Le Mans 66 : Matt Damon et Christian Bale au cœur de la course

21/11/2019

Titre : Le Mans 66

Réalisateur : James Mangold

Avec : Matt Damon, Christian Bale, Caitriona Balfe, Josh Lucas, Noah Jupe, ...

Genre : Biopic, Drame

Durée : 2h32

Nationalité : Américain

Sortie : 13 novembre 2019

Résumé : Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d'excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, envoyés par Henry Ford II pour construire, à partir de rien, une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

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Des courses de voitures dantesques, de l’adrénaline, de la vitesse, de la rivalité mais aussi de l’amitié, voilà une brève description de ce que contient Le Mans 66 (ou Ford vs Ferrari en version originale), le film dramatique biographique mené par le duo sensationnel Christian Bale – Matt Damon. Réalisé par James Mangold (Logan, Walk the Line) d’après le scénario de Jez et John-Henry Butterworth, le long-métrage est basé sur la rivalité entre Ford et Ferrari dans les années soixante. Il retrace l’histoire d’une équipe d’ingénieurs américains conduite par le designer automobile Carroll Shelby, engagé par Ford Motor Company pour construire une voiture capable de battre son concurrent italien aux prochaines 24 heures du Mans.

Un projet qui ne date pas de la veille pour les studios Twentieth Century Fox, puisqu’en 2013 une première ébauche avait été annoncée avec Brad Pitt et Tom Cruise dans les rôles principaux, d’après un script de Jason Keller. Finalement celui-ci est abandonné, un nouveau scénario est rédigé et les rôles de Carroll Shelby et Ken Miles sont respectivement confiés à Matt Damon et Christian Bale.

Inspiré de cette histoire vraie, le film se déroule dans l’atmosphère des années soixante. A cette époque, la Ford Motor Company fait une proposition de rachat à Ferrari. Enzo Ferrari refuse l’offre lorsqu’il apprend que celle-ci inclut la reprise par Ford de son programme de course : Scuderia Ferrari, qui venait justement de remporter les 24 heures du Mans (course d’endurance de voitures de sport organisée depuis 1923). Henry Ford II entreprend alors de monter sa propre division ayant pour mission de développer une voiture de course capable de battre celle de Ferrari aux prochaines 24 heures du Mans de 1966. Il recrute, dans ce but, une équipe d’ingénieurs et de designers automobiles, dont l’ancien champion Carroll Shelby (Matt Damon), qui s’associe avec le pilote de course britannique Ken Miles (Christian Bale).

Le récit ne tourne pas seulement autour de la rivalité entre les deux géants de l’automobile. C’est également un récit profondément humain, relatant l’amitié unique de ces deux hommes, Carroll Shelby et Ken Miles. Ensemble, et grâce à leur travail d’équipe, ils vont réaliser leur rêve commun : développer la voiture la plus rapide, la Ford GT40, capable de battre tous ses adversaires, et remporter les 24 heures du Mans. Néanmoins, leur mission n’est pas sans obstacles. En effet, la véritable rivalité au cœur de ce long-métrage est celle entre nos héros et le capitalisme grandissant.

Carroll Shelby est un ancien champion de course automobile reconverti en concepteur pour les quatre roues. Son talent et sa connaissance du métier sont ce que convoitent fortement les hauts placés chez Ford à l’époque. Paré d’un chapeau de cow-boy et de l’accent du sud des Etats-Unis, Matt Damon interprète avec sérénité ce passionné et redoutable businessman.

Pour réaliser le challenge lancé par les équipes Ford, Shelby engage son ami, le pilote britannique Ken Miles incarné par le remarquable Christian Bale. Matt Damon est convaincant dans ce film mais Christian Bale en est le point fort et le pilier central. Le britannique joue sur les maniérismes et un langage corporel particulier, un corps en mouvement constant à l’image des véhicules qu’il conduit. Son corps est un outil essentiel, inlassablement traumatisé ou épuisé par la violence et l’endurance de la course (l’acteur a dû perdre le poids pris auparavant pour son rôle de Dick Cheney dans Vice). Des détails subtils complétant le portrait d’un homme dont l’histoire et le nom n’ont pas été reconnus à leur juste valeur.

Ken Miles est un impulsif, passionné et brillant conducteur. Il a déménagé en Californie à la recherche d’un nouvel horizon, accompagné de sa femme interprétée par l’excellente Caitriona Balfe et de son fils (Noah Jupe : Wonder, Sans Un Bruit) tout aussi passionné que lui par la course. Pourtant, son nouveau départ n’est pas aussi merveilleux que ce qu’il imaginait. Couvert de dettes, il ne parvient pas à rentabiliser son atelier de réparation qui ne tarde pas à être saisi.

