Last Christmas - La comédie romantique de Noël au rythme de George Michael

16/12/2019

Titre : Last Christmas

Réalisateur : Paul Feig

Avec : Emilia Clarke, Henry Golding, Emma Thompson, Michelle Yeoh, ...

Genre : Comédie, Romance

Durée : 1h43

Nationalité : Américain, Anglais

Sortie : 27 novembre 2019

Résumé : Kate traîne derrière elle une série de mauvaises décisions et erre dans Londres au son des grelots accrochés à ses bottes de lutin, seul emploi qu’elle ait réussi à décrocher dans une boutique de Noël. C’est pourquoi elle n’en croit pas ses yeux quand elle rencontre Tom qui semble voir en elle bien plus que ce qu’elle laisse paraître. Alors que la ville se pare de ses plus beaux atours pour les fêtes de fin d’année, rien ne semblait les prédisposer à nouer une relation. Mais parfois, il suffit de laisser opérer la magie de Noël, d’ouvrir son cœur et d’y croire…

.

La période des fêtes de fin d’année approche à grand pas. Pour l’occasion, une ribambelle de téléfilms ou films sous le thème de Noël sont lancés, pour notre plus grand plaisir. Alors que le catalogue des plateformes de streaming est déjà noyé sous ces types de divertissements, dans les salles obscures c’est Last Christmas qui se présente comme LA comédie de ce Noël 2019. Inspirée par la célèbre chanson du même titre du groupe Wham!, cette comédie de Noël apporte un brin de modernité dans le genre tout en respectant ses codes traditionnels.

Last Christmas est un projet entamé il y a presque dix ans par David Livingstone. Le producteur voulait créer une comédie romantique autour de la chanson culte du groupe Wham!, à la condition qu’Emma Thompson en fasse partie d’une manière ou d’une autre. Finalement, celle-ci en est co-scénariste avec Bryony Kimmings et son mari Greg Wise, mais également productrice et actrice, incarnant la mère de l’héroïne principale. Elle avait fait part de ses idées au chanteur George Michael avant sa disparition. Convaincu par ce que lui avançait l’actrice, il avait été enthousiasmé par le fait d’aborder les thématiques de la précarité et des sans-abris qui étaient des causes importantes à ses yeux. Au final, une quinzaine de ses tubes solo ou avec le groupe Wham! et un titre inédit rythment le film de Paul Feig. Le réalisateur a fait en sorte que ces chansons servent véritablement à suivre l’évolution des personnages et de l’histoire, venant compléter sciemment le tableau proposé.

L’histoire est celle de Kate (Emilia Clarke). Celle-ci est un tourbillon de décisions malencontreuses. Fan de George Michaal, elle travaille à l’année dans une boutique spécialisée dans les objets de Noël où elle doit porter un costume de lutin. Artiste tourmentée, elle a perdu toute affinité avec ses dons -en l’occurrence sa voix- depuis qu’elle a été gravement touchée par la maladie. Elle semble avoir oublié tous ses repères et aspirations. La jeune femme enchaîne les relations sans lendemain, atterrit chez des amis différents chaque semaine, rate auditions sur auditions et commet d’innombrables gaffes avec plus ou moins de conséquences. Elle déçoit en permanence ses amis qui ne savent plus quoi faire pour elle, sa sœur avec qui le dialogue est plutôt compliqué et même sa patronne qui ne retrouve plus en elle l’employée investie des débuts. Bientôt elle se retrouve à traîner sa valise et ses bottes de lutin dans tout Londres, illuminé à l’approche des fêtes de fin d’année, n’ayant nulle part où aller. La seule solution envisageable et la dernière sur sa liste est de retourner vivre chez ses parents.

Alors que sa vie semble être à l’apogée de la catastrophe, sa rencontre inattendue avec le charmant et imprévisible Tom (Henry Golding) va lui permettre d’envisager le verre à moitié plein. Ce mystérieux étranger traverse Londres sur son vélo, danse quand bon lui semble en pleine rue et est bénévole dans le centre des sans-abris du quartier. La jeune femme reçoit de celui-ci des leçons de vie non sollicitées mais efficaces. Cet optimiste voit en Kate ce qu’elle ne voit plus elle-même et tente de l’aider à retrouver un sens à sa vie.

En vérité, ce long-métrage du grand adepte des comédies, Paul Feig (Mes Meilleures Amies, Les Flingueuses, L’Ombre d’Emily), respecte tous les codes des films du genre, mais ne s’en contente pas et apporte un certain brin de modernité à cette magie de Noël. La force du scénario se trouve dans l’ajout de sujets sociaux en arrière-plan, tels que l’immigration, le Brexit et ses conséquences, les sans-abris, dépoussiérant quelque peu ce genre traditionnellement très lisse. Sans totalement tout révolutionner, Last Christmas se révèle être un film de Noël plus proche de la réalité et des difficultés de la vie, avec des personnages imparfaits.

