Mission Impossible Fallout : lourdes retombées

24/12/2019

Titre : Mission Impossible Fallout

Réalisateur : Christopher McQuarrie

Avec : Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson, ...

Genre : Action

Durée : 2h27

Nationalité : États-Unis

Sortie : Août 2018

Résumé : Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous…
Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.

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Dans une époque où l’on établit le blockbuster modèle sur la formule super-héroïque avec des copies dans la formule plus ou (souvent) moins maitrisées, la saga Mission Impossible fait un bien fou par son action de qualité et sa manière de se renouveler sans cesse à chaque épisode. Et si nous comptons revenir prochainement sur tous les films dans un futur dossier (teasing quand tu nous tiens), il nous parait passionnant de revenir sur son dernier opus, sorti l’année passée.

En effet, alors que nous parlions de renouvellement, les questions étaient nombreuses sur la portée de cet épisode au vu du retour de Christopher McQuarrie, réalisateur du très bon Jack Reacher mais également de Rogue Nation, volet précédent de Mission Impossible. Qu’attendre en effet quand on voit la manière dont Brian De Palma, John Woo, JJ Abrams et Brad Bird ont su ancrer leur film dans leurs propres questionnements thématiques ? McQuarrie répondra de la meilleure manière en faisant de Fallout une œuvre aux ressentiments autres que Rogue Nation.

On sentait du Hitchcock dans l’épisode d’avant (parallèle amusant quand on voyait déjà que Mission Impossible 2 rappelait beaucoup Les enchaînés), on part ici vers une action plus brute à la Fritz Lang. Si la tension est toujours présente avec un style assez classieux, on sent une plus grande violence ici. Il suffit de revoir la bagarre dans les toilettes pour sentir des coups plus forts, une forme presque de sauvagerie totalement maitrisée par un auteur qui saura apporter une nouvelle touche à son épisode. La mort et surtout sa réflexion de celle-ci planent, que ce soit dès l’ouverture ou bien une scène de fusillade imaginaire touchant encore plus par son rapport à la police française post attentats. Le film y trouve une certaine noirceur qui, si elle se voit ensoleillée par quelques répliques et un certain sens de l’humour faisant mouche, n’annule en rien sa gravité.

Les morceaux de bravoure, clés de voute de la saga, restent légion, que ce soit ce saut en parachute en plan séquence, une poursuite dans les rues de Paris ou encore un final explosif tirant peut-être un poil trop sur sa volonté d’étirer sa tension au maximum pour être totale. De quoi justifier pour le spectateur en quête de divertissement le prix de son ticket tout en offrant un long-métrage esthétiquement léché, bien aidé par le travail de la photographie opéré par Rob Hardy, déjà derrière les très beaux « Ex Machina » et « Annihilation » d’Alex Garland.

Il y a donc quelque chose de neuf qui se dégage du film tout en étant cohérent avec le restant de la filmographie de McQuarrie qui offre un blockbuster marqué par la catastrophe et une forme de peur dont l’aspect tangible confère une certaine dureté et ce même dans ses moments de pure mise en scène (cf l’hôpital, rappelant l’ouverture du premier épisode). « La tempête arrive » déclare Hunt à un espion sans visage, message codé se clôturant sur notre héros déclarant, sous le nom du Guerrier, qu’il est la tempête. Par l’inéluctabilité de la menace et la manière dont le film précédent aura introduit Solomon Lane, le danger se fait permanent et ses retombées lourdes de conséquence. Notre espion, confronté à cela, ne peut que faire au mieux, essayer de concilier ses relations et l’importance de sa tâche dans un rapport de force avec l’agent Walker, exemple même de brutalité pure proche de l’inhumain et sublimé par un Henry Cavill charismatique jusqu’au moindre poil de sa moustache.

Touchant plusieurs fois au plus viscéral dans son action sans jamais renier ses aspérités visuelles, Mission Impossible Fallout est un exemple parfait de blockbuster racé et classieux, tout à fait prenant et ouvert à l’analyse plus approfondie sur ses points plus funèbres tout en prolongeant aussi bien la mythologie des autres films que leurs thématiques. De quoi se revoir encore et encore sans déplaisir un excellent divertissement profitant d’une élégance et d’une âpreté plus que plaisant dans des temps de formules répétées ad nauséam.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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