J'irai où tu iras : pas fou

08/10/2019

Titre : J'irai où tu iras

Réalisateur : Géraldine Nakache

Avec : Géraldine Nakache, Leïla Bekhti, Patrick Timsit, Pascale Arbillot, Célia Pilastre, Romain Francisco, ...

Genre : Comédie

Durée : 1h40

Nationalité : Français

Sortie : 2 octobre 2019

Résumé : Vali et Mina sont deux sœurs que tout oppose, éloignées par les épreuves de la vie. L’une est chanteuse, rêveuse et émotive. L’autre est thérapeute, distante et rationnelle. Leur père aimant finit par trouver l’occasion rêvée pour les rassembler le temps d’un week-end et tenter de les réconcilier : Vali a décroché une audition à Paris et c’est Mina qui va devoir l’y emmener malgré son mépris pour la passion de sa sœur.
C’est une histoire de retrouvailles, une histoire d’amour entre deux sœurs, l’histoire d’une famille qui s’aime mais qui ne sait plus se le dire.

Géraldine Nakache a fait son grand retour en tant que réalisatrice le 2 octobre dernier. Après Tout ce qui brille en 2010 et Nous York en 2012 avec Hervé Mimran, elle revient cette fois seule aux commandes, mais toujours avec sa compère des deux premiers films, sa « sœur » comme elle le dit elle-même : l’actrice césarisée Leïla Bekhti. Et le film a été nommé J’irai où tu iras, en hommage à Céline Dion dont elle se dit fan ultime (et qu’elle imitait déjà il y a 9 ans dans son premier film). Cependant, si le film est meilleur que l’échec que l’on appelle Nous York, il reste très loin du niveau de Tout ce qui brille

Dès les premières minutes, le film s’annonce comme un cliché des comédies françaises et dès le début, on devine déjà la fin. On enchaîne les petites vannes qui ne font pas mouche (au cinéma, personne n’a ri une seule fois). Pour vous donner un exemple, alors qu’elle est en voiture avec son père (Patrick Timsit), le personnage de Vali (Géraldine Nakache) s’inquiète de la santé de René, le mari de Céline Dion. Elle lui demande s’il pense qu’il va s’en sortir. Son père répond oui mais fait non de la tête. 

Vali : T’as dit non. 

Papa : Mais non. On fait ce geste quand on se sèche les cheveux.

Vali : Mais là, tu te sèches pas les cheveux.

Papa : Bah parce que j’ai pas de séchoir ! 

Non, juste non. Comme dirait l’autre, les calculs sont pas bons. Ce n’est pas drôle du tout et c’est limite gênant. D’ailleurs, plusieurs scènes comme ça, se voulant être des gags, sont inutiles au possible et ne font même pas sourire (la scène du plan vigipirate, la scène de la fille topless, …). Ces scènes n’apportent strictement rien au scénario. On dirait qu’on a essayé de combler des trous. Si à la rigueur, c’était drôle, pourquoi pas ? Mais là, en plus de ne servir à rien, on reste stoïque. 

Les retrouvailles de Géraldine Nakache et de Leïla Bekhti se font désirer. On fait monter la tension et ça, c’est un vrai plus. On se dit alors que ce moment tant attendu ne fera que plus plaisir. Et même si au final, elles se font de manière très simple, on ressent toujours un petit pincement lorsque ça arrive. Leur complicité et leur alchimie sont toujours là et font chaud au cœur. D’ailleurs, l’un des points forts de ce film, c’est le jeu d’acteur des 3 personnages principaux. J’ai été agréablement surprise par Patrick Timsit dans le rôle touchant d’un père veuf qui essaie de réunir ses deux filles. Dans ce film, on retrouve aussi Jeanne Ferron, la fameuse voisine bavarde et commère de Tout ce qui brille. Ici, elle fait un petit caméo en tant que gardienne de l’appartement où vit Mina (Leïla Bekhti). Une présence inutile mais qui montre l’envie de recréer l’univers du premier film de Nakache. La scène de dispute entre Vali et Mina ressemble fortement à celle entre Eli et Lila (« Moi il m’a dit qu’il m’aime, moi ! Moi, il m’aime, moi ! Il m’aime ! »). Et heureusement que c’est la même réalisatrice sinon on aurait pu crier au plagiat tant la scène, les dialogues, les intentions et les expressions du visage sont presque identiques. 

