On décortique MANIC, le 3e album d'Halsey !

24/01/2020

Titre : MANIC

Artiste : HALSEY 

Label : Capital Records 

Parution : 17 janvier 2020

Durée : 47 min.

Nombres de piste : 16

Genre : Pop

 

Halsey revient début 2020 avec son 3e album : MANIC. À cette occasion, Lilly sort de sa bulle de rock braillard pour se pencher sur cet opus – riche, qui plus est, car il ne compte pas moins de 16 titres !

C’est parti !

[ 1 ] –  Ashley

Ashley est un titre très électronique et à la fois, très doux. Je retrouve un peu de soul mélancolique, qui passe pour un cri du coeur quand on en vient au refrain. Halsey aborde à travers cette chanson ses sentiments et ses impressions avec justesse. Je pense que le titre est parlant, à bien des égards et ouvre un album qui promet d’être profond et très introspectif.

[ 2 ] – clementine

Le titre de la chanson a été  inspiré par le personnage de Kate Winslet dans Eternal Sunshite of the Spotless Mind en 2004. À travers, j’entends un réel questionnement  : sur elle, sur la place qu’elle occupe, sur ses relations avec les autres, dans le monde ou dans ses rêves. Halsey raconte une histoire à travers ce titre : un titre qui semble fleuri, mais qui a une profondeur certaine et met en évidence les contradictions de la vie :

‘Cause I don’t need anyone
I don’t need anyone
I just need everyone and then some
 

[ 3 ] – Graveyard

Cette chanson est un peu plus plus pop, le rythme plus entraînant. C’est une invitation au voyage, à la découverte de ce qui est vraiment important. La chanteuse évoque le fait d’être amoureuse de quelqu’un qui n’est pas bon, mais de l’aimer tant qu’elle finit par se retrouver elle aussi dans de sales draps. Il est question ici d’apprendre à suffisamment prendre soin de soi pour ne pas se laisser entraîner.

[ 4 ] – You Should Be Sad

Ce titre est davantage instrumental, avec un rythme de guitare acoustique persistant. Pour autant, la chanson se veut un peu plus agressive. Elle pose un constat, un regret sur une situation qui n’était pas celle qu’elle était. Elle fait écho à « Without Me » qu’on entend plus tard dans l’album, mais qui était sortie avant l’album en tant que single indépendant.  You Should Be Sad fait référence à l’ex petit-ami d’Hasley, G-Eazy et son infidélité.

[ 5 ] – Forever… (is a long time)

C’est un titre très lent, très doux, extrêmement triste aussi. Cette impression est décuplée avec le bruit de la pluie qui tombe en fond, puis un solo de piano. On imagine vraiment ce titre sans une cinématique sad as Hell au cinéma. Peut-être à l’annonce d’un drame, avec ce crescendo d’intensité sur la fin, qui laisse une impression de déchirement.

[ 6 ] – Dominic’s Interlude

On retrouve dans cet album, MANIC, trois interludes, trois duos qu’Halsey a réalisés avec des artistes très différents. Halsey les décrit comme «  des gens qui représentent vraiment différentes parties de sa psychologie et différentes parties de sa personnalité, de tant de façons différentes. ». On la retrouve donc ici avec Dominic Fike, chanteur-rappeur pour un morceau court, à peine 1m20, oscillant entre transformateur vocal et superposition de voix interessante.

[ 7 ] – I HATE EVERYBODY

Il y a une certaine simplicité dans l’arrangement musicale, puis fait ressortir la technique vocale de la chanteuse. Pas d’artifice sur ce titre, pas de transformation esthétique,  encore une fois, Halsey nous livre une histoire. À travers ce titre, on a vraiment l’impression d’avoir une amie qui nous livre ses états-d’âmes, ses doutes et ses pensées profondes. L’introspection de la chanteuse dépasse les simples aléas de sa vie amoureuse, elle s’étend à toute sa personne et sur l’importance de se respecter soi-même et dont se forger une image à partir des dires des autres.

[ 8 ] – 3 AM

Avec 3AM, on repart sur un titre énergique, pop/rock, même, avec un duo de guitare acoustique-électrique et un bon rythme de batterie. Encore une fois, on tombe dans une histoire assez triste dans le fond, il est trois heures du matin et la chanteuse se retrouve à appeler tout son répertoire pour chercher un peu d’amour. De façon subliminale, il est aussi question de l’impact de l’alcool et ce qu’il inflige à l’esprit, les doutes qu’ils y installent. On note aussi le côté culturel du titre : « 3AM » est connu pour être « l’heure des sorcières » ou « l’heure du diable ». Dans plusieurs cultures populaires, on croit sérieusement que c’est à trois heures du matin que les esprits et les démons sont les plus forts.

[ 9 ] – Without Me

Without Me est la première chanson réalisée par Halsey depuis 2017 et son album Hopeless Fountain Kingdom. Cete chanson est dirigée vers son ex : G-Eazy après qu’elle ait été ouverterment trompée, un million de fois, devant le monde entier. Cette chanson plonge dans les sentiments les plus personnels d’Halsey, après avoir essuyée une relation très publique. Le morceau se différencie de ses précédents enregistrements, comme Badlands et Hopeless Fountain Kingdom, en raison du fait qu il n y a pas de rôle à jouer. Halsey déclare : 

 » C’est la chose la plus brute que j ai jamais faite. J ai ce disque où il est juste question de moi, pas de personnage. C’est à propos de ma vie et de ma relation, que le monde a regardé de si près… C’est juste moi. »

[ 10 ] – Finally // Beautiful stranger

Dès les premières notes, on s’attend à une sorte de petite ballade country, avec tous les thèmes qui vont avec. Halsey se livre sur sa bipolarité, elle revient sur ses difficultés à laisser entrer ses partenaires dans sa vie et en même temps, inclue une note d’espoir. »Beautiful Stranger » fait référence à sa rencontre avec Dominic ( Aka Yungblud) dans un bar. Ils ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, de parfaits étrangers. Pour autant, lors d’un show privé à Londres, Halsey partage cette chanson en confessant qu’il s’agit de la première chanson d’amour qu’elle ait jamais écrite.

[ 11 ] – Alanis’Interlude

Alanis’Interlude est une chanson en duo avec Alanis Morissette. La chanson traite de la façon d’aimer les femmes et de leur indépendances, aussi bien sexuel que professionnel. C’est un titre de 2mn 41 dans lequel on retrouver des beats digne des années 90. La voix des deux chanteuses se fondent vraiment bien, je trouve. Alanis Morissette apporte un côté folk au titre qui contrebalance un flow rapide; côté Halsey.

[ 12 ] – Killing Boys

Killing Boys débute par un dialogue entre Amada Seyfried et Megan Fox qui aborde justement le fait de tuer des garçons. C’est une section audio du film d’horreur « Jennifer’s Body », datant de 2009 :

« You’re killing people
— No, I’m killing boys
— Boys are just placeholders, they come and they go
— You’re my best friend, and I wanna help you
— But I won’t let you kill again
— That’s a lose-lose »

C’est un titre très rythmique, presque rebelle. On a l’impression d’être sur la corde, d’avoir un coeur qui bat frénétiquement, avec les tambours qu’on entend en fond sonore. Pour autant, la chanson n’est pas une invitation à zigouiller tous les représentants de la gente masculine, non, elle traite d’anciennes relations amoureuses. Elle dirige, donne les clés pour se relèver de ces ruptures, avec fierté. Elle exprime ce qu’une femme devrait ressentir après une rupture : force et indépendante.

[ 13 ] – SUGA’s Interlude.

Cette chanson, tout droit sorti d’un rêve, nous est livrée en duo avec Min Yoongi, Suga de BTS [Groupe hip-hop/pop Coréen]. En 2mn18, mêlant  Anglais et Coréen, Halsey et Suga nous font part de leur passion pour la musique, mais aussi des désillusions que cela entraîne. Le rythme binaire entre un refrain doux et mélancolique côté Halsey, un hip-hop mélodieux côté Suga appuie sur les variations de l’industrie musicale qui se profile toujours sur eux, remettant parfois leur amour pour la musique en question. Cette chanson, encore une fois très introspective, laisse paraître la peur de se laisser aller, mais aussi le fait de reconnaitre ses pensées et ses peurs.

[ 14 ] – More

Le titre est largement explicite : à travers More, Halsey aborde le fait d’en vouloir toujours un peu plus, même quand tout semble perdu, même quand tous les avis sont contre. Une mélodie au xylophone donne l’impression d’être dans un conte, mais pas forcément de fée.  En effet, More est un titre dur malgré tout, car Halsey y parle de sa santé personnelle et en particularité de son endométriose.  Halsey parle de son enfant perdu (unborn), tout au long de «More», elle aspire à son enfant à naître, avouant que ses épreuves et ses tribulations ont accru son amour pour le futur bébé. Un des effets de l’endométriose étant des problèmes de fertilité, cela avait conduit la chanteuse à congeler ses ovules…

[ 15 ] – Still Learning

Morceau entraînant à nouveau, dans lequel elle reconnait ses tords et admet qu’elle essaie de faire mieux, d’apprendre à s’aider elle-même, quoi qu’il en soit. Malgré le succès, malgré le regard des autres, malgré sa famille, d’où elle vient. Tout au long de ce titre, Halsey dévoile son côté vulnérable, soulignant son manque de confiance en soi et d’amour propre. On retrouve également Ed Sheeran à la composition de ce titre, les deux artistes avaient déjà collaborés précédemment et à deux, ils font des miracles.

[ 16 ] – 929

Dernier titre de cet album, 929 fait références à la date d’anniversaire d’Halsey : le 29 septembre 1994. Elle s’ouvre sur un échange d’Halsey avec quelqu’un en studio. À travers ce titre, elle raconte réellement son histoire. Elle aborde l’envers du décors, la perte d’identité due à la célébrité, ses déboires et ses désillusions. L’artiste se livre complètement dans ce titre, elle parle de ses doutes, de ses envies, de ses appréhensions, tout y passe et je crois que c’est l’un des titres que j’ai préféré de l’album. C’est assez décousu et il n’y a pas réellement d’instrumental, c’est très subjectif, comme certaine titre de THE 1975. C’est à la fois brute et expérimental, on peut dire, mais très intéressant et je pense que ce titre conclut parfaitement un album profond, mais tout en contraste et qui marque une réelle évolution chez la chanteuse.

En résumé : à la fois très doux, avec quelques titres entraînants et des duos surprenants, MANIC se laisse écouter avec une facilité déconcertante. Chaque titre nous embarque dans une nouvelle histoire, met en lumière une nouvelle problématique sur les troubles bipolaires qui régissent la vie de la chanteuse, mais toujours avec beaucoup de simplicité. Avec une exploration des genres savamment dosé, c’est sous un déluge de titre à la fois électro-pop, hip-hop, accentué 90’s rock et ballade étincelante qu’Halsey nous livre une réflexion de son point de vue sur le monde.

TOP TITRES :

3 AM

SUGA’s Interlude

929

Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionnée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, j’ai vite vite réalisé, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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