Notre part de cruauté (Araminta Hall)

12/10/2019

Titre : Notre part de cruauté

Auteur : Araminta Hall

Editions : Préludes

Prix : 17,90€

Parution : 4 septembre 2019

Nombre de pages : 448 pages

Genre : Thriller psychologique

Résumé : Leur histoire d'amour est terminée.
Le jeu ne fait que commencer.
Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu'au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l'amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s'est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu'ensemble ils connaîtront le bonheur.
Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels.
Peu importe qu'elle soit mariée à Angus.
Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l'habitude de jouer.
Le suspense psychologique pervers sur le désir, l'obsession, les histoires qu'on se raconte et celles qui nous font basculer.

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Je remercie les éditions Préludes pour l’envoi de ce roman. Au vu du résumé, je m’attendais à lire quelque chose qui implique un « jeu psychologique » assez profond entre deux personnes. Au final, ce n’est pas tant cela qu’un roman sur la maladie mentale que nous propose l’auteure… Enfin, du moins c’est ce qu’on croit jusqu’à la lecture de la postface, totalement aberrante et saugrenue, et qui « casse » tout ce qui a été construit durant les 435 pages précédentes.

Déjà, en lisant la 4e, on s’attend à trouver dans ce livre le point de vue des deux protagonistes principaux (ou qui semblent l’être), à savoir Verity et Mike. Mais en fait il n’en est rien : nous sommes, du début à la fin, plongés dans la tête de Mike, et seulement Mike. À partir de là tout l’enjeu du roman est de savoir si c’est lui qui fabule totalement tout ce qui arrive ou si cela fait réellement partie du « Jeu » entre V. et lui. Cependant, il faut reconnaître qu’avec ce procédé à narration interne du point de vue d’un seul personnage, il est difficile de penser autre chose que « ce qui saute aux yeux », à savoir que Mike est totalement dérangé. L’auteur n’installe en fait pour moi pas de réelle ambiguïté quant à la situation… enfin, si elle croit y être parvenue, ça n’a pas du tout pris avec moi. De plus, j’ai également un problème avec la fin car ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, en général dans ce type de roman, tout prépare un gros rebondissement final, un gros retournement de situation, mais clairement ça n’a pas été le cas ici.

Il y a un autre problème, qui pourra être un gros obstacle pour certains, à savoir que ce livre est censé être un thriller psychologique mais il ne l’est pas du tout : clairement, l’auteure explore totalement la psychologie du personnage mais à aucun moment ne se rapproche vraiment du thriller. Mais je peux personnellement passer au-dessus car j’aime beaucoup ce genre de romans, très psychologiques, qu’ils soient axés sur le thriller ou pas.

Non, ce qui m’a le plus dérangée dans ce livre, c’est sa postface, et ce pour deux raisons. Déjà, le ton très prétentieux qui en ressort : l’auteur aborde le processus créatif mais elle en parle de la façon dont en parlerait un grand auteur aguerri, avec de nombreux romans à son actif, ce qui n’est en rien son cas puisque c’est seulement son second livre si je ne me trompe pas. Pour moi elle n’a pas à donner ce genre de leçon, c’est vraiment très hautain et malvenu de sa part. Et ensuite, je n’ai absolument pas adhéré à l’explication qu’elle donne quant à la raison d’être de ce roman, raison opportuniste et « facile » à l’extrême, qui veut clairement surfer sur des thèmes actuels mais qui pour moi tombe comme un cheveu sur la soupe  (SPOILER : en gros, l’auteur soutient avoir écrit avec « Notre part de cruauté » un roman féministe, qui dénonce les inégalités, le sexisme et le patriarcat). C’est totalement hors-sujet et donc énervant au possible car pour moi, ça n’est pas du tout représentatif du livre et de ce qu’il aborde.

Pour le reste, parmi les choses que j’ai appréciées, il y a le fait que, bien que la plume ne présente rien d’exceptionnel, ça se lit vite et ça reste prenant (même si assez répétitif et avec une « intrigue » un peu inexistante et qui tourne en rond, mais étonnamment ça ne m’a pas dérangée). J’ai aussi vraiment aimé l’ambiance présente tout au long de la lecture, pesante et malaisante à souhait. Le personnage principal est très dérangé, et ça se ressent à chaque instant. À titre personnel il m’a beaucoup fait penser à une version « light » de Patrick Bateman, du roman American Psycho.

En bref, si vous vous attendez à lire un thriller, passez votre chemin. Si par contre vous appréciez les romans qui explorent en profondeur la psychologie de leurs personnages tout en ne proposant pas des rebondissements et de l’action à gogo, celui-ci est fait pour vous. Dans tous les cas, préparez-vous également à un risque de déception, voire d’énervement à la lecture de la postface…    

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Petite belge âgée de 26 ans, je passe mon temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries. En tant que fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’adulescente. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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