COUNTERFEIT. - Notre Interview avec Sam Bower !

11/12/2019

Il y a un mois, nous avions rendez-vous au Café Charbon pour une interview avec le guitariste du groupe Counterfeit. : Sam Bower ! Paris étant la dernière date de leur tournée européenne avant de retourner en Angleterre finaliser l’album à venir, nous en avons profités pour vous obtenir des infos croustillantes, qui ont parfois données du fil à retordre à ce pauvre Sam !

On vous laisse en juger :

 

Compte- rendu écrit :

Comment c’est créé le groupe  ? 

Déjà Jamie et moi sommes frères. En grandissant, on a toujours joués de la musique ensemble, dans des tenues différentes. Je me souviens que nos voisins avaient une batterie dont ils voulaient se débarrasser. Jamie s’est mis à la batterie quand je devais avoir 3 ans, environ. Quand il s’est lassé, j’ai commencé à en jouer naturellement et lui, jouait de la guitare. 

En soi, on a toujours fait de la musique. Avant, Jamie était dans un groupe avec Roland et Tristan, ils s’appelaient The Darling Buds. J’étais avec eux pour certains concerts. J’ai toujours été assez impliqué dans le groupe, la musique à toujours fait partie de ma vie. Il m’envoyait des trucs, je lui en envoyais aussi. Quand ils ont commencé Counterfeit, ils étaient là, à dire : « Allez, on le fait ! » et ils étaient en studio. 

Les chansons passaient directement de l’étape « écriture » à l’étape « studio ». Ils y étaient tous les week-ends. Ils écrivaient une chanson et allaient directement l’enregistrer au studio. Au début, j’allais les voir quand j’avais le temps. J’habitais au Danemark, à cette époque. Du coup, je prenais l’avion pour les voir le week-end, trainer un peu, je travaillais sur des démos avec eux. Je suivais les progrès du groupe, mais je leur donnais juste un coup de main, à la base. Naturellement, ils ont fait des concerts et ils avaient besoin d’un guitariste supplémentaire, donc, Jamie m’a demandé si je pouvais jouer avec eux et je lui ai répondu : « Oui, absolument. Faisons-le ! ». 

D’où vient le nom du groupe ? 

Je n’étais pas encore avec eux quand ils ont choisi le nom, mais je me souviens en avoir                    parlé avec Jamie. On était tous dans cette période Emo, où il y avait beaucoup de noms comme Panic ! At The Disco. De très longs noms, comme That’s My Jacket Not Yours, ce genre de noms pourris. Vraiment merdiques. Ils y réfléchissaient, mais rien ne leur semblaient bon et d’un coup, Jamie est parti sur Counterfeit. Il disait « J’aime beaucoup ce nom, je le sens vraiment. ». Il n’y a pas une grande histoire derrière, il sentait que c’était émotionnellement connecté avec sa musique et les chansons qu’ils écrivaient. Donc voilà, c’est juste Counterfeit.

Peux-tu nous parler de votre processus d’écriture ? 

Je vais essayer, car c’est très différent à chaque fois. Parfois ça commence juste avec une personne qui se pose avec une guitare acoustique. On joue quelque chose, on chante quelque chose. Pour une des chansons de l’album, on était dans une salle de répétition. On jouait quelques chansons avant d’aller au studio et Tristan s’est mis à faire un truc en Mineur 7, enfin un accord vraiment sympa et on a crée une chanson à partir de ça. En 30 ou 40 minutes, la chanson était créée.

Il y a des moment où ça va venir de Jamie. Quand il est seul, sur son ordi, dans son appartement, sans aucune distraction, il écrit des chansons. Pour ma part, j’ai un MPC et j’essaye de composer avec ça. J’essaie de créer différents trucs, avec différents équipements ou de façons différentes et ça donne des résultats uniques à chaque fois. Donc ça dépends vraiment, mais en générale, les chansons commencent, dans 70 % des cas, avec un rythme de batterie et des vibes.

S’il y a un rythme de batterie sombre, les choses vont devenir brutales, vont s’assembler et devenir de plus en plus entraînantes, ça fixe l’énergie de la chanson. Ensuite vient la guitare. Pas la basse, parce qu’à la guitare, tu as davantage une mélodie. On essaye d’utiliser la basse comme support qui amène de la fluidité au tout. Donc, dans l’ordre : batterie, guitare, puis normalement, la voix et enfin, la basse.

Parfois, Jamie a déjà les paroles de certaines chansons. Par exemple pour It Gets Better, la chanson qui vient de sortir, Jamie avait déjà écrit les paroles depuis un certains temps. Il savait comment l’utiliser et quand l’instrumental est sortie, c’était juste parfait. C’était le morceau parfait. Ça dépends vraiment de la situation. On ne se rassemble pas, en se disant « Allez on écrit une chanson ! », enfin, je sais pas. En ce qui me concerne, j’attends que l’inspiration me vienne. J’ai pas mal de notes audio dans mon téléphone, où je suis en train de marmonner au supermarché.  Donc, ça dépend, vraiment.

