En avant- Une quête familiale magique

10/03/2020

Titre : En avant

Réalisateur : Dan Scanlon

Avec : Tom Holland, Chris Pratt, Julia Louis-Dreyfus, Thomas Solivérès, Pio Marmai, Juliette Degenne, Maïk Darah, Gilles Morvan, ...

Genre : Animation, fantastique

Durée : 1h40

Nationalité : Américain

Sortie : 4 mars 2020

Résumé : Dans la banlieue d'un univers imaginaire, deux frères elfes se lancent dans une quête extraordinaire pour découvrir s'il reste encore un peu de magie dans le monde.

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En un peu plus de vingt ans, Pixar s’est imposé comme un géant de l’animation, capable d’émerveiller et toucher droit au cœur toutes les générations. A travers les aventures de jouets, rats, monstres, robots ou encore voitures, les studios d’animation ont su marquer les esprits et surprendre grâce à des récits ingénieux et riches en émotions, de l’imagination et de la finesse d’esprit, articulés autour de thèmes universels à l’image de la famille, l’amour, l’avenir ou encore la quête de soi. Des images qui parlent aux plus petits comme aux plus grands.

Aujourd’hui, avec En Avant, réalisé par Dan Scanlon, produit par Kori Rae et coproduit par Walt Disney Pictures, les studios signent leur vingt-deuxième long-métrage d’animation. Celui-ci annonce une histoire inédite et originale. Un défi pour le géant de l’animation qui propose pour la première fois une aventure fantastique. Pour ses nouvelles aventures, Pixar nous emmène dans un monde semblable au nôtre, où la population côtoyait autrefois la magie. Deux frères elfes adolescents se lancent dans une quête magique pour retrouver ce qui leur a été enlevé bien trop tôt. Comme d’habitude avec Pixar, le résultat est absolument spectaculaire visuellement parlant sur le fond d’un récit sincère aux messages simples et pourtant si importants.

La voix off commence en annonçant la couleur de ce nouvel univers : « Autrefois le monde était rempli de merveilles, tout n’était qu’aventure, il y avait la magie…» mais seulement les choses changent. Dans la banlieue d’un univers imaginaire, les lutins, les elfes et autres créatures mythiques se côtoient, mais ont fait le choix de vivre leur vie avec les commodités modernes. C’est vrai pourquoi recourir à la magie quand l’autoroute, l’électricité, ou encore les voitures existent ? Désormais, les licornes mangent dans les poubelles, les sirènes se contentent d’une pataugeoire à enfants, les fées se baladent à motos et les centaures policiers préfèrent se déplacer en voiture.

Dans ce monde magique plus si magique, vivent Ian et Barley Lightfoot, deux frères elfes adolescents qui ont perdu leur père très tôt. Le jour du seizième anniversaire de Ian, le cadet timide et maladroit, sa mère lui offre un cadeau de son père, décédé avant sa naissance : un bâton de sorcier accompagné d’un sort magique capable de le ramener à la vie le temps d’une journée afin que ses fils le rencontre. Mais bien évidemment, les choses ne sont pas aussi simples que cela. Barley, le frère qui connaît tout de la sorcellerie et les moindres secrets du monde fantastique délaissé par leur civilisation, ne parvient pas à réaliser le sort. Le jeune frère tente alors sa chance, découvrant involontairement au passage ses pouvoirs magiques mais lorsqu’il lance le sort les choses ne se passent pas comme prévues : la résurrection s’arrête à mi-chemin, ne matérialisant que les jambes de son père.

Afin de compléter le sort et avoir l’occasion de revoir leur père entièrement, les deux frères se lancent dans une véritable course contre la montre en quête d’une pierre magique, à bord du van restauré de Barley dénommé Guenièvre.

Le réalisateur et co-scénariste Dan Scanlon (Monstres Academy) s’est inspiré de sa propre vie pour l’histoire. Une inspiration personnelle qui rend le long-métrage réellement authentique. Son père est décédé alors qu’il n’était âgé que de un an et son frère de trois. Ils ont dû grandir sans sa présence, mais un cadeau de leurs proches lorsqu’ils étaient adolescents l’a en quelque sorte ramené à la vie. Il s’agissait d’un court enregistrement sur lequel les deux garçons pouvaient entendre la voix de leur père prononcer les mots « Bonjour » et « Au revoir ». Un moment magique que le réalisateur n’a pas manqué d’intégrer à son récit animé. S’étant toujours demandé ce qu’il dirait à son père s’il pouvait le revoir le temps d’une journée, il en a fait la base de l’histoire de En Avant. Le film d’animation constitue alors un hommage à ce père qu’il n’a jamais pu connaître, mais aussi des remerciements chaleureux pour sa mère et pour son frère qui a joué ce rôle de soutien tout au long de sa vie. Il est de ce fait intéressant de le voir traiter et représenter ses propres rapports fraternels avec son ainé au travers des deux héros tout en usant des codes de la fantasy.

