Tschaï : seul sur Tschaï

27/01/2020

Titre : Tschaï

Auteur : Jack Vance

Editions : J'ai lu

Prix : 10,90€

Parution : 6 novembre 2019

Nombre de pages : 960 pages

Genre : Science-fiction

Résumé : Alors qu'il effectuait une mission de reconnaissance autour de la planète Tschaï, le vaisseau Explorateur IV a été abattu par un missile d'origine inconnue. Unique survivant du crash, Adam Reith découvre un monde d'une beauté et d'une âpreté sans pareilles, une terre d'aventures aussi dangereuse qu'attachante. Obsédé par l'idée de rentrer chez lui, le Terrien va traverser d'immenses et splendides paysages, rencontrer d'autres humains aux moeurs baroques et des extraterrestres belliqueux, vivre mille péripéties, perdre ses certitudes et trouver l'amitié. Parviendra-t-il à regagner la Terre ?

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Si l’on ne peut juger un livre à sa couverture, on peut admettre qu’il y en a qui en imposent dès leur réception et c’est le cas de Tschaï. Avec plus de 900 pages au compteur dans l’édition de poche envoyée par J’ai lu, le roman de Jack Vance s’annonce chargé. Une fois les pages ouvertes, on a rapidement la confirmation : voici un livre qui va prendre du temps pour sa lecture. En effet, dans sa manière de s’agencer, le livre est dense, très fouillé dans la description visuelle et sociale de la planète du récit. Il suffit de sauter la moindre ligne pour perdre le fil d’une société établie en détail sur une certaine confrontation entre ses différentes populations, divisées en multiples cultures aux mœurs aussi variées que ses personnages.

Le regard passe donc par Adam Reith, héros de SF bien ancré dans une certaine vision du héros courageux faisant fi du danger et à la vision extérieure permettant une certaine remise en question des habitudes dans les populations de Tschaï. Cet effet est à double tranchant : on a d’un côté un certain repli face à une forme d’ethnocentrisme terrien et de l’autre on appréhende par ses interrogations des questionnements moraux qui résonnent face à notre propre société. De quoi nous mettre sur le fil dans notre empathie du personnage, notamment dans ses rapports aux femmes qui sont assez compliqués.

Néanmoins, la proposition d’aventure est accomplie et ce avec une certaine exaltation. On ressent cette même soif de découverte par rapport à ce monde inconnu et tout ce qu’il peut proposer en termes sociaux. Vance se trouve alors assez descriptif dans ces parties que l’on parcourt avec certains plaisirs, tout comme chaque partie plus axée sur de l’action. Le rythme est soutenu et il ne faut pas s’étonner de lire toutes ces parties avec une certaine rapidité étant donné la résolution en quelques lignes de quelques moments, renforçant le besoin de ne pas sauter quoi que ce soit sous peine de se retrouver perdu aussi bien dans la description du monde que de l’histoire globalement.

La remise en question du fonctionnement social de Tschaï par Vance impose une certaine volonté, celle de vouloir provoquer la libération chez les peuples d’idéologies écrasantes et pouvant être retournées dans leurs paradoxes. On peut donc y lire une critique de la religion et de toute forme de pensée étouffant la liberté d’expression de ses membres. Le tout nourrit le fond avec une certaine vivacité, notamment par des choix narratifs n’hésitant pas à retourner en permanence certains acquis jusqu’à un final que l’on pourrait trouver trop rapide.

Mais même si ce final peut laisser un peu sur sa faim par son application, on ne peut pas nier que Tschaï fonctionne par son ampleur narrative et sa volonté de dépeindre une planète de fiction dans tous ses détails provoquant un certain dépaysement et pouvant pousser à la fermeture du roman de rêvasser aux décors de cet univers éloigné. Et vous, partirez-vous également sur Tschaï ?

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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