Jusqu’en Enfer : Full Raimi !

09/09/2019

Titre : Jusqu'en Enfer

Réalisateur : Sam Raimi

Avec : Alison Lohman, Justin Long, Ruth Livier, ...

Genre : Horreur

Durée : 1h39

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2009

Résumé : Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison.

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Dire que Sam Raimi est un maître du cinéma de genre serait un euphémisme. En effet, le réalisateur nous a fourni entre autres la saga « Evil Dead » (que nous avions abordée il y a quelques temps sur le site) ainsi que la première trilogie Spider-Man, toujours parmi les meilleurs comic book movies. Bref, le voir revenir derrière la caméra pour un pur film d’horreur ne pouvait que procurer une certaine impatience. Nous voici donc devant « Jusqu’en Enfer », qui fête déjà son dixième anniversaire.

La première chose qui frappe, c’est qu’on revient à du Raimi pur jus avec ce que ça implique de liquides corporels désagréables et de folie visuelle. Il y a quelque chose de furieux, comme si la version plus jeune datant d’Evil Dead avait pris possession du corps du réalisateur pour infuser une mise en scène particulièrement ludique et rigolarde, proche du cartoon horrifique.

Néanmoins, derrière un aspect drôlatique d’apparence, le film dégaine une furieuse rage contre le système économique, qui venait juste de prendre un sale coup à sa sortie en salles. Ainsi, l’héroïne se voit obligée de refuser un crédit afin d’avoir un meilleur poste et de pouvoir s’émanciper de son statut de campagnarde cherchant sa place en ville. Quant à sa « victime », madame Ganush, elle souffre directement de cette crise et des refus de la banque de l’aider, tout en amenant la malédiction qui frappera la pauvre Christine.

Les deux femmes sont ainsi victimes d’un système économique oppressif poussant à s’inscrire socialement en compétition avec les autres et non en collaboration. C’est l’individualisme capitaliste le véritable méchant du film qu’on cherche à affronter par un système plus collectif (la transmission de la pièce permettant le partage de la malédiction). C’est donc une véritable critique acerbe de l’économie qui se dissimule dans le film… mais pas que.

Les deux réelles victimes ici sont donc des femmes, montrées donc l’une et l’autre en opposition alors qu’elles souffrent, de manière différente certes, du même mal. Cela semble presque ironique au vu du traitement des personnages masculins, poussant à bout ce système social et les personnes qu’il oppresse ou soit d’une faiblesse qui les rend tout simplement inutile. Les protagonistes féminins doivent donc se montrer supérieurs pour s’en sortir, comme si Raimi s’attaquait aussi bien au système financier qu’à l’incompétence des hommes dans un milieu où ils oppressent leurs homologues du sexe qu’ils voient comme « faible ».

« Jusqu’en Enfer » est donc une véritable bombe horrifique aussi cartoonesque que caustique, dézinguant tout ce qui bouge tout en offrant du divertissement endiablé. À l’heure où certains films de genre ne provoquant que l’ennui sortent encore en salles (coucou remake de Simetierre !), on se dit qu’un fou furieux comme Sam Raimi ferait beaucoup de bien…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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