L’Amant – Une adaptation réussie

10/02/2020

Titre : L'Amant

Auteur : Kan Takahama

Editions : Rue de Sèvres

Prix : 18,00€

Parution : 22 janvier 2020

Nombre de pages : 152 pages

Genre : Bande dessinée

Résumé : La narratrice, c’est l’auteure elle- même. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche Chinois. Ils tombent éperdument amoureux et s’engagent dans une relation régit par l’amour et l’argent qui durera un an et demi. Ils se voient régulièrement et ce premier amour fort mais ambigu impose à la jeune fille de faire face à la honte, la peur, la jalousie, et de parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’affirmer.

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Qu’on se soit déjà plongé dedans ou qu’on ait seulement entendu prononcer le titre, L’Amant fait partie des livres phares de Marguerite Duras. Reflet d’une époque déjà bien éloignée de la nôtre, cette histoire semble universelle, bien que contestataire aujourd’hui.

Œuvre autobiographique, L’Amant évoque l’amour adolescent de l’auteure avec un jeune chinois d’au moins dix ans de plus qu’elle. Livrée à elle-même dans ce pays nouveau qu’elle découvre sans en connaître les codes, la jeune fille s’engouffre dans une relation passionnée qui va l’initier aux plaisirs du corps. Mais le plus innocent et amoureux de ce couple osé n’est peut-être pas celui qu’on croit…

Mangaka confirmée, Kan Takahama a collaboré avec de nombreux éditeurs de bande dessinée français, se créant un nom aujourd’hui très remarqué. Jiro Taniguchi salue « son dessin sûr et son récit parfaitement construit (…) éblouissants ». Éblouissants, ils le sont ces plans rapprochés sur les personnages, dévoilant la richesse et le tumulte de leurs émotions, ou encore ces vastes paysages de l’Indochine, dessinés dans des tons pastel.

Kan Takahama nous fait voyager, nous dévoile cette contrée qui nous paraît aussi lointaine, aussi incompréhensible que pour la jeune Duras. Même si le texte est simplifié, la langue actualisée, cette adaptation de L’Amant est une magnifique porte d’entrée pour tous les esprits curieux de s’immerger de façon contemporaine dans un classique de la littérature. Rien ne vaut le texte de Duras, mais pris sous le trait de Kan Takashama, il peut être considéré comme une belle et juste clé d’entrée.

Aventureuse, tête brûlée, la jeune Marguerite est érigée en héroïne de la littérature à laquelle beaucoup d’adolescentes voudront s’identifier. La transposition de ses traits sous le crayon de la mangaka propose une belle ouverture dans cette littérature très française. Un mélange des genres qui fonctionne admirablement bien : les lecteurs de mangas réfractaires aux grands romans n’auront plus d’excuse pour passer à côté de Marguerite Duras !

Merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cette lumineuse adaptation.

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture !
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