Quelles sont vos influences musicales ?

En grandissant, Jamie et moi, avons vraiment eu de la chance. Nos parents travaillaient dans l’industrie musicale, à différents endroits, du coup il y avait beaucoup de musique autour de nous. On est loin du : « Mon père est un fan de rock et ma mère une fan de pop. ». Non, ma mère ramenait des enregistrements à la maison, comme ceux du groupes de rock danois Kashmir. Jamie et moi en sommes tombé amoureux très jeunes. Il y avait pas mal de styles différents qui gravitaient autour de nous. C’était une atmosphère très libre pour s’imprégner de musique. Je pense que ça a beaucoup joué pour notre diversité de styles. On n’a pas grandi en étant obnubilés par ce groupe ou ce groupe ou ce groupe comme source d’inspiration. On écrit comme ça nous vient et comme on veut. Il y a eu beaucoup de classiques et comme je l’ai dit, des groupes comme Kashmir que j’aime beaucoup. En acoustique, c’est très brut. Un groupe anglais, Reuben, qu’on aimait beaucoup en grandissant. Beaucoup de groupe Brit-Pop des années 90, comme Blur, Oasis, ce genre de groupes impossible à rater quand tu grandis en Angleterre dans les 90’s, beaucoup de truc dans la veine de Placebo.

En parlant de genres, était-ce une volonté d’explorer plusieurs genres dans le prochain album ou est-ce venu naturellement ?

C’est venu très naturellement. C’était drôle d’ailleurs, on était devant l’ordi, on écoutait toutes nos démos et c’était dingue de voir qu’on avait plusieurs styles différents. Il y avait des chansons country d’un coté, j’écris de la musique classique aussi. On a toujours fait ça et on adapte ensuite. On écrit avec différent styles, on s’inspire de tout.

Et on cherchait comment faire marcher cet album, du coup. C’était totalement éloigné de ce qu’on avait l’habitude de faire. Tu peux pas avoir une chanson pop à coté une chanson de métal, sauf Muse, qui en sont capable. C’était la chose qu’on voulait voir en studio:  « Comment coller les morceaux ensemble, pour qu’il y ai une certaine continuité ? » et heureusement, on a eul’incroyable Rob Cavallo, qui a travaillé avec Green Day, ou encore  My Chemical Romance. Il nous a apporté ce côté rétro. Ol nous a apporté tellement de matières à utiliser, tout ce qu’il a amassé pendant 15 ans, sinon plus. D’un point de vue sonique, il a été la ligne directrice entre les instrument et le matériel qu’on utilisait, il nous a aidé à tout lier ensemble et être cette colle, en un sens. Pareil pour Rob, il a fait ressortir des choses et a apporté sa propre influence. Ce n’est pas quelque chose qui s’est passé en assit, en disant « Faisons ça ». C’était plutôt, on s’assoit et on dit : « Ne faisons pas en sorte que tout se ressemble » .

Selon moi la chanson It Gets Better est plus Pop que Rock, peux-tu nous expliquer pourquoi ? S’il y a une explication.

 Si on commence par le côté émotionnel de la chanson, ça pourrait être un bon point de départ.  Le 1er album était très centralisé, émotionnellement parlant. Si on prend l’album dans son ensemble, c’était plutôt rapide, plutôt énervé, concentrer sur une chose. On voulait y faire en référence, mais s’étendre niveau émotion : « Pourquoi est-ce que je ressens ça ? », « Quest-ce que je ressens après avoir ressentit ça ? ». Le premier album a été un tremplin pour explorer des thèmes, sous des angles différents.

Avec It Gets Better, le style reste est assez énervé, même si elle n’est pas censé l’être, mais je crois vraiment que ça ira mieux. Je pense que It Gets Better peut exister dans les deux sens, l’un n’annule pas forcément l’autre. Comme les deux côtés d’une même pièce. Avec la production, on a essayés de se pousser afin de voir jusqu’où on pouvait amener tout ça. On a enregistré le 1er album avec deux guitares et un ampli, on est allés au studio et c’était : « Bon, et après ?  ». On enregistre et boum.

Pour celui-ci on a eu beaucoup plus de temps, on a eu plus de matériel à notre disposition et du coup, on a pu se plonger dedans et faire du mieux qu’on a pu. La démo de cette chanson est beaucoup plus Indie, c’est mieux juste avec un accord de guitare et un rythme de batterie plus simple, comme 4 To The Floor. Et du coup, on a pu réfléchir au sens que ça développe, on est passés par tant de formules et de vibes différentes, jusqu’à ce qu’on soit satisfaits du résultat. C’était un gros processus collaboratif entre nous tous, on s’est envoyé la chanson entre nous tellement de fois pour définir sa forme. J’espère que ça explique un petit peu.

