« Trois jours de paix et de musique. Des centaines d’hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant, fais toi bronzer et respire de l’air pur » 

Une publicité alléchante, à ceci près qu’elle ne prévoie pas le nombre de participants, ni les embouteillages, ni la pluie, ni la boue causant de nombreuses perturbations. Richie Havens ouvre le bal à la place de Sweetwater, bloqué. Le chanteur folk enchaîne les chansons avec sa guitare sèche et épuise entièrement son répertoire ! En dernier recours, il improvise Freedom sur un vieil air de Gospel, celui-ci deviendra un hymne international. 

L’autoroute s’en retrouve totalement bloquée ! Des kilomètres de bouchons entraînent des gens venant des quatre coins du monde à grimper par-dessus les barrières à moitié érigées, celles-ci sont renversées et les pauvres grillages ne retiennent nullement les envahisseurs. Devant une telle affluence en masse, les organisateurs prennent la décision de rendre le festival gratuit. 

« FOR NOW ON, IT IS A FREE CONCERT » 

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et à la fin de la première journée de festival, on dénombre environs 200 000 spectateurs. 

Woodstock : entre coups de gueule et révélations !

Les plus grands artistes de l’époque sont rassemblés à Woodstock, pourtant et malgré une line-up déjà belle, on note l’absence des Beatles et Led Zeppelin qui refusent les conditions du festival. Les Doors déclinent aussi en raison du procès de Jim Morrison à Miami. 

The Gateful Dead et les Who exigent d’être payés avant leur entrée sur scène, indifférents aux déconvenues des organisateurs. Les Dead livrent la pire prestation de leur carrière, les Who reçoivent un chèque de 11.200$ tôt le dimanche matin, offrant ainsi aux amoureux de musique, une prestation illuminée par un magnifique lever de soleil. 

Les Who se heurtèrent pourtant à bien des ennuis durant ce festival : 

« Woodstock a été un cauchemar », dit Roger Daltrey.

« Quelqu’un a mis du LSD dans notre eau avant qu’on se lance », raconte John Entwhisle. 

L’un des organisateurs de Woodstock, Michael Lang, dira au sujet de Peter Townshend qu’il «  se comporta comme le Schtroumpfs Grognon. Nerveux, triste, il voulait rentrer chez lui. ». Malgré tout, le festival contribua à la légende du groupe, faisant de Tommy un classique. 

Pour des artistes tels que Joe Cocker ou Santana, Woodstock sera un réel tremplin, propulsant leur carrière. Jefferson Airplane, Richie Havens, Sly & The Family Stone donnèrent de bonnes prestations. 

Le 16 août 1969, Santana sera une surprise de taille pour le festival. Celui-ci déclara après coup pour Q :

«  J’essayais de plaire à Jimi Hendrix et à tellement d’autre. Chaque note jouée venait du fond de mon coeur et non d’un coin reculé de mon cerveau ». 

Malgré l’heure, 3h30 du matin, La performance de Sky & The Family fut un temps fort de Woodstock. Ayant obtenu un succès monstre avec « Everyday People », puis le classique « Stand! », ils donnent lieu à un concert incroyable. Carlos Santana déclare même qu’il a assisté «  au summum du festival, soit Sky Stone. Je pense qu’il n’a plus jamais joué aussi bien – son afro fumait littéralement ! » 

Le Fish Cheer mêlé à I feel like I’m Fixing To die de Country Joe & The Fish devient légendaire, notamment avec cette phrase :

« Give me a F! Give me a U! Give me a C! Give me a K! »

Parmi les points forts de ce festival, on retient avant tout les prestations, devenues légendaires de certains artistes : 

  • Le Soul Sacrifice de Santana dont le batteur, Michael Shrieve n’avait que 20 ans, il était le plus jeune musicien du festival. 
  • I Am Going Home de Ten Years After.
  • With A Little Help from My Friends des Beatles repris par Joe Cocker.

Sans oublier le plus incroyable de tous : le Star Spangled Banner réinterprété par Jimi Hendrix. 

Initialement prévu le dimanche 17 août, Hendrix ne jouera pas ce soir-là, beaucoup diront qu’il n’a pas été la tête d’affiche qu’il aurait dû être. Or, il termine bien ce festival à l’aube du lundi 18 août, à 9:00 de matin. Ironiquement, la plus grande partie de l’auditoire avait déjà quitté les lieux, Hendrix joua donc pour les quelque 30.000 personnes restantes ce jour-là. 

Jimi Hendrix reprendra alors l’hymne américain, le Star Spangled Banner, y ajoutant un solo de guitare dans lequel il imite les bombardements de B-52, un bombardier subsonique à réaction, un véritable titan volant, évoquant la guerre du Vietnam.

Il ne réussira plus jamais une version aussi emblématique de ce morceau.

 

L’après Woodstock ? 

John Sebastian dira par la suite:

 «  Quand Jimi a joué l’hymne national, la plupart des gens étaient partis, l’endroit ressemblé à un champ de bataille. » 

Steven Tyler, du groupe Aerosmith, qui était là en tant que fan, le confirme amplement : 

« On aurait dit qu’il y avait eu une guerre, mais sans cadavres – des sacs de couchages au lieu de cadavres »

Lorsque Woodstock s’est terminée le lundi matin, plus de 600 acres de déchets ont été laissés sur la ferme de Max Yasgur. Il a fallu plus de 400 bénévoles et 100 000 $ pour tout enlever. Les pertes financières, liées à la décision de rendre le festival gratuit, s’élevant à plusieurs millions de dollars, furent largement indemnisées par le succès du film et de sa bande-son. Le film est enregistré avec les moyens du bord : une table de mixage et quelques micros par Eddie Kramer donnant lieu à un film documentaire réalisé en 1970 par Michael Wadleigh, assisté par Martin Scorsese. 

La sortie de « Woodstock » de Crosby, Stills, Nash & Young, composée par Joni Mitchell deviendra l’hymne du festival, exprimant a elle seule la pensée et la conclusion de ce moment dit « de paix et d’amour ». 

Malgré de nombreux problèmes techniques et une organisation perturbée, on retient de ce festival – en terme de sécurité -qu’il n’y a eu aucune électrocution, pourtant redoutée à cause de la boue et de la pluie. 

Au total, le Hog Farm, une communauté de jeunes Américains se chargeant de la restauration, de l’animation et de la sécurité dénombrèrent 5 162 interventions durant ses quatre jours, dont 797 liées à la drogue. 2 naissances, 4 fausses-couches et 3 morts : une overdose, une accidentelle et une consécutive d’une crise d’appendicite. 

Le festival est à la fois l’un des points culminants de la contre-culture des année 1960 et de la culture hippie, mais aussi ce qui marque la fin du « Flower Power », slogan marquant prenant la fleur comme symbolique d’une idéologie non-violente. 

« Woodstock est devenu une légende et est resté aussi présent dans les esprits, c’est bien parce qu’il est non seulement un événement musical, mais aussi un événement historique. »

— Pascal Cordereix

Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionnée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, j’ai vite vite réalisé, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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