Ozzy Osbourne - Ordinary Man

27/02/2020

Titre : Ordinary Man
 
Artiste : Ozzy Osbourne 
 
Label : Epic Records 
 
Parution : 21 février 2020 
 
Nombres de pistes : 11  
 
Durée : 49 mn 

 

Quand le Prince des ténèbres revient en 2020 avec un nouvel album, tout le clan des mangeurs de chauve-souris se regroupe autour d’un buffet et n’attend qu’une chose : déguster cet album aux petits oignons ! 

1/ Straight To Hell 

Une ouverture vocale très lyrique sur la version Spotify du titre, qui n’est pas sans rappeler celle d’une épopée avant l’arrivée d’un solo de guitare qui me fait sourire jusqu’au oreille. On reconnaît derrière la marque de fabrique du grand Slash, en plus de la patte d’Ozzy. Avec des rires en fond sonores digne d’une maison de l’horreur, le Prince nous parle d’addiction à la drogue et de la mort, tout en nous envoyant droit en enfer, par le premier train ! Autant dire que ça commence fort et ces solos de guitare envoûtants me filent la chair de poule d’entrée de jeu, bon sang ! 

2/ All My Life 

Un début assez doux. Je m’assoie et écoute l’histoire de tonton Ozzy, bien sagement. Je me laisse porter sur la nostalgie du titre, sur ces moments qui ont constitué toute la vie du chanteur et cette réminiscence, d’abord de l’enfant, puis de l’homme. Inscrit dans la pure veine heavy metal, la touche mélodique en plus, All My Life est un titre qui devient entraînant, avec une impulsion appréciable sur les refrains, qui reste bien en tête. 

3/ Goodbye.  

Ce qui est toujours génial, avec Ozzy, c’est qu’on a toujours l’impression, nous, pauvres humains, de le partager avec le diable, lui-même. Cette chanson n’en fait pas exception, il nous faudra le partager avec le paradis et l’enfer, quand bien même il parviendrait à rejoindre l’un des deux. Avec des riffs tenus et des accords qui font froid dans le dos, l’artiste nous balade jusqu’au milieu de la chanson, depuis les limbes du purgatoire d’où une envolée puissante nous rafle au passage.

Avec des titres de plus de 5 mn 30, l’artiste nous ballotte au gré de ses envies, à travers plusieurs variations et c’est ce qu’on aime indubitablement retrouver d’un album à l’autre. Pour autant, merci de réserver vos places dans le train de l’enfer, le départ est proche et avec cette chanson, Ozzy tente de nous le dire le plus ordinairement possible. 

4/ Ordinary Man 

Si je m’attendais à voir un jour Ozzy Osbourne et Elton John partager un titre ! Heureusement que je suis assise, sans quoi, j’en tomberai des nues. Ce début au piano m’a fait frissonner de la tête aux pieds ! C’est doux, mélodieux, sincère : Ozzy parle de se racheter. La chanson aborde le fait qu’il a vécu une vie de rock star, en étant sans importance. Maintenant qu’il vieillit, il prend conscience qu’il ne veut pas mourir comme un homme ordinaire.

L’alternance de voix entre Ozzy et Elton est juste incroyable, deux voix fortes, deux styles qui se marient parfaitement sur un morceau mélancolique. Je suis soufflée par la beauté qui s’en dégage. Entre regret, constat et espoir, ce titre me laisse totalement démunie face à tous les sentiments qu’il m’inspire ! RESPECT ! Andrew Watt et Flash jouent de la guitare sur ce morceau, ce qui le rend tout simplement parfait à mes yeux. 

5/ Under The Graveyard 

C’est un texte sombre qui nous plonge dans les pensées d’un homme en pleine réflexion : on y voit un questionnement sur la vie et la mort, sur le fait d’être proche de la fin. Ozzy décide de retourner en studio après sa collaboration avec Post Malone sur “ Take What You Want” pour enregistrer ses propres compositions. “Under The Graveyard” est le premier single original du chanteur depuis Let It Die en 2010. 

