The Faim à Paris : un retour enflammé !

01/12/2019

Ce lundi 25 Novembre, une partie de l’équipe de That Boring Show était bien décidée à s’éclater à ce nouveau concert de The Faim ! Après leur précédente date en Février, où ils avaient enflammé le théâtre Les Étoiles, c’est une seconde tournée, là-encore en headline, qui les amène à La Maroquinerie, pour défendre leur nouvel album State Of Mind.

On peut dire que le show a commencé très tôt, bien avant l’ouverture des portes même, puisque plantées depuis 15 h 30 devant les portes de la salle de concert, nous avons pu assister à un moment plus que fun où Joshua Raven, fidèle à lui-même, est venu à la rencontre de son public. Discussions, blagues à la pelle, photos de groupe et même câlins : il est vraiment plaisant de constater à quel point l’artiste est proche de ses fans et d’une humilité à toute épreuve.

La salle ouvre enfin ses portes à 19 h 15 – à mi-chemin entre les différents horaires annoncés sur les diverses plateformes où était posté l’évènement – et la sécurité en charge de la soirée mène avec sévérité une file, à défaut d’une foule, pourtant calme et coopérative. Qu’à cela ne tienne, nous sommes tous bien contents d’enfin gagner la chaleur relative de la salle, après le froid et la pluie qui ont menacé de nous transformer en glaçons douloureux.

À l’intérieur, on ne peut que constater immédiatement à quel point la salle est petite, presque minuscule : on en vient à se demander comment cinq cents personnes peuvent toutes tenir dedans. Configuration plutôt idéale, car le côté intimiste pose tout de suite le cadre d’un show ouvert, où chacun bénéficie d’une vue directe sur la scène et ne peut que se sentir proche du groupe.

Le temps de faire un tour au merch (et de craquer généreusement dessus), puis de reprendre sa place à quelques rangs à peine du stage, et la première partie commence enfin. Hot Milk entre en scène et donne tout de suite le ton. Inconnu au bataillon pour notre part, c’est une chouette découverte que nous faisons en live. Alors que Han Mee et Jim Shaw jouent à un jeu de relais efficace question chant et guitare, Harry Deller se démène sur sa batterie et Tom Paton s’éclate à ponctuer les notes les plus fortes sur sa basse. Si le chant n’est certes pas toujours juste, le punch et l’énergie du groupe balaient ces défauts, qui finissent même par ajouter à la sincérité de leur démarche artistique.

 

 

Han s’adresse beaucoup au public entre deux chansons et offre un accueil très chaleureux dans la famille Hot Milk aux personnes présentes pour la première fois à l’un de leurs shows. Elle en profite pour nous parler de son expérience au sein de cette tournée, partageant la scène avec des artistes qui, plus que des collègues, sont devenus des amis, et enchaîne sans tabou sur la difficulté d’avoir ses règles pendant un concert. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la frontwoman de HM force l’admiration avec l’énergie qu’elle dégage en assurant à la fois le chant, l’instrumental et en habitant la scène par ses sautillements incessants.

 

 

Wide Awake, Candy Coated Lies, Take Your Jacket, Are You Feeling Alive et Awful Ever After se succèdent et on se dit que pour un groupe qui a démarré seulement l’année dernière, Hot Milk en a sous le pied. Le lait chaud a vite fait de déborder de la casserole dès qu’on ne le surveille plus, alors une chose est certaine, nous n’allons pas manquer de garder un œil sur ces petits nouveaux de la scène alternative/indé !

 

 

Après une petite pause, c’est le débarquement de Normandie sur le stage. Contrairement à ce que leur nom pourrait suggérer, le groupe est en réalité suédois et on s’étonne même de ne pas encore les connaître, surtout quand on voit la discographie qu’ils se sont bâtis depuis 2013, ainsi que les groupes avec lesquels ils ont déjà tourné : Bring Me The Horizon, Five Finger Death Punch ou encore Papa Roach. Un EP et deux albums plus tard, les voici en première partie de The Faim, et c’est pour nous une très belle découverte. Le public est définitivement chaud à leur arrivée, des fans de longue date remontant par vagues vers les premiers rangs dans un état d’excitation indéniable. On commence à se serrer et manquer d’espace, mais ça ne nous empêche pas de profiter du spectacle.

 

 

Là encore, on retrouve une excellente énergie, avec Jesper Malberg à la batterie, Håkan Almbladh à la guitare et Philip Strand au chant. Lucas Englund ayant quitté sa place de bassiste le mois dernier, c’est Gustav Angeskog, tout droit venu du trio suédois Alembia, qui se joint à Normandie pour leur prêter main-forte et assurer cette tournée. En dépit du masque tendu qui ne l’a pas quitté de tout le set, il n’en a pas moins parfaitement géré sa performance, et la cohésion du groupe a vraiment renforcé la qualité de la prestation.

