Maléfique : Le Pouvoir du Mal – Une belle suite !

02/11/2019

Titre : Maléfique : Le Pouvoir du Mal

Réalisateur : Joachim Rønning

Avec : Angelina Jolie, Elle Fanning, Michelle Pfeiffer, Sam Riley, Ed Skrein, Harris Dickinson, ...

Genre : Fantastique

Durée : 1h58

Nationalité : Américain

Sortie : 16 octobre 2019

Résumé : Quelques années après avoir découvert pourquoi la plus célèbre méchante Disney avait un cœur si dur et ce qui l’avait conduit à jeter un terrible sort à la princesse Aurore, «Maléfique : Le Pouvoir du Mal » continue d’explorer les relations complexes entre la sorcière et la future reine, alors qu’elles nouent d’autres alliances et affrontent de nouveaux adversaires dans leur combat pour protéger leurs terres et les créatures magiques qui les peuplent.

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Pour Disney, l’année 2019 a été jusque-là marquée par la sortie en salles des remakes de ses grands classiques tels que Le Roi Lion, Aladdin ou encore Dumbo. Le mois d’octobre, quant à lui, signe pour le studio de production aux grandes oreilles le retour de Maléfique, toujours incarnée par la splendide Angelina Jolie.

En 2014, le premier film consacré à la grande méchante de La Belle au Bois Dormant rencontrait un franc succès auprès du public. Pourtant, celui-ci était un pari assez risqué pour Disney, qui faisait le choix de se focaliser sur la « vilaine » de l’un de ses grands classiques. Toutefois, le film ne se contentait pas de raconter l’histoire de La Belle au Bois Dormant du point de vue de son antagoniste, mais apportait un sens inédit à cette histoire, avec le personnage de Maléfique réinventé. Il en faisait une blessée par la vie et non pas une vilaine par nature. Un récit d’une inventivité rafraîchissante. Le succès de ce premier opus a ainsi poussé Disney à développer une suite. Celle-ci voit le jour cinq ans plus tard. Alors, l’attente valait-elle le coup ? Maléfique : Le Pouvoir du Mal (Maleficent : Mistress of Evil en version originale) est-elle une suite digne de ce nom pour la sorcière de Disney ? Pour moi, oui, cette suite est réussie.

A la réalisation de ce second film consacré à la fée noire, Joachim Rønning (Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar) prend la relève de Robert Stromberg pour mettre en images le scénario de Linda Woolverton (scénariste du premier Maléfique, Alice de l’autre côté du miroir, Le Roi Lion de 1994 et Mulan entre autres) et de ses co-scénaristes : Micah Fitzerman-Blue et Noah Harpster. Maléfique : Le Pouvoir du Mal explore encore un peu plus l’univers du conte réinventé de La Belle au Bois Dormant.

Alors que le premier film racontait les origines de Maléfique avant la naissance de la princesse Aurore (Elle Fanning), puis sa rencontre avec cette dernière, le second prend place cinq ans après le couronnement de la princesse. Aurore, sur qui Maléfique continue de veiller, règne à présent sur le royaume de la Lande, filant toujours le parfait amour avec le Prince Philippe. Celui-ci, futur héritier du royaume réunifié, ne tarde pas à la demander en mariage. La nouvelle remonte rapidement aux oreilles de la marraine ailée de la jeune femme, qui ne porte pas vraiment le prince dans son cœur. Bouleversée, elle fait part de sa désapprobation à cette union, la jugeant complètement absurde. Pour elle, les histoires d’amour finissent toujours mal -et encore plus avec des humains. Mais la fée noire devra faire avec car la jeune princesse compte bien rester sur ses positions.

Peu de temps après cette annonce, une rencontre est organisée avec la famille de Philippe, dans leur château. Pour l’occasion, la sorcière tente d’apprendre -plutôt lamentablement, il faut le dire- une certaine forme de politesse dans une séquence assez comique. Avant de se rendre au château, Aurore apporte à Maléfique un foulard pour cacher ses cornes afin de ne pas effrayer la famille royale.

L’arrivée de la fée noire dans le somptueux palais, ainsi que sa rencontre avec la reine Ingrith (Michelle Pfeiffer), ne manquent pas de faire sourire. Ses ailes dénotent dans le paysage. Au cours du dîner, Maléfique commence à fortement douter des intentions de la mère du prince, et la tension s’intensifie entre les deux femmes. Si bien que la marraine d’Aurore perd son calme, usant de sa magie pour s’affirmer. Animosités et magie étant un cocktail explosif, les choses ne tardent pas à s’envenimer, et le roi Jean se retrouve gravement blessé au cours de l’affrontement. Aurore, choquée et déstabilisée, ne reconnaît pas sa marraine dans toute cette fureur. Celle-ci, après un dernier regard à sa protégée, déploie ses larges ailes sombres et s’envole dans la pénombre.

