La première faute – L’histoire (trop longue) d’un amour chaotique

25/04/2020

Titre : La première faute

Auteur : Madeleine Meteyer

Editions : JC Lattès

Prix : 19,90€

Parution : 25 mars 2020

Nombre de pages : 336 pages

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : Quand ils se rencontrent à l’université, ils ont la vingtaine. Valentine croit à la tradition, François au progrès, mais ils tombent amoureux. Les années passent et avec elles arrivent le premier emploi, le premier appartement, le premier enfant, le mariage. Dix ans plus tard, François est devenu grand reporter, Valentine est éditorialiste. Ils ont trois enfants et tout de la famille idéale. Pourtant, quelque chose dissone. Peu à peu, sous le vernis des apparences, se révèlent les secrets et les fautes enfouis.

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Grand roman d’amour, La première faute retrace la naissance et la lente trajectoire de deux esprits que tout oppose. Elle est virevoltante, secrète, conservatrice ; il est discret, ouvert et aspire aux libertés universelles. Leurs chemins se croisent rapidement à l’aube de leur vie d’adulte, ils auraient pu (peut-être dû ?) ne pas s’aimanter. Mais les contraires s’attirent, et avec eux, l’amour d’un impossible. Valentine et François grandissent, troquent sans le vouloir leur insouciance de jeunes adultes, leurs idéaux d’étudiants à une vie de couple progressivement ternie.

Grâce à une construction en trois parties, Madeleine Meteyer nous plonge dans la rencontre puis la construction et enfin l’effritement d’un couple qui vit dans la confrontation permanente. Leurs caractères sont différents, leurs aspirations aussi, mais leur équilibre tient bon. Les épreuves s’accumulent, la vie ne les épargne pas.

Valentine peine à trouver une place légitime dans un modèle familial traditionnel qui pourtant ne lui convient pas. Le rôle de la mère de famille devrait lui correspondre, répondre aux idées qu’elle défend envers et contre tous, mais l’instinct maternel ne naît pas. Sa liberté de femme, sa liberté de penser lui manquent.

Face aux états d’âme de sa femme qu’il désire comme au premier jour, mais qu’il ne comprend pas, François est décontenancé. Il s’accroche à cet amour, le délaisse, le pourchasse malgré tout. Père de famille, il n’assume pas non plus ce rôle d’autorité qui devrait lui être conféré. Ses enfants ressemblent à leur mère, ils grandissent avec elle, pour elle, jusqu’au point de rupture.

La complexité des personnages et des liens qui se tissent et se détendent entre eux est remarquablement mise en place dans ce premier roman. A travers une écriture tranchée qui sonne comme un couperet, Madeleine Meteyer dresse le portrait non pas d’une famille mais d’un couple qui enchaîne les montagnes émotionnelles mais qui, finalement, saura toujours se reformer.

Mais cette analyse finement mise en scène n’échappe malheureusement pas à quelques longueurs qui peuvent perdre le lecteur. La routine et l’ennui de la relation amoureuse semblent être illustrés par celle d’un texte qui, deux fois moins long, aurait gagné en puissance et probablement en tension narrative. Dommage !

Merci aux éditions JC Lattès pour cette découverte.

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture !
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