 

 

En sept chansons, le quatuor promet de faire monter l’énergie du public à son maximum et y parvient sans problème. Après Enough et Ecstasy, vient le tour de la remarquée White Flag, qui nous a tapé dans l’œil et a été reprise avec une joie non dissimulée par les fans du groupe présents. Puis Ghost, Awakening, et à la fin de Jericho, Philip nous promet un crowdsurf si nous lui offrons les 100% d’énergie qu’ils attendaient ce soir.

 

 

Ce n’est pas sans inquiétude que nous attendons de voir s’il va se jeter à l’improviste dans le public et que nous constatons les petits trous encore présents dans la foule. Se préparant déjà à tenter l’aventure, le chanteur nous invite à tous nous resserrer au cours de Collide et nous le faisons sans hésiter. Pas très rassuré, il nous adresse un signe de tête et se lance bon gré mal gré. Il arrive à décrire un large demi-cercle sans tomber au sol malgré un virage un peu serré et remonte sur scène sans dommage, ravi.

 

 

Là-dessus, Normandie remercie encore The Faim de les accueillir sur cette tournée et quitte la scène. Une longue attente s’ensuit, pendant laquelle l’équipe technique s’affaire à régler des petits problèmes de tout ordre question balances et branchements, et l’impatience de voir arriver le groupe phare de cette soirée commence à monter rapidement.

À l’extinction des lumières, les sifflements de bienvenue sont de rigueur et tout le public exprime son excitation. Linden Marissen est le premier à prendre place derrière sa batterie, suivi de près par Stephen Beerkens qui attrape sa basse, et à deux, ils vont tout simplement mettre le feu à la scène ! C’est parti pour un concert de stroboscopes et de bon gros son qui nous font nous demander une seconde si nous ne sommes pas sous l’emprise d’une quelconque substance, tellement nous nous sentons vivants.

 

 

Après cette introduction haute en couleurs, Joshua Raven et Sam Tye arrivent pour compléter la formation. Le moment tant attendu de la soirée est enfin là, et une heure qui nous semblera en finalité dix minutes à peine déroule une set-list de quinze chansons, mêlant leur premier EP « Summer Is A Curse » et leur premier album « State Of Mind ». Tongue Tied donne le coup d’envoi et la foule, plus dense que jamais et qui justifie le sold-out de cette date française, est déjà à fond. Trois chansons parmi les plus fortes du groupe s’enchaînent : Amelie, Beautiful Drama et Infamous.

La force d’interprétation est toujours aussi puissante que la première fois que nous les avons vus, si ce n’est même plus. Josh enlève à plus d’une reprise ses ears (IEM permettant un retour audio pendant le concert) pour nous offrir une performance vocale d’une justesse à faire pâlir les plus grands, Stephens entre presque en transe sur sa basse pour en arracher le meilleur, Sam n’est pas en reste sur sa guitare et Linden est tout simplement monstrueux sur sa batterie, dans le meilleur sens du terme.

 

 

Humans, single choisi pour promouvoir l’album State Of Mind, donne un coup de fouet intense et transporte la salle autour d’un message fort qui nous rappelle sans cesse ce qui nous unit au travail de ce groupe.

Entre deux chansons, Josh s’adresse lui aussi beaucoup au public et nous confirme à quel point il est heureux d’être ici, avec nous. D’une manière tout à fait touchante, il n’hésite pas à nous dire qu’une femme adorable l’attend chez lui et lui apporte beaucoup d’amour, avant d’ajouter que cet amour très particulier que lui donne les gens présents ce soir est pour autant unique en son genre.

 

 

La foule galvanisée se calme pour entonner l’une des ballades les plus populaires de The Faim : Make Believe. Le cœur bat fort, l’émotion serre la gorge, les paroles sortent les unes derrière les autres à l’unisson avec Josh, c’est tout simplement beau à voir. Après ce moment court et intense, Josh et Stephen assurent la première partie de Words Apart, une chanson que le chanteur nous avoue avoir vraiment apprécié jouer au fil des dates de cette tournée.

 

 

Les premières notes de piano démarrent, la voix douce de Joshua s’élève, la chanson se poursuit, toute en fébrilité, puis Linden et Sam reviennent sur le terrain, Stephen troque son clavier pour sa basse et là, le quatuor se déchaîne.

