F20 (Anna Kozlova)

17/11/2019

Titre : F20

Auteur : Anna Kozlova

Editions : Stéphane Marsan

Prix : 18,00 €

Parution : 11 septembre 2019

Nombre de pages : 224 pages

Genre : Contemporain, tranche de vie

Résumé : « Je n'ai pas d’avenir. Tout ce que la schizophrénie a à me proposer, je le connais déjà. Je ne rencontrerai jamais d’homme, je n’aimerai personne, je n’aurai jamais d’enfants. Dans le meilleur des cas, j'adopterai un doberman. Puis mon doberman crèvera. Voilà ce qui m’attend. »

Youlia et Anioutik voient le jour dans une famille moscovite pour le moins dysfonctionnelle. Quand leur mère ne passe pas ses journées au lit, elle est prise d’un irrépressible besoin de faire de l’aérobic. Leur père prend le large avec sa maîtresse, leur beau-père s’installe sous leur toit avec son chien aussi timbré que lui. Dans cette atmosphère chaotique où tout se soigne à coups de vodka, les deux adolescentes ont du mal à pousser droit. À commencer par Anioutik, la cadette, qui est diagnostiquée F20 : schizophrène. Lorsque sa sœur aînée se rend compte qu'elle souffre du même mal, elle est prête à tout pour échapper à son sort. Youlia ne veut pas du simulacre de vie qu'on réserve aux fous. Elle, elle veut vivre à tout prix.

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Je remercie les éditions Stéphane Marsan pour l’envoi de ce livre. Étant diplômée en psychologie, tout ce qui touche aux maladies mentales dans la littérature a tendance à m’intéresser, c’est pourquoi je me suis tournée vers ce livre. Cependant, même si l’histoire nous met efficacement dans la tête d’une personne atteinte de schizophrénie, je n’ai malheureusement pas accroché à cette lecture.

En ce qui concerne le positif, je dirais que l’auteure parvient effectivement à nous faire prendre conscience de tous les impacts de cette maladie, que ce soit en ce qui concerne la personne atteinte ou son entourage. On voit bien qu’on est ici face à une maladie « non-linéaire », qui part un peu dans tous les sens. Il n’y a pas de traitement unique, les médicaments sont propres à chaque personne en fonction de la nature de leur schizophrénie. Il y a une alternance entre les bons jours, où la personne semble presque « normale », et les mauvais, synonymes de crises, scarifications, hallucinations, etc. Le tout est exposé sans jugement aucun, et pour ça bravo à l’auteur.

Cependant, même si l’auteure trouve un juste et bon équilibre en ce qui concerne la maladie, j’ai eu du mal avec plus ou moins tout le reste. Un terme précis me vient à l’esprit pour résumer, de manière générale, cette histoire : too much. C’est négatif de A à Z, il n’y a pas l’ombre de la moindre petite lueur d’espoir et ça renvoie une image particulièrement négative de la Russie, comme si tous ses habitants étaient en quelque sorte dérangés (je sais pertinemment que ce n’est pas le cas mais c’est vraiment l’impression que ça donne). Moi qui hésitais déjà à demander ce livre à cause du lieu où son histoire prenait place…

Le problème, toujours dans l’esprit du too much, c’est qu’il est très difficile voire même impossible de s’attacher à qui que ce soit dans cette histoire. Absolument tous les personnages, sans exception, ont un problème, et pas un petit. Youlia, sa sœur et leur beau-père sont atteints de schizophrénie. La mère de Youlia est dépressive, le père quant à lui couche à tout va et change de petite amie comme de chemise. Le petit ami de Youlia ainsi que sa grand-mère sont alcooliques (tout comme plusieurs autres personnages d’ailleurs). Et je pense que je vais m’arrêter là même si je pourrais continuer comme ça pour chaque personnage. Vous l’aurez compris, on peut difficilement adhérer à l’idée selon laquelle une personne a autant de malchance dans son entourage, il n’y a pas un seul point positif ici et ça fait perdre toute crédibilité à l’histoire.

Enfin, je pense avoir été trompée par le résumé. Pour moi, celui-ci sous-entendait qu’on assisterait à une évolution quelconque en ce qui concerne Youlia. « Elle est prête à tout pour échapper à son sort » : me concernant, ça sous-entend une certaine prise en main, une action, bref quelque chose. Or, on est ici typiquement face à un récit « tranche de vie » mais où absolument rien n’a changé entre la première et la dernière page, en soi ça ne nous apporte rien et c’est vraiment très frustrant.

En gros, si je devais recommander ce livre, ce serait pour le portrait qu’il fait de la schizophrénie. Par contre, pour tout le reste, vous pouvez malheureusement passer votre chemin.

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Petite belge âgée de 26 ans, je passe mon temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries. En tant que fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’adulescente. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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