Le Matin de Neverworld - Avis aux amateurs de boucles temporelles

07/09/2019

Titre : Le Matin de Neverworld

Auteur : Marisha Pessl

Editions : Gallimard Jeunesse

Prix : 18,00 €

Parution : 22 août 2019

Nombre de pages : 316 pages

Genre : Thriller YA

Résumé : Un an après la mystérieuse mort de Jim, son petit ami, Béatrice n'a toujours pas revu leur bande de copains. Populaires, complices, sarcastiques, ils se connaissent depuis toujours mais elle sait qu'ils cachent quelque chose. La soirée des retrouvailles dérape, et leur vie va basculer : ils devront affronter ensemble la vérité et prendre la plus difficile des décisions -ou revivre éternellement la même journée, prisonniers du Neverworld.

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Autant il y a certains tropes littéraires qui m’agacent prodigieusement (oui, oui, Triangle Amoureux : je parle de toi !). En revanche, il y en a d’autres qui fonctionnent très souvent sur moi. Pire encore, les tropes que j’apprécie sont – j’ai l’impression – des cadres narratifs qui exaspèrent pas mal de lecteurs. Et en pole position de cette liste de ressorts littéraires que j’adore et que le reste du monde déteste, il y a les voyages dans le temps et autres boucles temporelles.

Je ne pourrais pas m’expliquer pourquoi mais je me passionne pour ces clichés dont je suis vraiment plutôt friande et dans lesquels je me plonge toujours avec un plaisir même pas coupable.

Et je dois vous avouer qu’en commençant Le Matin de Neverworld, je ne m’attendais vraiment pas à tomber sur un de mes cadres narratifs chouchous. Il faut dire, comme à mon habitude, que je n’avais lu que les toutes premières lignes de la quatrième de couverture et j’avais directement catégorisé le roman comme un livre sur le deuil et l’importance de pouvoir aller de l’avant. Dans la mesure où il s’agit d’une histoire de boucle temporelle façon Un jour sans fin, autant vous dire que je me mettais le doigt dans l’oeil pour ce qui est d’aller « de l’avant ».

A l’occasion de l’anniversaire d’une de ses amies, Bee renoue contact avec ses amis de lycée qu’elle n’a plus revus depuis un an, date à laquelle son petit ami s’est suicidé. Depuis lors, Bee a coupé tous les ponts et tente de se défaire de cette idée que non, le Jim qu’elle connaissait n’a pas pu faire ça. C’est uniquement dans le but d’en apprendre plus sur ce qui s’est passé le soir de la mort de Jim que Bee se décide à se rendre à la soirée organisée par ses amis. Pourtant rien ne va comme elle le voudrait et alors qu’ils sont tous les cinq en voiture, ils se font percuter par un autre conducteur et se retrouvent entre la vie et la mort. Le verdict leur est annoncé très clairement : seul l’un d’entre eux pourra survivre et pour savoir lequel, ils devront voter à la majorité absolue pour la même personne. Tant qu’ils ne se seront pas mis d’accord, ils seront condamnés à revivre la même journée en boucle.

J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman qui est à mon sens ni plus, ni moins qu’un ovni littéraire. Commençons peut-être par le commencement : la plume de l’auteure. Personnellement j’ai beaucoup aimé cette écriture, même si elle était plutôt sèche. J’ai trouvé que cela soulignait vraiment bien une certaine urgence de la situation et que cela permettait de rajouter une dimension vertigineuse à l’ensemble qui s’accordait parfaitement avec le récit.

J’avais lu, avant de commencer le roman, qu’il était comparé à Trouble Vérité que je n’avais vraiment pas apprécié et j’avais vraiment peur de tomber dans les mêmes travers – selon moi : une intrigue sans saveur, des personnages dont les actes n’ont aucun sens et tout simplement bien peu de logique dans tout ça, malgré une tension bien amenée.

Ici, j’ai trouvé l’intrigue beaucoup mieux gérée. La tension est un peu moins palpable que dans Trouble Vérité dans la mesure où le lecteur n’est pas perdu, ni n’essaye de rassembler les pièces du puzzle. Dans Le Matin de Neverworld, le lecteur accompagne vraiment Bee dans les découvertes qu’elle fait et les révélations qu’elle va vivre. J’ai nettement préféré ce format qui permet au lecteur de s’investir beaucoup plus dans l’histoire.

En revanche, j’ai trouvé qu’il était difficile de s’investir dans les personnages. Ils m’ont tous semblé assez creux et stéréotypés – le type jeunesse américaine riche qui fait ce qu’elle veut sans se soucier des conséquences m’a un peu agacée parce que pour certains personnages c’est le seul trait de caractère qu’ils ont.

Enfin, j’ai trouvé la boucle temporelle – puisque nos personnages sont coincés dans la même journée pendant très longtemps – géniale. J’ai beaucoup aimé la manière dont elle était construite, le fait que les personnages se rappellent tous ce qu’ils ont vécu, le fait qu’ils puissent s’éloigner du lieu où ils se « réveillent » chaque matin pour aller ailleurs. C’était à la fois original et très bien pensé et ça a permis à l’auteur de décrire des réactions vraiment très naturelles pour tous les personnages. Ici, chaque personnage passe par différents stades avant d’accepter vraiment que oui, c’est vrai, ils sont coincés dans cette boucle temporelle jusqu’à ce qu’ils décident de voter pour celui qui doit survivre. Moi qui pensais au départ me lancer dans un livre sur le deuil, je n’ai pas pu m’empêcher de reconnaître les différentes étapes du deuil dans les réactions des personnages, ce que j’ai trouvé vraiment très bien fait.

L’un dans l’autre, j’ai dévoré ce roman parce que j’avais vraiment hâte de connaître le fin mot de l’histoire (Jim s’est-il vraiment suicidé ? Pourquoi ? Et lequel des cinq va sortir du Neverworld ? Comment?). Je n’avais pas vu venir les révélations finales – même si je les ai trouvées superflues et qu’elles ne m’ont pas vraiment fait d’effet wow.

En bref, ce roman est pour vous si vous aimez les intrigues au sein d’un groupe d’amis, les boucles temporelles bien faites et les révélations incroyables à la fin des romans !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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