Greta : relation toxique...

11/10/2019

Titre : Greta

Réalisateur : Neil Jordan

Avec : Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe, ...

Genre : Thriller

Durée : 1h38

Nationalité : États-Unis, Irlande

Sortie : Juin 2019, Octobre 2019 en format physique

Résumé : Quand Frances trouve un sac à main égaré dans le métro de New York, elle trouve naturel de le rapporter à sa propriétaire. C’est ainsi qu’elle rencontre Greta, veuve esseulée aussi excentrique que mystérieuse. L’une ne demandant qu’à se faire une amie et l’autre fragilisée par la mort récente de sa mère, les deux femmes vont vite se lier d’amitié comblant ainsi les manques de leurs existences. Mais Frances n’aurait-elle pas mordu trop vite à l’hameçon ?

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Il est compliqué de parler de relations toxiques, qu’on en ait vécu une ou non. Ceux qui n’ont jamais fait face à ce genre de tourments ne peuvent qu’imaginer se voir détruire petit à petit par une personne et ceux qui ont dû faire face à cela peuvent mettre des années à se reconstruire face à ce genre d’exactions. Le cinéma ne s’est pas privé pour aborder la figure du pervers narcissique et c’est sur ce point que l’on va se consacrer quand on va aborder Greta.

Car le personnage éponyme a tout de la mère destructrice, étouffante et répétant ad nauseam le même cycle de destruction affinée de personnalité sur des jeunes femmes qu’elle attire par la pitié. Isabelle Huppert livre alors une prestation intéressante, tout aussi efficace quand il s’agit de la vieille dame éplorée et abandonnée que de la figure de terreur proche de l’araignée insatiable. Il y a quelque chose de particulier, presque grand guignol, dans sa gestion du personnage, en particulier dans la deuxième moitié du film. La terreur qu’elle amène tourne à un absurde qui ne néglige en rien un malaise ambiant efficace.

Cette confrontation destructrice entre elle et Frances (Chloé Grace Moretz, impeccable) tourne à une lutte maternelle relativement angoissante, où l’horreur se cache aussi bien dans la quiétude d’apparence du quotidien. Neil Jordan arrive à cadrer ce sentiment d’inquiétude ambiant, autant par le regard d’une jeunesse livrée à la solitude urbaine qu’à un besoin de reconnaissance sociale et d’appartenance. Face à cela, il est bien évident qu’un être qui fait croire à ces mêmes besoins puisse agir en toute impunité.

S’il n’évite pas quelques sursauts proches du grotesque, Neil Jordan arrive à tenir la paranoïa de son intrigue, sans le talent de ses plus grandes œuvres mais avec assez de réussite pour faire fonctionner le tout avec une certaine efficacité. Ce dernier terme caractérise également le disque fourni par Metropolitan, aussi bien dans ses aspects techniques que pour ses suppléments, consistant en des scènes coupées, un making-of ainsi que les bandes annonces.

S’il peut paraître mineur dans la filmographie de Neil Jordan, « Greta » se révèle assez réussi, parvenant à provoquer un certain divertissement tout en narrant une histoire tout aussi malaisante que la figure qu’elle montre, qui n’est pas un simple monstre de cinéma de genre : c’est un mal destructeur, impitoyable et œuvrant chaque jour dans le quotidien de nombreuses personnes. Ou comment transformer Isabelle Huppert en monstre de la réalité.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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