6/ Eat Me 

Si le titre me fait penser à Alice aux Pays des merveilles, c’est que je suis sans trop innocente pour écouter cet album. Pourtant, la chanson s’ouvre sur un air d’harmonica très far West, une invitation au duel. Ozzy ne cesse de provoquer avec cette chanson coup-de-poing, si la thématique est simple : mange moi avant que je ne le fasse. Une métaphore un peu tordue pour exprimer le fait de prendre le dessus avant d’être mis au tapis – tuer ou être tuer. 

7/ Today Is The End

 C’est une chanson que j’ai trouvée étrangement….mélancolique, au sein de cet album, mais je ne sais pas, j’ai senti une sorte d’ouverture, de soulagement. Bien que ce ne soit pas explicitement dit, en écoutant cette chanson, j’ai pensé aux récentes fusillades dans les écoles : 

Run, you better run, you better run
Nowhere to run, you can’t get away from you
 
The sun is black, the sky is red
And it feels like today is the end (Ooh, ooh, ooh)
The kids are running as fast as they can
Could it be that today is the end? (Ooh, ooh, ooh)

 

J’y retrouve une critique des médias également, qui n’ont eu de cesse de relayer le nom de ces meurtriers, apportant une pierre à l’édifice de leur prétendue célébrité : 

They kill and we give them fame
So tell me who is to blame
(You animal)

 

D’autant que le refrain me donne une impression d‘être presque surnaturellement pop, on retrouve même un passage électro dans cette chanson, accompagnant un solo à tomber, bien sûr. Le mélange reste audacieux, malgré des paroles sombres. 

8/ Scary Little Green Man 

D’accord, alors là, je dois dire que j’ai explosé de rire, quand j’ai réalisé que « Scary Little Green Men » faisait référence aux Aliens. Mais Aliens type cartoon comme on en voit partout à la télé, pas Aliens versus Predator. Roman-e m’a achevé en avouant que Jason Momoa était annoncé dans le vidéoclip de cette chanson, impossible de rester sérieuse après tant de révélations ! Il n’y a qu’Ozzy Osbourne pour caser une chanson sur les Aliens dans un album et l’appelait Ordinary Man. J’adore l’humour, le côté décalé et le fait de ne pas se prendre au sérieux. Cet homme a mon respect éternel ! 

Je vous laisse avec le Teaser qui promet du lourd ! 
Mention spécial pour les « Bat-Lover » ! 
 

 

9/ Holy for Tonight 

Comme je disais, il n’y a qu’Ozzy pour parler d’Aliens et nous placer un titre comme Holy For Tonight tout de suite après. C’est une balade magnifique qui m’apporte beaucoup d’émotions. Les paroles, en plus d’être simples et efficaces, sonnent comme le dernier au revoir d’un grand homme avant sa mort, qu’il laisse planer tout au long de l’album. Le Prince des Ténèbres met en avant le vieillissement d’une légende. À travers cette chanson, Ozzy tente la rédemption, d’être un saint pour les derniers jours et s’éteindre en homme bon, comme il le dit dans “Ordinary Man”. C’est d’autant plus poignant suite à l’interview qu’il donnait pour Loudwire : 

“ I fell over, and bashed my head as I went down. And I lay there thinking quite calmly to myself, “Well, you’ve really fucking done it now.” I went to the hospital and they found this thing in my spine. In your spinal cord, each bit has fluid ‘round it, but it was all pinched and the fluid wasn’t getting to it. I was in fucking agony. My arm went fucking dead, and I’m only just getting the feeling back. I got a staph infection in my thumb. Fixed that. Then I had the accident. Then I came out of that and I got pneumonia. That didn’t go away. I thought, “Why don’t you just fucking kill me?”

Am I happy now? No. I haven’t got my health. That thing knocked the shit out of me, man, but I’m still here. In fact, I worried about [death] more when I was younger than I do now. I just try to enjoy things as much as possible, even though that’s so fucking hard sometimes.” 