En effet, avant d’être une histoire magique, En Avant est surtout celle de deux frères. Ian et Barley (respectivement doublés par les stars de Marvel : Tom Holland et Chris Pratt en version originale; Thomas Solivérès et Pio Marmai version française) sont tous deux attachants à leur manière mais très différents l’un de l’autre. Le cadet est studieux, timide et maladroit tandis que l’ainé est plus bruyant et excentrique. Cette quête à laquelle ils vont devoir se livrer s’apparente à un récit initiatique pour le jeune Ian qui pense qu’avoir connu son père aurait fait de lui un homme plus confiant et audacieux. Mais cette aventure est également un moyen pour les deux garçons de se redécouvrir et de se rapprocher émotionnellement. Leur mère Laurel, femme forte et mère encourageante, est un personnage et une représentation d’une figure maternelle réussie, elle mène sa propre quête en parallèle pour tenter de sauver ses petits. Une mention spéciale également pour le personnage de la Manticore, créature ici aussi légendaire que délirante apportant un petit plus à l’histoire.

Toutefois, pour les plus grands, En Avant cache un sous ton. Le nouveau Pixar reprend une formule classique et toujours aussi originale chez Disney/Pixar : celle d’établir l’histoire dans un monde humain mais sans humains. Ainsi, le monde représenté ici est réaliste mais peuplé de créatures mythiques (centaures, licornes, fées, dragons…). Pourtant, il s’y dissimule aussi une certaine critique du capitalisme américain. En effet, la ville où vivent nos héros ressemble étrangement à une ville californienne, où désormais les créatures merveilleuses ont perdu toute leur grandeur : les licornes mangent dans les poubelles, les fées travaillent dans des conditions médiocres et les habitants se sont conformés au confort institué par la société capitaliste contemporaine. Un parallèle assez subtil avec notre propre société.

En Avant est un film d’animation divertissant sans le moindre doute. Les aventures des frères Lightfoot s’enchaînent à un rythme effréné avec une certaine dose d’humour. La sincérité de leur duo rend la quête encore plus touchante. L’histoire de ces deux elfes bleus se révèle surprenante mais il faut avouer que c’est la dernière partie du film qui vient changer la donne et le ressenti sur celui-ci. En effet, le film y trouve un sens inattendu et on pose alors un regard différent sur l’ensemble de celui-ci.

Comme nombreux films signés Pixar, En Avant est empreint de nostalgie, s’adressant à la part enfantine en chacun de nous. Un récit également sur le deuil et la perte de ses proches, qui saura toucher tous ceux ayant vu l’un des leurs partir trop tôt. Les autres thèmes présents sont ceux chers aux studios d’animation tels que la construction et l’acceptation de soi ou encore la famille. De plus, la magie est utilisée de manière à refléter l’apprentissage de la vie du jeune héros.

Le nouveau Pixar démontre une nouvelle fois la virtuosité des studios avec un visuel coloré tout autant stupéfiant que remarquable. En somme, En Avant est un bon Pixar avec des personnages attachants, une quête passionnante, de l’émotion ainsi que de beaux messages. Mais c’est peut-être cela le souci avec ce film, c’est un bon Pixar mais pas un Pixar mémorable. Lorsqu’on le compare à des projets précédents des studios, il est difficile de le placer en haut du panier. Il n’atteint par exemple pas l’émotion conviée par Là-haut ou Coco. Alors oui, En Avant est un bon Pixar, il est difficile de dire le contraire mais les studios d’animation nous ont habitué à de l’incroyable pur et il en manque une petite dose ici.

En conclusion, En Avant livre à travers cette quête familiale magique palpitante et remplie d’émotions, des messages importants autour de la fraternité, la famille, la perte de ses proches, le deuil et l’acceptation de soi. Des thèmes qui parlent à toutes les générations. Bien qu’il ne fasse pas partie des Pixar les plus mémorables, le film fantaisiste de Dan Scanlon reste une création originale divertissante, explorant des thèmes chers au studio. Un film d’animation charmant qui s’adresse à la part enfantine en chacun de nous.

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Bercée par la magie de Disney, j’aime me perdre à imaginer et créer de belles histoires. Je passe le plus clair de mon temps libre assise dans une salle de cinéma et l’actu ciné suffit à égayer ma petite journée.
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