Était-ce important d’inclure vos fans dans le clip ?

Oui ça l’était. Ça a toujours été une idée pour nous, depuis le début, avant même qu’on ai des références vidéos, on voulait que ça soit une célébration et de rendre aux gens ce qu’ils nous ont apportés. Je ne dirais pas que cette chanson est un mantra ou un message. C’est plus un moyen de partager les émotions que l’on a et être capable de partager ça avec des personnes qui ressentent la même chose. C’était vraiment important pour nous.

On a été très inquiets aussi ce jour-là, avec tout ça.  L’équipe était inquiéte à l’idée de filmer des gens, ils étaient tous à dire : « Comment on va réussir à avoir une performance authentique de la part des gens ? » et on leur disait : « Nous vous inquiétez pas pour ça, ne planifiez pas tout et laissez les choses se faire naturellement » et c’est ce qu’il s’est passé. Tout le monde s’est détendu et on a capturé le moment. On voulais que ce soit un genre  de documentaire, pas un film. On filmait ce qu’il se passait : on parlait, on faisait ce qu’on voulait et on amener les gens à le faire avec nous.

Est-ce que Lack Of Oxygen est la seule ballade de l’album ?

Ça ne l’est pas, je ne sais pas dans quelle mesure  je peux en parler. Ça n’est pas la seule ballade, il n’y en a pas beaucoup… Il y en a d’autres, peut-être une ou deux. Je m’arrête là, parce qu’on a pas encore la liste des chansons pour l’album, on est encore dans une période de construction. On en joue juste quelques-unes en concert. 

Est-elle inspiré d’une de vos histoires d’amour ?

 Oui, enfin, je veux pas aller trop loin, car pour moi la musique, c’est une question de point de vue. Les gens comprennent ce qu’ils veulent et si on dit ouvertement : « C’est exactement ça, le message de la chanson ! », ça perd un peu de sa magie. Mais oui, c’est assez profond dans les paroles, c’est vraiment dans l’idée d’un manque. Un manque d’oxygène.

Peux-tu nous parler du message de la chanson 11:44 ? Si il y en a un.

Oui, il y en a un. Je veux dire, ça n’est pas de la narration directe, mais il y en a un. On habitait à la maison, à ce moment-là, et il y avait pas mal de choses qui faisaient jaser en politique, beaucoup ne voulaient pas assumer leurs actions et c’est le message prédominant derrière tout ça. Brett Kavanaugh, par exemple, qui a été accusé de choses graves et tout le monde était-là : « Oui, non, qui sait, après tout… » et ça nous a tous mis en colère, vraiment. Donc 11:44  parle des gens qui ne sont pas jugés responsables de leurs actions, du gouvernement et du 1 % qui pensent qu’ils peuvent passer à travers les mailles du filet. Le message est d’encourager les gens de faire en sorte que ça change, de la façon dont ils le voudraient.

Dans The New Insane, il y a des parties qui sont chantée et des parties qui sont plus parlée, c’était important de le faire comme ça pour faire passer le message ?

 Je pense pas qu’on ai vraiment réfléchi à ça, C’est ce qui sonnait le mieux à ce moment-là, c’était plus une intuition, qu’un but.  On ne se disait pas : « On doit parler à ce moment-là » on voulait juste que la chanson reste entraînante, qu’elle reste fraîche pour repandre au mieux le message qu’elle véhicule. C’est ce qu’on voulait faire.

La dernière fois que vous êtes venus à Paris, c’était en 2016, quels souvenirs en gardez-vous ? 

C’était terrible. Aujourd’hui encore, on joue à Paris pour la dernière date de la tournée. C’était exactement la même chose la dernière fois. C’était incontrôlable, c’était notre toute première tournée et c’était le bazar, mais dans sa plus belle version. J’adore le chaos, en général. Il y avait juste ce gars qui ne s’arrêtait pas de faire du crowdsurfing, mais c’était très cool, avec une bonne énergie.

Malheureusement nous n’avons plus de temps, un dernier mots pour nos abonnés ?

Merci beaucoup, c’est Sam de Counterfeit. Merci de m’avoir invité. Allez écouter Counterfeit ! 

Et pour écouter le groupe, pour sûr, on l’écoute ! Trop peut-être ? 

L’équipe de NineHank et That Boring Show remercie Olivier pour cette interview, et Sam, de s’être montré si jovial et sympathique ! 

 

Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionnée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, j’ai vite vite réalisé, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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