Changes - Justin Bieber 2.0 ?

21/02/2020


Titre : Changes 
 
Artiste : Justin Bieber
 
Label : Def Jam Recording
 
Parution : 14 février 2020
 
Nombres de pistes : 17
 
Durée : 51 minutes

 

Une fois n’est pas coutume, je sors de mon monde d’ours mal léchés et gutturaux pour me pencher sur le nouvel album de Justin Bieber : Changes.

 

Si je ne suis pas une fan inconditionnelle, il m’est arrivée de suivre son cas, avec un regard plus ou moins détaché. Aussi, j’étais assez curieuse de voir le retour de la pop star la plus détractée du XXIe siècle sur la scène musicale après presque cinq ans d’absence depuis Purpose

1/ All Around Me 

À croire que la date de sortie n’a rien d’un hasard quand on découvre ce titre : c’est une véritable déclaration d’amour, ainsi qu’une lettre de reconnaissance ouverte. All Around Me ouvre le nouvel album du petit prince de la pop et démontre à travers un style chill-pop un certain recule de sa part. Il réalise qu’il avait besoin d’une personne de confiance dans sa vie, une personne vers qui se tourner et qui l’aiderait à remonter la pente. Cette chanson fait évidemment référence à Hailey et sa présence devenue de plus en plus importante dans sa vie. Bien que le titre soit relativement court – puisqu’il ne dure que 2 mn 17 – il en dit beaucoup, notamment sur la volonté de l’artiste de revenir sur scène de façon plus sincère.

2/ Habitual

Le second titre reste dans un rythme très lent. Rien d’agressif, rien d’insultant, c’est calme, posé, presque intime. Justin nous livre des titres simples, qui racontent quelque chose : sa vision du monde, sa relation et notamment comment elle l’a apaisé. À travers ce titre, on retire une véritable impression de tranquillité, de normalité qui devait cruellement manquer à l’artiste ces dernières années et qui, pour le coup, marque un gros changement comme le suggère le titre de l’album : Changes

3/ Come Around Me 

Il y a une douceur et langueur qui pourrait surprendre là où Purpose pouvait être agressif. L’artiste pose sa voix sur un beat répétitif certes, mais qui permet de réellement prendre conscience de la maîtrise de l’interprétation. La voix de Justin était trop souvent flouée aux profits de gros arrangements hip-hop percutants, c’est presque un renouveau de l’entendre chanter ici, sans artifices. Comme un retour aux sources, surfant sur une vague plus R’n’B que pop, plus doux et dans la réflexion. 

4/ Intentions ( Ft. Quavo) 

Intentions est une piste qui nous balade entre vibes entraînantes et rap, où le flow s’entremêle sans corrompre le style de l’un ou l’autre. Ce duo est réalisé avec Quavo – Quavious Keyate Marshall – rappeur et producteur américain de 28 ans. Ils partagent ce titre pour parler de ce qui compte pour eux : c’est un condensé de compliment adressées à leurs femmes : Hailey et Saweetie et de faire du bien-être de l’autre une priorité. D’être là, d’être un support, comme elles l’ont été pour eux. Ce titre marque également une troisième collaborations entre les deux artistes.

5/ Yummy 

On a une linéarité dans les sonorités des pistes, rien ne dénote lors de l’écoute. Si certaines transportent plus facilement que d’autre, le rythme reste très lent, dans un effet très intimiste, très lounge. Yummy est pourtant le single principal de ce cinquième album, il se veut plus énergique, plus sensuel, peut-être. Yummy est un terme utilisé pour décrire quelque chose ou quelqu’un que l’on trouve vraiment attractif ou attirant. Il parle clairement de sa femme, Hailey – Baldwin – Bieber, dans cette chanson, également. 

6/ Available 

Là encore, c’est un titre qui renvoie à sa relation et on prend conscience qu’elle a eu un véritable impact sur ce changement que l’artiste tient à nous montrer. Il y a à travers ces quelques pistes, une réelle introspection et une remise en question. Tout en douceur, Justin lâche prise et partage une certaine forme de vulnérabilité. Il y a un désir de s’exprimer, notamment sur le fait d’être disponible et prêt à s’investir dans une nouvelle relation. Sur la volonté d’être le plus souvent possible avec la personne qui occupe nos pensées, de ne rien tenir pour acquis car la vie sépare parfois les gens.