S’ensuivent des événements dévastateurs pour les deux femmes qui se retrouvent séparées. Aurore reste au château avec la famille de Philippe. La reine Ingrith considérant la jeune princesse comme sa nouvelle fille, elle la modèle à son image. Tandis que Maléfique croise le chemin de créatures lui étant semblables, dont Conall (Chiwetel Ejiofor), leader du royaume primitif reclus loin des humains, accompagné de Borra, fervent opposant de la reine Ingrith et plus largement des humains. L’univers du film s’étend ainsi, bâtissant une opposition entre humains et fées noires.

Vous l’aurez compris, une suite assez mouvementée pour le duo d’héroïnes.

Je dois avouer que la première partie du film m’a un peu inquiétée et je me demandais vraiment si l’histoire allait décoller au bout d’un moment. Et la réponse est oui. La deuxième partie est fantastique et change la donne. Certes, l’histoire prend un certain temps à démarrer (ou du moins c’est mon ressenti), mais au fil du temps l’intensité grandit, on sent à chaque minute l’arrivée imminente de la bataille tant attendue. Je dois avouer que j’attendais de voir le résultat de cette fameuse bataille pour me faire un avis total sur cette suite. Et je dois dire qu’elle m’a conquise, à la fois épique, intense, émouvante, elle ne m’a pas déçue au contraire, époustouflante tant visuellement que conceptuellement.

Maléfique : Le Pouvoir du Mal apparaît également comme un film de femmes. Elles sont fortes. Elles ont le pouvoir. Mais, loin d’être parfaites, elles sont, chacune à leur façon, ravagées par une folie plus ou moins dévastatrice. Et qui de mieux pour les incarner que le trio de choc : Jolie-Pfeiffer-Fanning.

Tout d’abord, une chose est sûre, Angelina Jolie était faite pour ce rôle. D’un charisme stupéfiant, l’actrice, dotée d’un maquillage époustouflant (ses pommettes plus saillantes que jamais), transperce l’écran à chaque battement de cils ou regard perçant. Loin de n’être qu’élégante, la fée noire est également très drôle (pas toujours volontairement d’ailleurs), ses petites piques sont savoureuses.

Ce second opus permet d’étoffer un peu plus ce personnage si fascinant. En effet, le premier explorait l’origine de ses blessures, à la fois physiques et morales, ayant entraîné sa descente vers le mal. A présent, celle-ci, munie de ses ailes, continue de veiller sur sa filleule. Le duo qu’elle forme avec la princesse est intéressant du fait de son aspect unique. Ce nouveau film permet d’observer l’évolution de leur relation, à la fois drôle et touchante. Il est d’ailleurs toujours amusant de l’entendre surnommer sa filleule « mocheté » (ou « beastie » en version originale). Pourtant les choses se corsent lorsque la jeune fille lui annonce ses fiançailles avec le prince Philippe. Maléfique ne fait pas confiance aux humains, du fait des blessures qu’ils lui ont infligé dans le passé, ainsi elle a tendance à se refermer, ce qui la pousse à agir de manière extrême et hostile -comme lors du dîner avec la famille du prince. Bien qu’elle semble ici entachée, sa relation si particulière avec Aurore est la clé du film comme de son personnage. En effet, Maléfique n’est en soi ni bonne, ni méchante mais elle a su faire la paix avec les humains en protégeant l’une des leurs. Car oui, son principal but est de protéger Aurore.

Ainsi, il y a ici une réelle opportunité de poursuivre le développement de la méchante Disney. Celle-ci va notamment en découvrir davantage sur elle-même à mesure qu’elle découvre ses semblables aux ailes et cornes.

Face à Angelina Jolie, il fallait un adversaire de taille et qui de mieux pour cela que Michelle Pfeiffer. L’ancienne Catwoman incarne ici la machiavélique reine Ingrith (une méchante un tantinet prévisible), mère du prince Philippe, avec des plans loin d’être remplis de bons sentiments. Un rôle de premier plan pour une Michelle Pfeiffer ici glaciale et convaincante.

Ainsi, la grande question de ce film, notamment au regard de son titre, est de savoir qui incarne réellement « le pouvoir du mal » : Maléfique ou la reine Ingrith ?

Elle Fanning, tout comme son personnage de « mocheté », ont bien grandi depuis le premier film. L’actrice avait seulement quatorze ans à l’époque de celui-ci. Aurore apparaît plus mature et indépendante. Toujours aussi douce, elle n’en est pas moins prête à épouser le prince Philippe qu’elle aime depuis cinq ans. Mais sa rencontre avec la famille du prince, suivie du départ de Maléfique, vont la mettre en proie au chaos.

La jeune femme est à présent plus réfléchie. Je pense notamment à une scène (alors qu’elle vit depuis peu en compagnie de la reine Ingrith qui la transforme un peu plus chaque jour) dans laquelle elle exprime à Philippe son sentiment. Elle ne se retrouve pas sous les tiares, robes épaisses et autres bijoux, ce n’est pas elle. La princesse sait qui elle est, bien plus que l’on aurait pu le penser, et montre qu’elle est une jeune femme indépendante, avec ses propres convictions, maîtresse d’elle-même.