[TR :  Je suis tombé et je me suis cogné la tête en descendant. Et je suis resté allongé là, à me dire très calmement: « Eh bien, tu l’as vraiment fait, là. ». Je suis allé à l’hôpital et ils ont trouvé ce truc dans ma colonne vertébrale. Dans votre moelle épinière, chaque mèche est entourée de liquide, mais tout était pincé et le liquide n’y arrivait pas. J’agonisais vraiment, bordel.  Mon bras était putain de mort, et j’en retrouve tout juste la sensation. J’ai fait une infection staphylococcique dans le pouce. Ça c’est soigné. Puis j’ai eu l’accident, je m’en suis sorti pour avoir une pneumonie. C’est pas parti, ça d’ailleurs. Je me suis dit: « Pourquoi tu ne me tues pas, putain ? « Suis-je heureux maintenant ? Non, je n’ai pas ma santé. Cette chose a fait ressortir toute cette merde, mec, mais je suis toujours là. En fait, je m’inquiétais plus de [la mort] quand j’étais plus jeune que maintenant. J’essaie juste d’apprécier les choses autant que possible, même si c’est vraiment dur parfois.]

10 / It’s A Raid 

C’est un titre qui commence sur les chapeaux de roue. Une ouverture “course poursuite” avec sirène de police, digne d’une soundtrack de GTA ou Fast & Furious. C’est une piste qui donne la pêche et que j’adorerai entendre sur scène ! C’est rock, catchy et hyper stimulant, le genre de chanson badass qui nous rend invulnérable, prêt à conquérir le monde ou le détruire, à voir. Ce titre finit dans une de mes playlist, pour sur !  

11/ Take What You Want

Cette chanson est un titre du groupe Post Malone, à la base, où Ozzy se positionne sur les refrains et Travis Scott – oui, le même Travis Scott qui a collaboré avec Justin Bieber sur Second Emotion ou encore No Sense – sur le second verset et pré-refrain. Une chanson, trois styles et ça fonctionne ! Ça fonctionne même du tonnerre et montre que le Prince des Ténèbres ne sera jamais vraiment prêt à se mettre à l’ombre. 

“Take What You Want” is a super bitchin’, legendary record. Shoutout to Ozzy. Ozzy Osbourne. That’s fucking it. That’s all I gotta say really. A super talented friend of mine, Andrew Watt, told me Ozzy wanted to do a song with me, but I did not think it would actually happen. After my recent tour ended, I got a FaceTime from Ozzy and Watt and now it is a smush [sic] hit. What an explosion! » / Post Malone Via Spotify. 

[ TR : « Take What You Want » est une putain de saloperie, un enregistrement de légende. Bravo à Ozzy. Ozzy Osbourne. Ça fait tout !. C’est tout ce j’ai à dire, vraiment. Un de mes amis super talentueux, Andrew Watt, m’a dit qu’Ozzy voulait faire une chanson avec moi, mais je ne pensais pas que ça arriverait réellement. Après la fin de ma dernière tournée, j’ai eu un FaceTime d’Ozzy et Watt et maintenant c’est un putain de succès. Quelle explosion!”]

En conclusion, je termine cet album avec un coeur à la fois rempli de joie, après dix ans sans avoir eu la chance d’avoir de nouvelles pistes sous la dent et une mélancolie amère, quant au fait qu’il puisse possiblement être l’ultime cadeau d’un grand homme qui a bercé les premières années de ma vie.

Dans Ordinary Man, Ozzy reste fidèle à lui-même, à ce qui fait son succès et l’essence même de son personnage, tout en osant des featuring inattendus. On retrouve dans cet album une sincérité et une sagesse qui prouve que même si le Rock’n’Roll ne meurt jamais, les étoiles elles, le peuvent. Que le Prince des Ténèbres ait l’esprit tranquille, dans mon coeur, il n’a vraiment rien d’un homme ordinaire. 

 
Ozzy Osbourne – Download Festival 2018. 
 

TOP TITRES : 

Straight To Hell 
Ordinary Man 
Holy For Tonight

 

Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionnée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, j’ai vite réalisé, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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