Chanson de la ville silencieuse - Une errance pour le lecteur

14/11/2019

Titre : Chanson de la ville silencieuse

Auteur : Olivier Adam

Editions : J'ai lu

Prix : 7,40€

Parution : 21 août 2019

Nombre de pages : 256 pages

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : «Je suis la fille du chanteur. La fille seule au fond des cafés, qui noircit des carnets. La fille qui se perd dans les rues de Paris au petit matin. La fille qui baisse les yeux. Je suis la fille dont le père est parti dans la nuit. La fille dont le père a été déclaré mort. Celle qui prend un avion sur la foi d’un cliché flou. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l’Alfama. Qui guette un musicien errant, une étoile dépouillée d’elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. La fille qui traverse les jardins, que les vivants bouleversent, que les mots des autres comblent, la fille qui ne veut pas disparaître.»

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En quête de ses origines, la narratrice part à la recherche de son père déclaré mort. Pas après pas, ville après ville, elle erre avec un but précis qui est de renouer avec une enfance qu’elle n’a pas vécue.

Car fille de chanteur, l’innocence des premiers âges de la vie lui a été refusée. A la place d’une famille aimante, accomplie, ses souvenirs sont hantés par la folie d’un père dépravé et d’une mère fuyante. Sa mémoire lui fait défaut, elle ne parvient pas à retrouver les beaux moments accomplis, seule frappe aux yeux la solitude de son passé, et, par ricochet, celle d’aujourd’hui.

Portée par une écriture dense, à la fois sombre et douce, tranchée et longue, cette narratrice paraît insaisissable et son errance nous perd. Fidèle à ses thèmes fétiches, jamais très loin de l’histoire de ses personnages qui souffrent comme des âmes en peine, Olivier Adam joue avec les secrets, les amours ratés et nous livre un récit décousu, cherchant à perdre le lecteur comme son héroïne déchue.

Le portrait de cette jeune femme – perdue dans le vide de son histoire familiale – n’est pas sans rappeler la jeune Elise et sa lutte effrénée pour retrouver son frère disparu. Les romans d’Olivier Adam se font écho, s’appellent et se répondent, comme pour poursuivre une quête éternellement inachevée de l’amour familial.

Toute cette noirceur, cette absence de repères, plongent le lecteur dans une ambiance lourde. Comme les personnages, il se sent désorienté, ne sachant contre quoi se battre, qui poursuivre. Et, contrairement à Je vais bien, ne t’en fais pas, la résolution de l’intrigue est décevante puisqu’intrigue initiale il n’y avait pas.

La plume rythmée, littéraire et ciselée de l’auteur ne suffit malheureusement pas à concentrer l’attention du lecteur dans une histoire dont on ne voit pas le bout. Les amoureux d’une langue musicale seront ravis, ceux d’une histoire rocambolesque beaucoup moins. Dommage !

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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