7/ Forever 

Encore une chanson featuring, cette fois avec le groupe Post Malone et Clever.  C’est un titre beaucoup plus pop, par rapport à ce que j’ai entendu précédemment. Un peu plus agressif aussi, dans les mots plus que dans le rythme. Là encore, on se retrouve sur un axe confessionnel et libérateur, on peut carrément parler d’une soundtrack : celle de sa vie. Elle traduit une volonté de changer, de ne plus faire les mêmes erreur, encore et  toujours. Je trouve le duo/trio vraiment sympa avec Post Malone et la variation me tire un sourire quand les vibes rondes de Clever et sa voix rocailleuse entre en jeu. 

8/ Running Over 

L’artiste ne cesse de m’étonner avec cette autre collaboration :  on le retrouve cette fois avec Lil Dicky – David Andrew Burd – rappeur américain, spécialisé dans le rap humoristique. C’est ce qui illumine sans doute ce titre, qui est beaucoup plus léger que les autres, même s’il traduit d’autre part le gouffre dans lequel l’artiste se trouvait. La chanson évoque une rencontre et la différence de sentiments entre les deux protagonistes : dans l’espoir qu’il puisse y avoir plus, Justin s’offre à la “consommation”. Il avouera plus tard que cette relation unilatérale était pour lui “mieux que rien” tant il était à la dérive. 

  D’autre part, Lil Dicky écrit ceci : 

“ I rarely take a step back to reflect, but when the great Justin Bieber asked me to be on his album, it made me be like wow. So I went crazy on track number 8, which is my lucky number, and went crazy in the video. #changes out Valentine’s Day. I’m still single :/”

– Lil Dicky on Instagram.

 “ Je prends rarement du recul pour réfléchir, mais quand le grand Justin Bieber m a demandé d’être sur son album, j’étais là : WOW. 
Je me suis éclaté sur la piste numéro 8, qui est mon numéro porte-bonheur, et encore plus dans la vidéo.
#changes sort à la Saint-Valentin. Je suis toujours célibataire :/ « – Lil Dicky sur Instagram.

9/ Take It Out On Me 

Encore un titre ultra lounge, parfait pour passer en fond sonore. C’est pourtant une invitation à se décharger et une preuve réelle que l’artiste a repris du poil de la bête : Il démontre, à travers cette chanson, qu’il est suffisamment stable à présent pour pouvoir prétendre être le support de quelqu’un d’autre : 

You can take it out on me
I’ll be your punching bag, 
hit me with all of your might
And get it all out ’til you feel light

 

10 / Second Emotion

Nouveau duo, cette fois avec Travis Scott, autre rappeur américain âgé de 27 ans. Si j’apprécie un peu moins le côté très électronique couvrant les parties de Travis, j’aime assez la partie chant de Justin, plus douce. On oscille encore et toujours entre histoire et récit personnel et j’ai cette impression d’immersion, de confidence. Sous le couvert du titre «Second Emotion» Justin et Travis Scott en appellent au soutien de leurs proches, dans leurs relations respectives. Ils demandent à leurs partenaires de partager les émotions qu’ils ressentent envers eux afin de lier deux mondes en un. 

11/ Get me 

Cinquième duo de cet album : Changes. Cette fois avec la chanteuse, auteure-compositrice et danseuse américaine, Kehlani. C’est une touche féminine bienvenue sur cet album qui commençait à être à 200% masculin. Les deux voix se fondent parfaitement et le duo est vraiment agréable à entendre. On a un effet de question-réponse, d’échange entre les deux sur une relation figurative et la compatibilité qu’il peut y avoir. C’est un duo sexy sur un rythme pourtant sombre, avec de nombreuses percussions et basses artificielles, mais c’est bien là le propre du R’n’B et pour le moment Justin respecte sa ligne de conduite. 

12 / E.T.A. 

E.T.A me donne l’impression d’une répète dans une grande salle vide, avec une guitare électrique branché sur un ampli dont le son se réverbère au loin. C’est simple, c’est doux et honnêtement, je trouve ça vraiment beau. J’adore l’effet et j’accroche beaucoup à la chanson, car il me rappelle que la plupart des morceaux que j’apprécie de l’artiste sont ceux qu’il reprenait en acoustique. Aussi, ce titre est sans doute celui qui me plait le plus, pour le moment, de l’opus complet. J’avais capté un Tweet, Hailey qui disait que E.T.A était aussi sa préférée, je comprends mieux pourquoi. 