De plus, Aurore peut sembler être un personnage assez fade et enfantin au premier abord mais en vérité, il y a en cette jeune femme une force toute en pureté et douceur. C’est innovant de voir sa force représentée de la sorte et non par exemple par le port d’une armure.

Du côté du reste du casting, Sam Riley n’est malheureusement pas assez présent en Diaval (fidèle compagnon de la sorcière). Ceci est assez regrettable car c’est un personnage attachant, formant un duo fantastique et comique avec Maléfique. La famille atypique qu’il représente avec Aurore et la créature ailée fait partie de ces schémas appréciables chez Disney : trois personnages que rien ne devait unir et qui pourtant sont à présent tout les uns pour les autres.

Quant au prince Philippe (désormais incarné par Harris Dickinson, prenant la suite de Brenton Thwaites), ce n’est toujours pas un personnage réellement passionnant, bien que plus présent que dans le premier film. Il sert avant tout à la trame scénaristique d’Aurore.

Mais cette suite est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages. Parmi eux : Conall, humble, intrépide et héroïque leader d’une communauté de fées noires retranchée loin des humains. Il se lie d’amitié avec Maléfique, qu’il introduit à son peuple. C’est également un fervent défenseur de la paix entre les fées et les humains. A ses côtés, Borra, interprété par Ed Skrein (Alita, Deadpool), est un des chefs de cette communauté de fées noires. Animé par un désir de vengeance, il cherche principalement la guerre avec les humains.

L’opposition entre le bien et le mal est d’ailleurs l’un des thèmes centraux. La question est de savoir qui est le véritable mal (est-ce vraiment ceux vêtus de noir ?).

Tandis que l’on pourrait douter de l’utilité réelle de ce nouveau film, celui-ci se révèle efficace dans la mesure où il élargit l’horizon de ce monde féérique, offrant une comparaison plus ou moins évidente avec notre monde. Et, comme c’est une production Disney, des messages de tolérance et de respect se cachent derrière toute cette féérie. Par exemple, lorsque Maléfique doit cacher ses cornes pour se rendre chez les humains, cela la blesse car elle doit cacher qui elle est. Cette simple image dissimule une morale d’acceptation des autres, et ce avec leurs différences. Des morales plutôt actuelles.

L’aspect visuel est toujours aussi époustouflant, qu’il s’agisse des décors, des costumes, des effets spéciaux. Comme dit plus haut, c’est la scène de la bataille finale qui m’a totalement conquise : visuellement subjuguante, la scène, épique tout comme émouvante, nous en met plein les yeux. Cette séquence d’action, remplie de rebondissements se situant au milieu-fin de l’histoire, est le point culminant. On en vient même à craindre pour l’avenir de certains personnages.

Une autre séquence clé est la scène du dîner, située au début du film. C’est là que tout commence. Elle annonce l’heure des rencontres entre la famille de Philippe et Maléfique. On retrouve pour cette scène tous les personnages principaux de cette nouvelle histoire. Apparaissent clairement, d’une part l’opposition entre Maléfique et la reine Ingrith, et d’autre part celle entre les créatures féériques et les humains. Angelina Jolie et Michelle Pfeiffer sont fantastiques dans cette scène, leur jeu de regards et leurs répliques s’intensifient à chaque seconde de ce dîner menant irrémédiablement à l’implosion de Maléfique, début de la chaîne des terribles événements qui vont suivre.

Néanmoins, parmi les bémols du film -car oui il y en a quand même-, il y a d’abord le scénario, loin d’être surprenant ou aussi inventif que celui du premier. Ce dernier a recours à des stratagèmes bien trop prévisibles. Enfin, il ne faut pas oublier que c’est avant tout une production Disney.

Le peu de temps d’écran de Maléfique -pourtant personnage titre- est à mon goût le bémol principal. Michelle Pfeiffer, la nouvelle grande méchante, semble même avoir plus de scènes que celle-ci. Le personnage de Maléfique n’est alors malheureusement pas assez exploité dans ce film ou du moins pas autant qu’il aurait pu l’être. Enfin, on en voudrait toujours plus, tant Angelina Jolie incarne à la perfection la charismatique sorcière.

De plus, pour ma part, certains personnages semblent un peu moins travaillés ou développés qu’au cours du premier opus, je pense notamment à Diaval qui n’apparaît que très peu.

En conclusion, Maléfique : Le Pouvoir du Mal dépeint des personnages toujours aussi attachants dans ce monde féérique qui s’agrandit. Un pur Disney avec de la magie, de l’humour, de l’émotion et de l’action au programme ! Alors qu’on pourrait se poser la question, ce film n’est, à mon sens, pas de trop, loin de là.

Alors oui, le scénario est plutôt simpliste mais cette suite est pour moi une réussite, elle a le don de divertir et je suis sortie de la salle avec un agréable ressenti.

Une belle suite pour la méchante Disney !

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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