Yesterday : La comédie sous les airs des Beatles

17/08/2019

Titre : Yesterday

Réalisateur : Danny Boyle

Avec : Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon, ...

Genre : Comédie, Musical

Durée : 1h57

Nationalité : Britannique

Sortie : 3 juillet 2019

Résumé : Jack Malik, est un jeune auteur-compositeur interprète qui a du mal à connaître le succès, et ce, malgré le soutien infaillible de sa meilleur amie d’enfance et manager, Ellie. Mais sa vie va prendre un tournant inattendu le soir, où il est percuté par un bus pendant que le monde entier connaît une étrange panne d’électricité générale. Lorsqu’il se réveille, Jack découvre un monde où les Beatles et leurs chansons n’ont jamais existé. Voilà pour lui une véritable opportunité de changer de vie : étant le seul à se souvenir des chansons des Beatles, il commence peu à peu à connaître la gloire en s’appropriant leurs textes. Mais à quel prix ?

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Yesterday est un film né de la collaboration entre le scénariste Richard Curtis et le réalisateur Danny Boyle. Le premier a déjà quelques succès à son actif, tels que Quatre Mariages et un Enterrement, Coup de Foudre à Notting Hill, Le Journal de Bridget Jones ou encore Love Actually, et a également co-écrit le script de Mamma Mia ! Here We Go Again, sorti l’été dernier. Tandis que le second est à l’origine de Trainspotting, Slumdog Millionaire, 127 heures et plus récemment Steve Jobs. Les deux se réunissent sur cette idée originale de film, dans lequel ils ont imaginé à quoi pourrait ressembler un monde où les Beatles et leurs chansons n’auraient jamais existé.

Une idée plutôt originale, puisque ce n’est pas un biopic, à l’image de Bohemian Rhaspody ou Rocketman, mais permet tout de même d’honorer l’art des Beatles.

Le film débute alors que Jack Malik, le personnage principal, un musicien auteur-compositeur-interprète, doute de l’avenir de sa carrière musicale et songe même à totalement abandonner. Il faut dire que Jack travaille dans l’entrepôt d’un supermarché dans le Suffolk et à part chantonner dans les rayons de celui-ci, ou dans des bars où personne ne semble lui prêter la moindre attention, il ne parvient pas à faire décoller sa carrière. Néanmoins, Jack n’est pas tout seul, car Ellie, sa meilleure amie d’enfance et désormais manager, est toujours là pour le soutenir et le pousser à croire en ses rêves ; et ce, même le jour où Jack se retrouve à jouer pour une dizaine d’enfants lors d’un grand festival, alors que celui-ci s’imaginait déjà sur la scène principale.

Le tournant du film a lieu lorsqu’un soir, alors qu’il rentre à vélo, la planète entière connaît une coupure d’électricité générale. L’événement ne dure que quelques secondes, mais assez pour que Jack se fasse percuter par un bus dans la nuit. Le jeune musicien se réveille à l’hôpital, aux côtés de sa fidèle amie, Ellie, avec deux dents en moins. Mais ce n’est pas tout. Quelques jours plus tard, il rejoint son groupe d’amis, accompagné de sa guitare et commence à jouer la chanson Yesterday des Beatles. Jusque-là tout semble normal, pourtant ses amis, émus par le texte, clament ne jamais l’avoir entendue auparavant. Jack pense tout d’abord qu’ils le font marcher, mais lorsqu’il fait quelques recherches sur Internet le soir même, il n’ose pas croire ce qu’il découvre. Les Beatles n’ont jamais existé.

Et c’est à ce moment précis que la vie de Jack Malik prend une direction inattendue. Il va tenter de se remémorer le plus grand nombre possible de chansons des Beatles, à l’aide de notes sur des post-it qu’il affiche sur le mur de sa chambre. Les tubes des Beatles défilent les uns après les autres, rythmant le parcours du jeune musicien.

Attention les deux prochains paragraphes contiennent quelques spoilers !