Mais E.T.A, c’est quoi ? “Estimated Time of arrival”. Dans le monde anglo-saxon l’abréviation ETA signifie l’heure d’arrivée estimé, elle est souvent utilisée par les compagnies de fret et de transport de colis express, mais l’expression sert aussi pour donner l’heure précise d’une personne en fonction de sa localisation. Les états-unis étant divisés en plusieurs créneaux horaires, c’est parfois nécessaire. 

13 / Changes. 

Rien que pour me donner tord, Changes commence avec un air de guitare acoustique. Un mouvement de percussion simple donne le rythme derrière et je rends les armes, fichue guimauve que je suis ! Justin m’emporte avec ce morceau : sa voix et ses mots. Loin du type capricieux et hors de contrôle, il s’expose ici et montre qu’il a mûrit. Changes a un côté solaire, je trouve : Justin évoque le raz-le-bol, le fait d’être couché par la vie et la conséquence que cela a.  

Lorsqu’elle écrase et qu’on ne peut rien contrôler, notre attitude s’accorde en conséquence, entre bouleversement, déception et découragement. Pour autant, si on choisit de se battre, de mettre ce négatif au profit du travail ou d’une passion, alors il est possible de retrouver cette motivation. Quand on n’abandonne pas, la seule chose à faire, c’est d’aller de l’avant. 

14 / Confirmation 

Avec ce titre, on reste sur un style très lounge, confidentielle. C’est l’impression que j’ai en écoutant cette chanson, celle de plonger dans une intimité, dans un échange de promesse : celle d’accepter de ralentir, d’accepter d’avoir besoin de temps, de repos pour se retrouver. Chérir un moment qui n’appartient qu’à deux personnes, sans fioriture. On sent qu’il a eu besoin de se poser, d’avoir un cocon où se sentir à l’aise pour s’épanouir et revenir aujourd’hui, à travers cette piste. 

15 / That’s what love is 

Je souris, car j’ai l’impression d’être à un rendez-vous romantique en Italie ou en Espagne, sur une gondole, au rythme d’une guitare acoustique aux accords typiques. C’est une confession sur le fait d’apprendre ce qu’est l’amour et ce qu’il devait être et combien l’artiste admire la simplicité d’une relation et la facilité dont il est tombé amoureux. 

16 / Al Least for Now 

Dernier titre réel de cet album. Court, là encore, deux minutes trente conclut cet opus. Il conclut aussi cette forme d’introspection que Justin livre tout au long de l’album. Il dresse un constat : à présent, il sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut plus et ce qu’il ne veut plus c’est être une source de déception pour son entourage. Il avoue que le regard de ses proches compte, que le regard de sa femme l’est d’autant plus et qu’il s’est senti perdu dans l’alcool et les déboires de sa vie. Pour autant, l’espoir est bien présent dans ce titre : 

 At least for now
Trying to avoid disappointment
At least for now
One finger at a time, I turn the pages, yeah

17/ Yummy remix. 

 Je qualifierai cette piste davantage de Bonus, dans le sens ou il s’agit d’un remix de la chanson Yummy, par Summer Walker, la nouvelle icône du R’n’B américain. Ce qui ramène à deux, le nombre de collaboration féminine sur cet opus et confère à la chanson un petit côté glamour et sexy qui m’avait sans doute manqué réellement dans la version originale.  

*

Pour conclure, j’ai apprécié écouter cet album.

Je ne le ferais sans doute pas tous les jours, mais divaguer sur cet opus indubitablement R’n’B et gluant d’amour, pour une soirée, a été une belle surprise. Justin Bieber a clairement sorti un album avec beaucoup de contenu, dans lequel il avait beaucoup de choses à exprimer. Le côté R’n’B ne gâche rien aux talents plus pop de l’artiste, c’est un nouveau flow dans lequel il s’épanouit, sans corrompre son style premier pour autant. Changes est bel et bien un album introspectif, doux et libérateur, d’après moi et Roman-e l’a aussi confirmé !

À travers Changes, apprêtez-vous à découvrir la soundtrack de la nouvelle vie de la Pop Star US.
Vous verrez, il y a du changement !

Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionnée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, j’ai vite réalisé, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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