Les contours de la mélancolie : compagnie destructrice

27/02/2020

Titre : Les contours de la mélancolie

Auteur : Léa Herbreteau

Editions : Calmann-Levy

Prix : 19,50 €

Parution : 2 janvier 2020

Nombre de pages : 272 pages

Genre : drame

Résumé : Avant, Elena était consultante en philosophie et rédigeait une thèse, jusqu'au jour où tout s'est effondré.
Depuis, elle passe ses journées enroulée dans sa couette, un café au sauvignon à portée de main, et pense à Théo.
Théo qui est parti, mais qui est encore partout.
Un matin, sa voisine Madeleine frappe à sa porte.
Ses cheveux sont longs et gris, ses vêtements sont noirs.
Sa peau est constellée de taches de vieillesse et elle pue le médicament. Elle dit qu’elle vient juste pour le café.
Juste pour discuter.
Mais les jours passent et Madeleine est toujours là, bien décidée à s’insinuer dans la vie d’Elena, à lui chuchoter des pensées de plus en plus sombres.

.

Quand on entame la découverte d’une œuvre, on amène toujours un regard influé par certaines attentes, notamment d’un point de vue narratif. Est-ce que tel film va suivre ce chemin balisé ? Est-ce que tel livre parviendra à s’orienter différemment de ce qu’on a lu sur un sujet similaire ? Peut-on être surpris ou apprécier la façon dont s’agence l’intrigue ? Toute appréhension ou création d’une œuvre relève de l’expérience d’une vie et d’un regard qui nous est unique et permet de vivre un moment qui nous est propre. Ce rappel peut sembler inutile aux yeux de certains mais il doit être fait quand on parle de ce magnifique premier roman que constitue « Les contours de la mélancolie ».

Léa Herbreteau fait ainsi dégager une vie de son roman, de celle qui nous étreint dès les premières pages et parvient à rendre plus fort ses (nombreux) moments émotionnels en touchant à des interrogations autodestructrices dans lesquelles on peut se reconnaître. Faire de son héroïne une philosophe sur le bonheur malheureuse, notamment au vu de la pression subie au travail, relève de l’actuel au vu du climat socio-économique oubliant l’humain dans l’employé ainsi que de l’interrogation commune que l’on a de notre propre bonheur.

Le personnage de Madeleine sert alors de contrepoint néfaste créant une certaine tension par sa manière de propager une volonté d’annihilation personnelle qui ne peut que mal aller. Par ce biais, Herbreteau parle de sujets qui restent encore tabous tout en évitant de tomber dans de l’affect superficiel. Bien au contraire, on établit une relation forte, presque passionnelle avec Elena par ce que vit notre héroïne, ce drame dans lequel on peut se reconnaître par cette perte de repères totale et cette avancée vers notre propre destruction pour de multiples raisons.

C’est donc un superbe premier roman que nous offre Léa Herbreteau avec « Les contours de la mélancolie », de ceux qu’on referme largement ému par la manière dont nos sentiments ont été travaillés tout au long du récit. S’inscrivant dans des questionnements actuels par leur place sociale mais également des interrogations assez intimes, ce livre est tout simplement bouleversant et installe la romancière comme un talent à suivre absolument par l’étreinte émotionnelle qu’elle nous offre dès sa première œuvre.

.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
0 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *