Jumanji : que la partie commence !

30/10/2019

Titre : Jumanji

Réalisateur : Joe Johnston

Avec : Robin Williams, Bradley Pierce, Kirsten Dunst, ...

Genre : Comédie, aventure

Durée : 1h40

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1996

Résumé : Lors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la partie et le libèrera sur un coup de dés. Vingt-six ans plus tard, il retrouve le monde réel par le coup de dés de deux autres jeunes joueurs.

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Tous les enfants des années 90 sont passés un jour ou l’autre devant le film de Joe Johnston. Il fait ainsi partie de ces classiques, pour certains jeunes adultes, plus proches de l’adolescence rêveuse que de la fausse maturité que la société peut nous imposer. Et force est de constater qu’il est toujours un divertissement largement recommandable.

D’abord, il faut souligner le travail de Johnston, artisan de qualité qui aura su offrir des titres très bien troussés (son « Captain America : First Avenger » reste parmi les meilleurs titres du Marvel Cinematic Universe), influencé par le travail de Steven Spielberg. On ressent ainsi une certaine jubilation à mettre en scène les différents niveaux du jeu et ses différentes créatures. Et si l’on peut reprocher des effets numériques assez reconnaissables dans leur nature factice, certaines théories soulèvent que cela reste cohérent avec leur provenance d’un monde imaginaire et donc leur statut irréel. On laissera la personne lisant cet avis se faire le sien sur la question…

Mais si l’on répète souvent la gestion très amusante des niveaux du jeu, le drame qui se cache derrière chaque protagoniste s’avère assez intéressant. Commençons par les enfants, forcés par leur participation au jeu à faire face, chacun à leur manière, à la perte de leurs parents. Leur place d’orphelins apporte une certaine tristesse à leur sort et appuie sur la crainte adoptée par leur tante. Même si ce n’est pas le point central du film, la présence de cela en arrière-plan apporte un peu plus à ce frère et sa sœur.

Le chemin de croix le plus mis en avant reste celui d’Alan Parrish. L’horreur de son expérience, malgré une forme de résolution dans le final, soulève un point que la société nous impose : être adulte (du moins, ce qui est normé comme tel) le plus rapidement possible. Cette pression sociale est tellement forte qu’elle relève de la destruction psychologique et dans un sens, le film l’exprime symboliquement.

Mais cette crainte de l’âge adulte s’accompagne d’une autre peur : celle de répéter les mêmes erreurs que la génération précédente. Le fait que le chasseur soit interprété par le même acteur que le père d’Alan n’est pas une simple coïncidence : ce double qu’il doit affronter, ce chasseur qui veut absolument l’atteindre, c’est cette image d’une respectabilité sociale dans laquelle il ne veut pas s’inscrire. En affrontant ce chasseur, Alan fait face au fait que s’il doit être adulte, ce n’est pas en fondant dans le même moule que celui qui tente de le façonner comme lui.

C’est ce cœur présent dans la mécanique narrative de Jumanji qui lui évite de grincer et atteint, en plus de revoir un Robin Williams toujours aussi brillant. Il y a donc de quoi prendre un plaisir non feint à revoir ce film, madeleine de Proust toujours aussi savoureuse.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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