Le Lac des cygnes – Un bel album mais qui manque de profondeur

15/01/2020

Titre : Le Lac des cygnes

Auteur : Pascale Maret & Alexandra Huard

Editions : Nathan

Prix : 17,95€

Parution : 10 octobre 2019

Nombre de pages : 32 pages

Genre : Littérature jeunesse

Résumé : Dans un château vit le prince Siegfried, romantique et rêveur. Sa mère exige qu’il devienne roi et se marie. Mais Siegfried refuse un mariage sans amour. Parti chasser, il rencontre au bord d’un lac la plus merveilleuse des créatures : la princesse Odette. Victime de l’enchantement du sorcier Rothbart, elle se transforme en cygne le jour et redevient une femme au coucher du soleil. Seul un amour véritable peut la délivrer de ce sortilège…

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On ne présente plus la célèbre histoire du cygne blanc. Sujet de nombreuses adaptations littéraires, cinématographiques, musicales, … le ballet de Tchaïkovski continue de nous émerveiller à travers les siècles. Autrice de littérature jeunesse confirmée, Pascale Maret s’empare à son tour de cette histoire bouleversante, avec la complicité de l’illustratrice Alexandra Huard.

Retrouver le cygne blanc dans un grand album, avec des illustrations dignes de grands tableaux est tentant. L’imprégnation fonctionne : dès l’ouverture du livre, on se retrouve plongé, immergé dans un monde enchanté qui semble irréel. Les couleurs sont vives, parfois même fluorescentes, le charme opère. L’apparition du cygne blanc semble presque relever du fantastique.

Comparé à la douceur des personnages du cygne et du prince, ce parti pris des couleurs vives étonne autant qu’il hypnotise. Mais la dominante du bleu nuit concorde néanmoins avec l’ambiance à la fois apaisée et tendue des deux cygnes, le noir et le blanc se mélangeant dans une nuit à la fois sombre et lumineuse. Le mouvement est sans cesse en marche, les illustrations en pleine page et le texte bouillonnent, comme si aucun répit n’était laissé aux personnages et au lecteur.

Autant l’image peut fasciner par la concordance des tons et du trait dur du crayon, autant le texte nous laisse sur notre faim. Comment raconter cette fameuse histoire du Lac des cygnes à un enfant de cinq ans ? En allant à l’essentiel. La décision de l’autrice semble aller dans ce sens et laisse malheureusement les adultes amoureux de Tchaïkovski sur leur faim.

Outre cette musique magnifique, à la fois tragique et sautillante, que l’on ne parvient pas à s’imaginer, le récit ainsi conté ne parvient pas à nous enchanter. Impossible d’aller au-delà du texte pour dénicher des émotions : la tristesse ravagée du cygne blanc, le tonnerre grondant du magicien, la malice du cygne noir, … Peut-être l’idéal serait-il de parcourir les superbes planches de cet album, un casque sur les oreilles ?

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture !
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