J’ai tué Jimmy Hoffa : mémoire fleuve

18/12/2019

Titre : J'ai tué Jimmy Hoffa

Auteur : Charles Brandt

Editions : Les éditions du Masque

Prix : 21,90 €

Parution : 30 octobre 2019

Nombre de pages : 382 pages

Genre : Drame, Thriller, Policier

Résumé : Peindre des maisons, c'est la spécialité de Frank Sheeran, dit L'Irlandais, homme de main de la pègre. La peinture, c'est le sang qui gicle sur les murs quand un homme est liquidé. Américain d'origine irlandaise, il a appris à tuer pendant la Seconde Guerre mondiale. Il entre au service de Russell Bufalino, boss d'une grande famille mafieuse, et devient un solide soutien de Jimmy Hoffa au sein des Teamsters, le très influent syndicat des camionneurs. A l'époque, Bobby Kennedy, ministre de la Justice dédié à éradiquer le crime organisé, qualifiait Hofa d'"homme le plus puissant du pays, après le Président". Lorsque Bufalino ordonne la mort de Hoffa, le 30 juillet 1975, L'Irlandais l'exécute, conscient que son refus lui coûterait sa propre vie. Ce récit est le fruit de cinq ans d'interviews réalisées peu avant le décès de Frank Sheeran en 2003. L'Irlandais livre pour la première fois des révélations fascinantes sur la mystérieuse disparition de Jimmy Hoffa et sur d'autres assassinats tout aussi célèbres dont celui de John F. Kennedy. Un véritable travail d'investigation à travers lequel Charles Brandt nous propose un portrait sombre et haletant rivalisant avec les plus grands romans noirs.

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La première chose qui frappe quand on termine « J’ai tué Jimmy Hoffa », c’est l’impossibilité pour Martin Scorsese de ne pas l’adapter. Les mémoires de Frank Sheeran sont si indissociables du milieu criminel et de la manière dont la violence s’insinue dans la grande Histoire américaine de façon répétitive et inscrite. Ainsi, le destin de ce tueur irlandais ne semble pas se séparer de ce mythe de la pègre et surtout ses « heures de gloire », à un moment où ces criminels semblaient être le plus puissants possible. Difficile en effet de ne pas être scotché par ces souvenirs que l’on dévore tant Sheeran les conte avec une certaine amertume.

On ressent en effet une forme de regret dans les propos de cet homme, tels des échos qu’il ne pourra revivre, l’impossibilité de ne pouvoir modifier certains de ses actes qui semblent l’avoir rongé jusqu’au bout. Les contrepoints historiques amenés par Charles Brand corroborent cette vision, marquée par une forme de noirceur humaine en contrepoint d’un respect profond de Sheeran pour le milieu qui aura su le transformer en vieillard avec les regrets dépeints ici mais qui l’aura épanoui dans ses meilleures années.

Les 382 pages de « J’ai tué Jimmy Hoffa » se dévorent rapidement, nous transportant dans un voyage dans le temps et dans la pègre dont on a du mal à se détacher. On sent le travail approfondi de Brand dans ses entrevues avec Sheeran pour obtenir le plus d’évocation possible, témoignage d’un univers régi par ses propres codes, société dans la société que Bobby Kennedy aura mis au grand jour avec des implications qui auront été fortes. Mais la manière dont Sheeran parle de Hoffa nous brise également le cœur tant on sent que ce stigmate est un regret l’ayant profondément marqué par la manière dont il aborde aussi bien la figure syndicale puissante à l’époque que l’ami plongeant tête baissée dans la reconquête de son trône en dépit des menaces.

Nous vous laisserons donc par vous-mêmes vous immerger dans « J’ai tué Jimmy Hoffa », souvenirs denses emplis de regrets multiples qui en font une lecture oscillant entre la mélancolie et la morosité. Car s’il a tué Jimmy Hoffa, Frank Sheeran en reste un homme meurtri par ses actes jusqu’à la fin et la manière dont Charles Brandt aura rédigé son histoire est tout aussi passionnante que maussade…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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