Au final, Ken est le personnage central du film : on suit sa vie personnelle, son amitié avec Shelby, sa passion, son rêve, ses déceptions comme ses accomplissements. Attachant et acharné du travail, il connaît les quatre roues dans les moindres détails et son intuition à leur égard ne le trompe jamais. Il ne vit que pour cela. Néanmoins, son impulsivité lui fait parfois défaut, notamment face aux responsables de Ford. Le pilote n’est pas prêt à se plier à leurs directives, il fait les choses comme il l’entend. Un esprit loin de coller avec les perspectives d’avenir de Leo Beebe, nouveau haut dirigeant de l’entreprise Ford.

La performance de Christian Bale est éblouissante et se démarque du tout. Le calme et la décontraction adoptés par Matt Damon laissent une place prépondérante à l’énergie de Bale, explosif dans ce rôle de pilote. La relation des deux hommes, menée par l’alchimie parfaite des deux acteurs, porte le film. Le duo Bale-Damon fonctionne à merveille, à la fois énergique et attachant, passant des coups de poing à l’accolade en un claquement de doigts. Les attitudes des deux acteurs donnent au film une dose d’énergie lorsque l’attention n’est pas sur la piste de course.

Les rôles secondaires sont loin d’être en reste. Tracy Letts interprète un Henry Ford Jr inconscient des réalités derrière son entreprise, accompagné de son redoutable et détestable assistant Leo Beebe, prêt à tout pour l’image et le business. Ces deux hommes représentent le grand mal au centre du scénario, barrant constamment la route de nos deux passionnés : le capitalisme.

Mollie, la femme et plus fervente supportrice de Ken Miles, interprétée par Caitriona Balfe, apporte un peu de féminité dans ce film et monde d’hommes, brillante dans chacune de ses scènes malgré le peu de matière qui lui a été donné. La plus marquante selon moi étant celle de sa dispute en voiture avec son mari à propos de ses choix. Une scène qui nous rappelle les risques que Ken prend à chaque nouvelle course. Le jeune Noah Jupe, remarqué dans Sans un bruit l’an passé, incarne quant à lui le fils du pilote britannique, très proche de son père dont il est le premier fan.

La réalisation de James Mangold est extrêmement efficace. Il a fait le choix de faire le tout sans trucages, de façon à être le plus réaliste possible. Une expérience immersive pour le spectateur, placé comme passager de la course automobile par ce style unique de réalisation adopté. Il suit le pilote au plus près, ressent ses émotions, ses doutes.

Les deux courses représentées (Daytona et Le Mans) sont travaillées minutieusement, dans des décors surprenants de réalisme. En effet, le réalisateur de Logan capte leur rythme, leurs accélérations, leurs accidents, mais aussi leur aspect émotionnel pour le pilote, sa famille ou les équipes présentes. Ces séquences tournées vers la course sont saisissantes, épiques et dynamiques, plaçant le sport au centre de l’attention sans oublier de rappeler la présence du danger constant, tant ce sport est imprévisible -d’autant plus dans les années soixante. Tandis que l’humour et l’émotion ne sont pas oubliés et complètent à merveille le récit de ces deux hommes.

Bien plus qu’une simple représentation de la rivalité entre les deux géants de l’automobile Ferrari et Ford, ou de voir lequel des deux remportera les 24 heures du Mans, Le Mans 66 est le récit de deux passionnés, amis et équipiers. Mené par un duo d’acteurs fantastiques, délivrant tous deux une performance de haut vol et une réalisation efficace, rendant le visionnage immersif pour le spectateur. Le film de James Mangold, basé sur l’histoire vraie de Miles et Shelby et du Mans 66, dépeint l’aventure de deux hommes plongés dans un monde tourné vers le capitalisme : une course intense, passionnante et émouvante.

Un film qui ne s’adresse pas simplement aux passionnés de sport automobile. Loin de porter un certain intérêt à ce sport, je suis sortie de la salle surprise par l’humanité conviée par le long-métrage à ce sport. Les deux heures et demie de celui-ci sont relativement rythmées et il est agréable de parcourir la distance avec ces deux champions.

En conclusion, Le Mans 66 est une histoire d’amitié, d’hommes, de famille, la réalisation d’un rêve sur fond de courses automobiles intenses.

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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