L’autre point de fort de J’irai où tu iras, ce sont ses scènes d’émotion. Et ça rejoint le premier point fort : les trois acteurs (Nakache-Bekhti-Timsit) sont si forts qu’ils nous font presque oublier qu’ils jouent. Et j’ai eu les larmes aux yeux à chacune de leurs scènes les plus puissantes. De plus, à travers la caméra, on sent tout l’amour que Nakache porte à Bekhti. Elle la met en avant et elle l’embellit. Elle laisse s’exprimer tout le talent de sa sœur de cœur à la vie, sa sœur de sang à l’écran. Et c’est drôlement réussi et c’est même absolument adorable de voir une personne en aimer une autre comme ça. Au point de faire un film mais de choisir de la pousser elle devant l’écran. 

En revanche, ce qui a fait la force de Tout ce qui brille, c’était aussi le reste du casting. Audrey Lamy, évidemment, était incroyable et volait la vedette aux deux complices à chacune de ses scènes. Mais Virginie Ledoyen et Linh-Dan Pham étaient également magistrales et leurs personnages extrêmement réussis. Ici, mis à part les trois personnages principaux, tout le reste du casting est raté. Les personnages sont farfelus, complètement perchés et sont même légèrement ridicules. Personnellement, je n’aime pas quand les films ou dans les séries, il y a pléthore de ce genre de phénomènes parce que déjà, ce n’est pas drôle, c’est juste gênant. Et en plus, ce n’est pas crédible. Aucun de ces personnages n’est réaliste. Et puis le besoin qu’a Géraldine Nakache de rajouter un personnage âgé dont l’une des deux prend soin et auquel elle est attachée, c’est un peu (beaucoup) pathos. Déjà dans Nous York, son personnage s’occupait d’une dame âgée. Ici, c’est le personnage de Leïla Bekhti, médecin, qui est prise d’affection pour l’un de ses patients. C’est inutile au possible et comme je l’ai dit, complètement pathos. 

En fait, je pense que la raison pour laquelle Tout ce qui brille est si fort et si réussi, c’est parce que l’histoire et les personnages leur ressemblaient. Là, bof. Déjà, on sent que Nakache a voulu inverser les rôles parce que peut-être que pour elle, c’était plus intéressant de changer mais ça ne marche pas beaucoup. Ici, elle est celle qui est extravertie et sociable tandis que Bekhti est plus terre-à-terre et plus antipathique. Et puis l’histoire ne leur ressemble pas et les personnages non plus. Il est vrai que pour un acteur, il est plus intéressant de s’éloigner au maximum de sa zone de confort (Leïla Bekhti est la première à le dire en interview). Mais un minimum de réalisme et de vécu auraient été bienvenus et, je pense, auraient fait la différence. 

Au final, c’est un film sympa, bien mieux que Nous York mais très loin derrière Tout ce qui brille. Il n’y a pas énormément d’action mais la complicité des deux actrices est toujours là et fait plaisir à voir. Leur acting est d’ailleurs toujours aussi réussi. Leïla Bekhti est définitivement l’une des meilleures actrices de sa génération. Le film est peut-être un peu trop court et le dénouement beaucoup trop rapide. Mais on passe un bon moment. 

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Passionnée par les sushis, j’ai appris à maîtriser l’art de sa dégustation en regardant mes séries télé préférées. Entre deux makis, je m’intéresse aussi à l’univers d’Harry Potter, de Disney, au cinéma et au voyage. Sinon, est-ce que je vous ai dit que j’aimais les sushis ?
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