Green Book : Sur les routes du Sud – Retour sur l’Oscar 2019 du Meilleur film

18/09/2019

Titre : Green Book : Sur les routes du Sud

Réalisateur : Peter Farrelly

Avec : Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini, ...

Genre : Drame, Biopic

Durée : 2h10

Nationalité : Américain

Sortie : 23 janvier 2019

Résumé : En 1962, alors que règne la ségrégation, Frank Vallelonga dit « Tony Lip », un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste afro-américain de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu'au Sud profond, ils doivent se confronter aux humiliations et persécutions, tout en devant trouver des établissements accueillant les personnes de couleurs. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés et découvrir leur humanité commune.

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Comme l’indique le titre, cet article est un retour sur le lauréat de l’Oscar du Meilleur Film en 2019 : Green Book : Sur les routes du Sud. Le film de Peter Farrelly aux multiples récompenses a d’ailleurs remporté deux autres Oscars, à savoir l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour Mahershala Ali et du Meilleur scénario original. Je reviens dessus aujourd’hui car je pense qu’il est important de parler de ce film, qui même s’il a été critiqué en différents points, n’en reste pas moins une ode à la tolérance et à l’humanité.

Réalisé par Peter Farrelly (habituellement plutôt tourné vers les comédies potaches telles que « Dumb and Dumber » ou « Mary à tout prix »), Green Book est une comédie dramatique américaine et un biopic. Il a été écrit en partie par le fils de Frank Vallelonga, Nick Vallelonga, à partir d’entretiens avec son père et Don Shirley, ainsi que des lettres que son père a écrites à sa mère, notamment durant son périple avec le pianiste.

L’intrigue prend place en 1962 et s’inspire de l’histoire vraie de la tournée dans le Sud ségrégationniste, réalisée par le pianiste classique et de jazz afro-américain Don Shirley (Mahershala Ali) et le videur italo-américain Tony Vallelonga (Viggo Mortensen) qui lui faisait office de chauffeur et garde du corps.

Le titre du film, Green Book, fait référence au guide annuel pour les voyageurs afro-américains : « The Negro Motorist Green Book », créé et publié de 1936 à 1966 (à l’époque de la ségrégation raciale aux Etats-Unis), par l’employé des services postaux Victor Hugo Green. En effet, la ségrégation limitait le nombre d’établissements ouverts aux automobilistes afro-américains. Cependant, certains établissements étaient accessibles à cette clientèle, mais restaient difficiles à trouver. Ce guide annuel permettait ainsi de résoudre ce problème en répertoriant tous les hôtels, commerces, campings et restaurants ouverts aux personnes de couleur.

L’histoire débute à New York, alors que le videur Frank Vallelonga, surnommé « Tony Lip », est à la recherche d’un nouvel emploi car la boîte de nuit où il travaille en tant que videur ferme pour des travaux de rénovation. Il va alors passer un entretien pour « Doc » Don Shirley, un pianiste afro-américain à la recherche d’un chauffeur pour sa tournée de concerts de huit semaines dans les États du Sud de l’Amérique, à l’époque de la ségrégation raciale dans le pays.

Ces deux hommes que tout oppose (leur culture, leur physique, leurs origines sociales, leur milieu, leur personnalité) vont devoir apprendre à s’apprivoiser et voir plus loin que leurs différences. Tony Lip est un italo-américain aux manières grossières et au vocabulaire maladroit, avec une tendance à avoir certains préjugés racistes provenant de son milieu social. Ce voyage et sa rencontre avec Don Shirley vont lui permettre de réaliser également un voyage personnel, d’élargir son horizon et d’ouvrir son esprit. Don Shirley, quant à lui, est un pianiste afro-américain de renommée mondiale et un homme raffiné. Il a été éduqué au sein de l’élite blanche, et de ce fait il ne se sent convenir nulle part dans ce monde. Il confie d’ailleurs à Tony qu’il ne se sent « pas assez blanc, pas assez noir, pas assez homme ». Pourtant il est déterminé, pour une raison plus qu’honorable, à effectuer sa tournée dans les Etats du Sud, malgré les risques engendrés en période de ségrégation raciale. Don souhaite contribuer à faire évoluer les mentalités dans ces états grâce à son talent de musicien indéniable.

La performance des deux acteurs principaux est magistrale et leur alchimie palpable. Mahershala Ali joue tout dans la retenue (Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour ce film) et est extrêmement touchant, capturant la solitude vibrante d’un Don Shirley cherchant avec difficulté sa place dans ce monde si complexe. Viggo Mortensen (qui a d’ailleurs dû prendre une vingtaine de kilos pour son rôle) est tout aussi brillant dans son interprétation de Frank Vallelonga, un homme rempli de préjugés qui vont peu à peu s’effondrer, mais possédant au fond un grand cœur et un humour frappant.

Cependant, Green Book a aussi fait l’objet de diverses polémiques, parmi lesquelles celle de sa fiabilité. En effet, c’est un film biographique mais on se demande toujours ce qu’Hollywood a ajouté à l’histoire pour la rendre plus « divertissante ». D’autant plus que le frère et la nièce du vrai Don Shirley ont fait partie des premiers à critiquer le scénario, dénonçant une « symphonie de mensonges » et « le point de vue d’un homme blanc sur la vie d’un homme noir », donnant le rôle du « sauveur blanc » à Tony Lip.

Mais Green Book est avant tout l’histoire de deux solitaires que la vie réunit. Une amitié naissante qui se renforce au fil des épreuves rencontrées. Au cours de ce périple, les deux hommes vont finalement apprendre à se comprendre, découvrant qu’ils se ressemblent bien plus qu’ils ne l’auraient pensé. Et le plus beau dans tout ça, ce sont les moments de partage et d’échange entre ces deux-là, notamment par exemple lorsque Don décide d’aider Tony à écrire les lettres pour sa femme.

Ce long-métrage est d’une qualité visuelle certaine et très soignée, tout comme la musique. L’humour est également très présent et apporte de la légèreté, rendant le tout plus lumineux. Mené par un duo d’acteurs passionnant qui conduit ce film en toute splendeur. Le sentiment de reconnaissance et d’estime mutuelle que les deux personnages ont l’un pour l’autre au fur et à mesure de leur périple est une des plus belles images du long-métrage, remplie d’émotions et d’empathie.

Le lauréat de l’Oscar du Meilleur film 2019 permet également dans un sens d’éduquer le spectateur en mettant en lumière une histoire que l’on n’apprend pas dans les manuels d’école.

Fruit de diverses polémiques, il n’en est pas moins, en tant que produit cinématographique, une ode à la tolérance, à l’empathie et avant tout à l’humanité. Porté par des acteurs excellents avec une alchimie apparente.

En bref, Green Book est un film lumineux véhiculant des messages importants.

Un film que le plus grand nombre devrait voir !

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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