1917 : l’Enfer de la guerre

08/01/2020

Titre : 1917

Réalisateur : Sam Mendes

Avec : George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, ...

Genre : Drame, guerre, survival

Durée : 1h59

Nationalité : États-Unis

Sortie : 15 janvier 2020

Résumé : Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission à proprement parler impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies.

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Comment parler correctement de la guerre quand on ne l’a pas vécue ? Comment peut-on aborder l’horreur des conflits et les visions de cauchemars qui émaillent durant les affrontements ? C’est une question que beaucoup de documentaristes se sont posé et qui a été reprise par de nombreux cinéastes tels que Steven Spielberg (« Il faut sauver le soldat Ryan »), Christopher Nolan (« Dunkerque ») ou ici Sam Mendes avec « 1917 ». La recherche d’immersion que le metteur en scène de « Skyfall » essaie de faire ressentir passe ainsi par le visuel avec un choix déterminant : tourner son long-métrage en plan séquence.

Une telle annonce aura effrayé certains tant la technique se voit désormais plus comme une esbrouffe visuelle qu’un réel procédé narratif, ce qui est pourtant dommageable au vu des nombreux plans séquences offerts récemment avec une force narrative puissante, que ce soit au cinéma (« Gravity », « Tomorrowland ») ou en télévision (« The Haunting of Hill House »). Ici, Sam Mendes ne tombe jamais dans le gratuit mais plutôt dans le superbe et ce même quand il prend clairement des orientations d’hallucinations sombres, bien aidé par la photographie de Roger Deakins.

C’est ainsi que chaque mouvement de caméra dégage une précision, que ce soit d’un dialogue virant en une forme de champ contre champ appuyant par son orientation l’urgence à venir ou lors d’un chant qui fera le tour de soldats prêts à se confronter à la mort et auscultant la terreur dans leurs yeux. Ici, pas de prétention m’as-tu vu, juste une illustration totale de la technique pour mieux orienter ce film de guerre en pur survival, tel le film spatial d’Alfonso Cuaron ou la précédente œuvre de Christopher Nolan. De quoi transformer la salle de cinéma en lieu d’inconfort par cette confrontation de deux soldats à une mission impossible inscrite dans le rapport aux éléments.

Si la survie est essentielle, c’est surtout parce que le rapport destructeur de l’Homme envers la nature y joue un rôle, provoquant une forme de réaction face à la destruction humaine. C’est même pour cela que les allemands ne sont guère réellement illustrés humainement mais plus en tant qu’une allégorie d’une forme de mal humain, même si de manière moins abstraite qu’un Nolan pour Dunkerque par exemple.

Mendes théorise ainsi sur la volonté belliqueuse de l’être humain dans un chemin de croix marqué par une odeur putride, comme si la Faucheuse ne quittait jamais cet environnement et cherchait à rappeler en permanence son arrivée future dans la douleur et le chagrin. On pourrait même faire un lien entre le premier plan et le Dormeur du Val de Rimbaud par l’introduction de ses héros mais nous laisserons les spectateurs décider eux-mêmes de la pertinence de ce rapport.

On pourra souligner le choix de deux acteurs moins connus que ceux incarnant les personnages secondaires (Colin Firth, Benedict Cumberbatch, Mark Strong, Richard Madden, Andrew Scott, …) pour mieux amener une forme d’empathie de la part du spectateur au vu de leur construction dans l’action, permettant de les appréhender petit à petit par leur rapport aux autres et leurs décisions toutes prises dans l’urgence dans un besoin de survie. Cet établissement de nos protagonistes nous permet de nous accrocher à eux et d’amener une réelle tension au vu des événements leur arrivant.

On pourrait parler encore un moment du film mais 1917 est plus qu’un simple long-métrage : c’est une expérience filmique nerveuse et indispensable qui retourne jusqu’à sa fin par sa force visuelle et la linéarité de l’intrigue amenant diverses lectures par le rapport aux éléments ou à d’autres point que nous vous laisserons découvrir. Les années 2020 commencent déjà avec une grosse baffe qui ne vous laissera pas indifférent…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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One Comment

  1. Hello,

    J'ai vu ce film la semaine dernière et je l'ai trouvé fantastique. Il est prenant, incroyable, beau et horrible en même temps. Bref, j'étais complètement dedans.

    La mise en avant de l'horreur de la Guerre est vraiment présent. Quand je parle d'horreur je parle de la boue des cadavres, de l'humain, ça change de la Guerre sous l'angle "baston".

    L'histoire en elle même n'est pas incroyable, c'est une expérience ce film. Il faut le voir (au cinéma si c'est possible) pour vivre cette expérience avec les sons, les lumières, etc, ...

    Bref, il faut voir ce film, mais il faut s'accrocher un peu.

    À bientôt,

    Witchimimi
    https://www.witchimimi.com/

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