Son succès est fulgurant et il ne tarde pas à se faire remarquer par le chanteur Ed Sheeran (interprété par lui-même dans le film), qui vient à sa rencontre et lui propose de faire la première partie de ses concerts à Moscou. Par la suite, Jack fait la connaissance d’une manager, interprétée par Kate McKinnon, qui est un véritable cliché de l’unique motivation de soif d’argent et de gloire dans cette industrie.          

Pendant ce temps, Jack voit sa relation avec Ellie se détériorer peu à peu, car elle n’a pas la même vision de son avenir que lui. Pourtant, le spectateur a déjà bien compris, à ce stade du film, que ces deux-là n’ont pas que des sentiments amicaux l’un envers l’autre, bien que pour Jack on semble douter pendant un certain temps.

Mais le grand dilemme de Jack dans le film est un cas de conscience : peut-il profiter de la célébrité et de tous les avantages qu’il obtient en interprétant et s’appropriant des textes qui ne sont pas les siens ?

Vous l’aurez dès lors compris, Yesterday n’est pas qu’un film à propos des Beatles. Bien sûr, il leur fait honneur. Mais les chansons de Paul McCartney, John Lennon, Ringo Starr et George Harrison servent surtout de fond pour rythmer cette jolie comédie, au travers de laquelle on suit l’évolution de la relation de deux amis -qui au fond savent déjà bien qu’ils souhaitent être plus que de simples amis- ; mais également l’évolution de la carrière musicale d’un jeune chanteur jusque-là en galère, qui connaît enfin la gloire et la célébrité dans l’industrie de la musique actuelle avec des textes qui ne sont pas les siens, mais aussi et surtout d’un autre temps.

En effet, ce qui est intéressant dans ce film, c’est d’imaginer quelle serait la place des chansons des Beatles à l’époque moderne, au temps de l’écoute en streaming, du téléchargement et autres…

Mais les Beatles ne sont pas les seuls célèbres musiciens représentés dans le film. Ed Sheeran y détient également une place assez importante. Le chanteur britannique obtient ici un second rôle au cinéma (il avait déjà fait une brève apparition dans Game of Thrones et Bridget Jones Baby), bien que cela ne soit que pour interpréter son propre rôle. Il n’hésite d’ailleurs pas à jouer la carte de l’autodérision, notamment lorsque la sonnerie de son téléphone, dans une scène, se révèle être l’un de ses propres morceaux. Pourtant, le scénariste Richard Curtis a déclaré qu’Ed Sheeran n’était pas son premier choix pour le film, mais avait plutôt imaginé le chanteur de Coldplay, Chris Martin. Cependant, celui-ci a préféré gentiment refuser, ne se sentant pas capable d’endosser la casquette d’acteur. Une pas si mauvaise décision au final, puisque je pense qu’Ed Sheeran est le chanteur avec l’image et la carrière s’accordant le plus justement avec l’histoire. Le chanteur britannique est un plus pour le film -ayant notamment participé à la bande originale-. D’ailleurs, le personnage de Jack Malik pourrait, dans un sens, représenter son propre parcours : un gars d’un petit village devenu une star international.

Concernant le reste du casting, Himesh Patel est le véritable cœur de ce film. Cet acteur qui débarque tout juste est une révélation et nous surprend par sa facilité à interpréter la passion animant ce jeune musicien en galère, qui va tout faire pour faire revivre les chansons de ces quatre autres grands musiciens. Himesh Patel nous permet facilement de nous attacher au jeune Jack, -à la fois naïf et complètement dépassé par la réalisation soudaine de son plus grand rêve-, par son aisance à se montrer attachant …De plus, le duo qu’il forme avec Lily James est authentique, et leur simplicité fait tout le charme de leur amitié/histoire d’amour. Car oui, on comprend assez vite que ces deux-là ont des sentiments l’un pour l’autre.

Lily James, vue notamment dans Mamma Mia ! Here We Go Again, Cendrillon ou Baby Driver, est tout aussi formidable. Elle a cette aisance à communiquer les émotions que ressent son personnage rien que par un regard, un sourire ou une expression. Elle apporte un véritable vent de fraîcheur au film en insufflant l’enthousiasme de la jeune Ellie, amie fidèle, prête à tout pour pousser Jack à croire en son talent.

Les personnages secondaires sont également bons, chacun à leur façon. Par exemple, Kate McKinnon se sert ici très bien de son naturel comique pour dépeindre le cliché d’une femme d’affaire obnubilée par la gloire et l’argent (et sa villa en bord de mer), quitte à faire perdre à son protégé toute son authenticité. Tandis que Joel Fry, qui interprète l’ami pas très futé de Jack, se révèle être étonnement attachant au fil du film.

A première vue, Yesterday est avant tout une histoire sur l’usurpation des chansons des Beatles par Jack Malik, musicien en galère, alors que personne ne semble se souvenir du groupe culte. Dans un sens c’est bel et bien le cas. Mais en vérité, les tubes des Beatles apparaissent comme un fond à cette histoire. Puisqu’au final, c’est la vie de Jack, ses galères, son succès, mais aussi et surtout son histoire d’amour avec Ellie. Il ne faut pas oublier que Richard Curtis est au scénario et qu’il nous livre ici une histoire d’amour comme il sait si bien le faire.

Un autre aspect intéressant du long-métrage de Danny Boyle, c’est sa façon de se référer à la célébrité, tel un fardeau difficile à assumer et préférable d’éviter.

Mais la question centrale du film est : Jack peut-il accepter son succès tout en sachant qu’il usurpe les créations artistiques d’autres personnes ?

Ainsi, Yesterday n’est pas une comédie totalement futile et s’épanche sur différentes thématiques.

Et il y a un certain nombre de bons points à retenir. Bien évidemment la bande originale est le gros bon point, regroupant les plus grands tubes des Beatles qui viennent rythmer le long métrage, mais quelques morceaux d’Ed Sheeran viennent aussi s’ajouter et la compléter. L’humour -bien mis en avant dans la bande annonce- et la sensibilité qui en ressortent sont également de bons points, permettant aux spectateurs de se sentir connectés au personnage principal notamment. Par ailleurs, l’histoire d’amour au cœur du film est, elle, assez authentique, bien que classique (ce n’est pas la première fois que l’on voit deux meilleurs amis avoir des sentiments cachés l’un pour l’autre), mais tout de même c’est rafraîchissant de voir une histoire plutôt simple. Le rythme du film est quant à lui plaisant, car les différents plans s’enchaînent avec fluidité.

Néanmoins, certains points négatifs peuvent se faire ressentir. Par exemple, pour ma part, il m’a semblé que les numéros musicaux manquaient de quelque chose, n’étaient pas aussi grandioses qu’espéré (excepté le dernier numéro qui est tout de même assez sympathique). Je regrette également que le personnage d’Ellie (Lily James) n’ait pas été développé plus sur certains points, et se cantonne à être la meilleure amie amoureuse du personnage principal. De plus, je trouve qu’en plus d’être prévisible à souhait, la fin du film est assez abrupte et défait rapidement tout ce qui a été développé (enfin tout le monde n’a peut-être pas eu ce ressenti).

Ce que je retiendrai de ce film est d’abord son originalité (imaginez un monde sans les Beatles, Coca Cola, ou encore Harry Potter !), mais aussi sa simplicité (dans le bon sens du terme), qui permet de s’attacher facilement aux personnages et à l’histoire. Alors oui, Yesterday n’est sûrement pas la comédie du siècle, mais on passe tout de même un très bon moment devant, et elle permet surtout de redécouvrir les classiques des Beatles. Cependant, ce n’est pas non plus un karaoké géant, puisque les chansons prennent place plutôt comme fond de cette romance, où la célébrité et la création artistiques sont aussi des thèmes majeurs.

En bref, Yesterday est une comédie romantique originale sous les airs des Beatles, mixant à la fois romance, humour, sensibilité, avec un soupçon de nostalgie, qui nous fait passer un bon moment.

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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