A première vue, Paul Feig propose une comédie romantique classique dans une version idyllique de Londres, où les préparatifs des fêtes de fin d’année sont imminents, cadencés par les tubes de George Michael et Wham!, mais celle-ci n’en retrace pas moins la vie chaotique de Kate, une héroïne loin d’être parfaite. Kate est une jeune femme du quotidien, issue d’une famille d’immigrés yougoslaves et ayant frôlé la mort après être tombée gravement malade, elle ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle veut. Et sa relation conflictuelle avec sa famille n’arrange pas les choses. Dès lors, le fil conducteur de l’histoire est le voyage de Kate vers sa quête pour redonner un sens à son existence, affronter ses doutes, mais également sa reconstruction personnelle et affronter sa vie d’adulte responsable, bien plus que sa romance avec l’énigmatique Tom.

Tous ces éléments rendent ce film extrêmement juste et moderne : même pour une comédie romantique de Noël, rien ni personne n’y est parfait, à l’image de la vraie vie.

Muni d’un scénario habile et d’une mise en scène rythmée, efficace, Last Christmas, sans les éviter totalement, incorpore astucieusement les stéréotypes du genre. Tout en restant relativement classique, l’intrigue ne correspond pas tout à fait à ce à quoi le spectateur s’attend au début du film. A noter que le twist final (certains le verront peut-être plus rapidement que d’autres) est intéressant et change quelque peu la donne, sans en dire davantage pour ne pas spoiler le film. Le résultat nous donne une comédie touchante, drôle, mettant en lumière la tolérance, la solidarité, l’entraide de façon légère en cette période festive, au travers de personnages attachants.

Un autre atout majeur de ce long métrage est son casting lumineux, mené par une Emilia Clarke brillante. Sa spontanéité, ses mimiques et son enthousiasme en font réellement la force principale. La mère des dragons a quitté son trône pour revêtir un costume de lutin de Noël dans lequel on la retrouve à la fois gaffeuse, poisseuse, drôle mais également émouvante. Elle incarne et rend terriblement attachante l’insouciante Kate, cette cynique employée d’une boutique spécialisée pour les objets de Noël en pleine crise existentielle.

A ses côtés, pour jouer son « prince charmant », se tient Henry Golding (Crazy Rich Asians, L’Ombre d’Emily), débordant d’entrain et de naturel. Il interprète le rêveur Tom, aux apparitions tant furtives que dansantes, ayant pour but d’aider l’héroïne à remettre sa vie sur les rails. Il faut dire que l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne à merveille, leur complicité est attendrissante et fait s’attacher le spectateur à leur duo incroyablement positif.

Emma Thompson, que l’on ne présente plus, est ici la matriarche d’une famille dysfonctionnelle que les épreuves de la vie n’ont pas épargnée. Elle a une relation plutôt conflictuelle avec sa fille Kate, avec qui le dialogue est assez compliqué. Son effet sur sa fille est reflété par la sonnerie que cette dernière a attribuée à ses appels téléphoniques : « She Drives Me Crazy » de Fine Young Cannibals. L’actrice est hilarante dans ce rôle de mère yougoslave expatriée et surprotectrice, un tantinet déprimée et au registre musical tout droit venu du pays, relativement particulier. L’avènement du Brexit l’angoisse au plus haut point, effrayée par un retour forcé au pays. Une nouvelle piqûre subtile de rappel à la réalité. Quant à Michelle Yeoh, vue récemment dans Crazy Rich Asians, elle est aussi surprenante dans son rôle décalé de Santa, gérante de la boutique où travaille Kate et obsédée par Noël. Elle livre des échanges tordants avec son employée et chacune de ses scènes fait sourire.

En conclusion, sans complètement révolutionner le genre, respectant ses codes traditionnels, Last Christmas a tout de même le mérite de le moderniser. Une comédie sympathique et sincère sur le fait d’apprendre à surmonter les épreuves de la vie et la solidarité, pour passer un moment tout en douceur à l’approche des fêtes de fin d’année. Un film sur l’espoir et le renouveau, sans oublier une belle romance.

Last Christmas est un divertissement plaisant qui a le don d’être simple, amusant, frais et efficace. Une bonne comédie romantique de Noël dans l’air du temps, sur fond engagé et rythmée par les tubes de George Michael !

.

Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
5 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *