Shanghai Gesture

24/01/2020

Titre : Shanghai Gesture

Réalisateur : Josef von Sternberg

Avec : Gene Tierney, Walter Huston, Victor Mature, ...

Genre : Drame, policier

Durée : 1h35

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1941

Résumé : A Shanghaï dans les années trente, une innocente jeune femme va vivre une véritable descente aux enfers. Le haut lieu de la débauche et du vice, le "Gin Sling", pourtant très fréquenté, est menacé de fermeture par un riche puritain influent, Guy Charteris. Un soir, le lieu attire dans ses filets la fille de ce dernier etle propriétaire a bien l'intention de l'utiliser pcomme moyen de pression. Entre jeux, alcool et perversion, la jeune femme sombre dans les méandres de la vie nocturne.

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Un souffle de décadence se propage tout au long du film de Josef Van Sternberg. Ce genre de moiteur forte nous happe à la gorge et ne nous lâche pas, maintenant son étreinte tout du long de son intrigue. C’est bien simple : on a l’impression de voir dans ce film une critique de l’humanité entière, un regard misanthrope qui met une certaine distance tout en nous attirant, curiosité bien humaine face à toute forme d’interdit et de tabou, nous rappelant notre statut de voyeuriste, obligé à la passivité face au récit.

Dès lors, comment ne pas être fasciné par ce long-métrage et ses protagonistes, en particulier celui incarné par une Gene Tierney à la beauté sans égale ? Sublimes vices que ceux de l’être, chacun se sentant perdu dans un enfer de morale dont il est logique de succomber par l’attrait d’une luxure étouffante mais également hypnotisante. Sensualité étouffante que le film offre, celle d’un lieu de liberté qui nous dévore de l’intérieur, fruits d’addictions car interdits, rejetés par certaines normes et donc amenés à nous faire tomber si on accepte leur main tendue.

C’est une ambiance vénéneuse qui se développe, une inquiétude permanente par un certain malaise induit. Le clinquant n’est d’apparence, sa brillance au premier regard renfermant un profond mal-être que Van Sternberg ausculte sans dévoiler plus de ce qu’il y observe. C’est un chaos moral, un chaos humain surtout, que l’on regarde, le cœur saignant de cette déchéance totale. Autant tour de Babel où s’effacent les origines (« Je n’ai pas de pays », lâche un serveur, « et plus j’en vois, mieux je sens ce choix ») que chancre de péchés, le Gin Sling semble diriger chacun vers une chute inéluctable, Styx physique dont il semble impossible de s’échapper.

Ce n’est pas avec plaisir qu’on vous conseille ce « Shangai Gesture », dont on se demande même comment il aura pu sortir dans une époque où les parangons de moralité n’hésitaient pas à s’attaquer à toute œuvre n’allant pas dans leur optique artistique. C’est un drôle de film aux allures de mauvais rêves auquel on a droit et l’on peut se dire qu’en ce qu’il propose, il est tout simplement immanquable.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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