 

Stephen est vraiment en transe, cette fois, et on a le plaisir de voir le regard de Sam se reporter d’un seul coup sur la salle, prenant pleinement l’ampleur de la foule qui accompagne la chanson : un sourire immense s’épanouit sur son visage. Aucun d’eux n’a besoin de parler pour exprimer ce qu’il ressent tant cela se devine sans peine et cela fait chaud au cœur – nous sommes plus heureux que jamais de suivre les aventures de ce groupe d’amis venus d’Australie pour partager leur passion avec le monde entier.

 

 

Moment de liesse ensuite sur Saints Of the Sinners, qui à peine annoncée nous arrache un cri de joie non dissimulé. On chante, on danse, on s’arrache la voix et nous devenons tous ces saints dont il est question. Ça fait un bien fou de retrouver cet hymne culte du groupe et nous n’en loupons pas une miette !

S’ensuivent les classiques My Heart Needs to Breathe et Midland Line, puis Fire entretient la flamme de la salle, notamment avec le petit déhanché de Josh qui n’aura pas manqué de nous faire bien rire. Le chanteur a en effet un sens de la mise en scène qui lui est tout à fait propre et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il vit à fond les textes de ses chansons. En le voyant sur scène, on retrouve dans sa gestuelle des traces de celle de Freddie Mercury, jusqu’à sa façon de s’approprier le micro, et il n’est pas le seul à se lâcher : le public est à fond, danse et jumpe sans la moindre hésitation !

Après When It Comes vient le grand moment tant attendu : c’est l’heure de Summer Is a Curse. Ce titre est le pivot de leur carrière, la première chanson qui les a fait connaître du grand public et leur a permis de s’exporter à l’international. En France, ce titre se hisse tout droit à la première place de diverses grandes playlists de plateformes de streaming à échelle nationale, et les notes de Summer Is A Curse retentissent partout : que vous allumiez votre radio ou votre télé, vous les entendrez forcément. Entendues dans des publicités pour une voiture ou un soda rouge et noir, mais aussi, pour n’en citer que quelques-unes : sur Inside, Contact FM, Radio Espace Hot 30, Montagne FM, Radio Caroline, Radio Mont Blanc, Fusion FM, Durance FMn Voltage, Tonic Radio, Lor’Fm, Alpes 1, K6 Fm, Alouette, Radio VFM, Wit FM, Gold FM, Toulouse FM, RVA, Jordanne FM, Evasion, RTL2, NRJ ou encore Virgin Radio – cette dernière ayant d’ailleurs pointé le bout de son nez au concert… On peut les entendre à n’importe quelle heure, aux quatre coins de la France, littéralement. The Faim a fait beaucoup de chemin depuis son premier passage en France et on ne s’étonne absolument pas que ce show parisien ait tout simplement été un sold-out.

 

 

Bien vite, trop vite, la fin du concert pointe le bout de son nez, après nous avoir joué Buying Time et conclu sur la chanson issue de l’album éponyme : State of Mind. « Take a seat and let me introduce myself » nous chante Joshua Raven alors qu’il n’y aura bientôt plus besoin de présenter The Faim et l’incroyable talent que dégage ce quatuor débarqué d’Australie. Rien n’est plus vrai que la parole qui suit : « You’ve heard of me before I’m just like no one else ». Ces artistes accomplis sont uniques en leur genre et donnent tout ce qu’ils ont. Insatiables, leur soif d’aller chaque fois plus loin les poussent à exiger toujours plus d’eux-mêmes, et cela nous promet encore beaucoup de belles choses à venir.

Seuls regrets dont nous discutons juste après le clap de fin : l’absence de certains titres que nous n’imaginions pas ne plus entendre sur scène, et l’absence de rappel à la fin. Quinze titres aussi vivants pour une seule heure de show, c’est déjà énorme et on s’en voudrait presque de toujours en demander plus. Mais pas le temps de nous apitoyer, la foule se fait expulser de la salle quasiment immédiatement par la sécurité et le débriefing se poursuivra dehors.

En conclusion, une très bonne soirée comme seuls les meilleurs savent nous les assurer. Rendez-vous est déjà pris pour nous rendre au prochain concert parisien que le groupe annoncerait dans le futur, et une chose est certaine : nous sommes impatients de les revoir très vite sur le sol français !

Imaginez : sept notes pour une infinité de mélodies. Des milliers de mots qui nous parlent de tant de belles choses, mais surtout des difficultés de l’amour, de l’amitié, de la famille, de la vie. Quelques minutes, le temps d’une chanson, qui nous font oublier à quel point tout paraît tellement compliqué. Alors, c’est vrai, comme disait Peyton Sawyer, « Toutes les chansons ont une fin. Est-ce une raison pour ne pas en apprécier la musique ? »
1 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *