L'Appel de la forêt - Un sympathique film qui a du chien

01/04/2020

Titre : L'Appel de la forêt

Réalisateur : Chris Sanders

Avec : Omar Sy, Harrison Ford, Dan Stevens, Cara Gee, ...

Genre : Aventure, drame, famille

Durée : 1h40

Nationalité : Américain

Sortie : 19 février 2020

Résumé : La paisible vie domestique de Buck, un chien au grand cœur, bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon canadien pendant la ruée vers l’or des années 1890. Buck va devoir s’adapter et lutter pour survivre, jusqu’à finalement trouver sa véritable place dans le monde en devenant son propre maître…

Qui n’a jamais craqué devant la bouille d’un chien ? Cette brave bête reconnue comme le meilleur ami de l’homme est présente depuis toujours à nos côtés, fidèle et prête à tout pour nous satisfaire. C’est tout naturellement qu’il squatte nos petits et grands écrans, depuis les débuts de ce média formidable qu’est le cinéma (et bien avant les stars d’Internet, les chats). Qu’ils s’appellent Rintintin, Lassie, Beethoven ou Jack dans The Artist, les films qui mettent en scène ces animaux ont une saveur particulière, un peu comme une madeleine de Proust qui nous renvoie bien souvent à l’enfance. Une présence qui a évolué selon le bon vouloir du cinéma. Comme pas mal d’enfants des années 90, beaucoup auront grandi avec Beethoven le Saint-Bernard, Buddy le labrador ou les « 3 compères » de l’Incroyable Voyage, Shadow, Sassy et Chance. Les bêtes étaient de véritables animaux, en chair et en os. Mais aujourd’hui, avec les avancées technologiques du numérique, les possibilités sont décuplées. Nos amis à 4 pattes peuvent tout faire et tout jouer sans être physiquement là. Mais est-ce vraiment une bonne chose ? Ne perdons-nous pas ce qui fait l’essence même de ces films ? Ces questions-là, je me les suis posées après avoir vu « L’Appel de la forêt » ou « The Call of the Wild », le premier né de la 20th Century Studios, la toute nouvelle acquisition des studios Disney.

Dans une coquette propriété californienne, le juge Miller, un notable du comté de Santa Clara, est l’heureux maître de Buck, un gros croisé Saint-Bernard. Aussi attachante que gaffeuse, cette grosse boule d’énergie a tout pour être heureuse et fait régner la terreur au sein de la maisonnée. Ce qui ne tarde pas à susciter l’intérêt de personnes ayant de mauvaises intentions à son égard. Un soir, naïf et beaucoup trop gâté par ses maîtres, notre ami à quatre pattes est enlevé et vendu à un chercheur d’or, qui l’expédie tout droit dans le grand nord canadien. Loin de son confort, Buck se retrouve confronté à la dure réalité de sa nouvelle vie face à des hommes sans scrupule et avides de richesse. Au fil de ses mésaventures et de ses rencontres, ce gros toutou surmontera tous les obstacles possibles à la découverte de lui-même, toujours guidé par un être mystérieux qui semble le mener vers sa destinée.

L’Appel de la forêt a tout d’un live-action signé Disney, du moins il en comporte tous les codes (adaptation d’un roman populaire, photographie reconnaissable, colorimétrie appuyée pas loin de l’artificiel et bien sûr abus de la CGI, auxquels la firme aux grandes oreilles nous aura habitués en une décennie). Mais mettons les choses au clair : ce film est une production de la 20th Century Fox, rebaptisée il y a peu 20th Century Studios. Et quand bien même ils ne voulaient pas qu’il y ait d’amalgame avec Disney, le statut de cette dernière la place au même niveau qu’un Pixar ou qu’un Marvel.

Réalisé par Chris Sanders à qui l’on doit pas mal de films d’animation mémorable comme Lilo et Stitch (2002), Dragons (2010) ou Les Croods (2013), le réalisateur propose, pour son premier live-action aux spectateurs, un récit d’aventures haletant dans le grand nord canadien en prenant pas mal de libertés sur le texte original. À la différence des précédents films, son remake axe son point de vue à travers le personnage principal qui n’est autre que Buck, là où les autres films relataient à 50/50 les événements à travers des hommes. Dès le début, on ressent la volonté, pour le réalisateur et son équipe, de rendre hommage à une période marquante de cette région mais surtout à ses acteurs du quotidien.

L’ensemble est servi par une écriture plutôt fluide et sans temps mort. La structure scénaristique du film est classique et ne prend pas de véritable risque pour en sortir, mais assume totalement la direction qu’elle s’est choisie, à savoir l’envie de raconter le parcours initiatique de Buck ainsi que son empreinte durable sur tous ceux qui le côtoient. Mais c’est aussi un bon prétexte pour montrer les ravages de l’Homme sur les animaux et la nature dans une moindre mesure. Cette sensibilisation à la maltraitance animale s’effectue par des scènes assez brutales, mais qui ne tombent jamais dans le trash. La narration s’appuie à certains moments sur la voix en off de John Thornton, joué par Harrison Ford qui, si elle peut en gêner certains, est la bienvenue pour les plus jeunes spectateurs. C’est aussi un petit rappel à l’origine littéraire de cette histoire qui nous est contée.

Mais venons-en au problème majeur de ce film : Buck. Car oui, ce chien est entièrement numérique et interprété par un acteur. Un parti pris qui, dès les premières bandes annonces, n’engageaient franchement pas à découvrir le long-métrage. Et les 30 premières minutes du film renforcent cette impression. Un œil avisé remarquera les artifices, à commencer par les expressions faciales de Buck qui sont trop humaines, son comportement et ses actions qui sont trop cartoon ; tout cela manque de réalisme. Mais passé cette partie du film, le chien devient beaucoup plus digeste à suivre, on finit par y croire et suivre avec attention son histoire. Bien sûr on aurait grandement préféré avoir affaire à un vrai chien comme à l’époque, mais après visionnage, il est clair qu’il aurait été impossible d’arriver au même résultat. Pour ce qui est des autres protagonistes du film, il y a beaucoup à dire aussi. Si les adjudants de notre ami Buck sont vraiment attachants, les antagonistes sont loin de faire l’unanimité. Le film présente l’Homme comme LA menace principale du récit. Il corrompt, fait preuve de violence et d’autorité sur le chien. Sur ce point-là, le film est convaincant en faisant du bâton le symbole de cette domination et de la violence aussi bien physique que psychologique. Mais à partir du moment où le film donne un visage à cette menace, on se retrouve avec un personnage sans charisme et exagérément ridicule.

Dans son fringant costume trois-pièces qui pique les yeux,, Dan Stevens, qu’on a notamment vu dans La Belle et la Bête (2017) ou la série Downtown Abbey, ne fait clairement pas le poids. Il surjoue en permanence le méchant cupide sans vraiment lui donner corps. C’est d’autant plus difficile de supporter un tel gâchis de personnage quand on connaît le talent de cet acteur. On se retrouve face à une caricature, ce qui est fort dommage car en s’y attardant un peu plus, il est possible de voir les intentions des scénaristes sur la construction de ce personnage et l’évolution qui lui était destinée. Celle d’un produit de la société avide de richesse et imbu de lui-même, qui au fil de l’intrigue perd de sa superbe ainsi que son humanité pour retourner à ses instincts les plus primaires. Une évolution qui aurait fait écho à celle de Buck en beaucoup plus positif.

Là où le film aurait mieux fait de faire des économies (pour l’allouer aux effets visuels par exemple), c’est dans son choix de casting. La présence de certains acteurs est clairement anecdotique, pour ne pas dire inutile. Elle n’apporte pas grand-chose à l’intrigue, la faute à un temps de présence moins important par rapport à d’autres. Omar Sy, qui outre-Atlantique a longtemps été cantonné à des rôles très secondaires, campe un personnage fort sympathique qui se veut légèrement comique dans la grande tradition du film d’aventures. On est ravi de le voir prendre du grade à Hollywood. Il a la fougue de la jeunesse et on ressent l’enthousiasme qu’il a à jouer Perrault. Une interprétation qui contrebalance avec celle d’Harrison Ford qui porte véritablement le film. Loin de ses reprises de rôles emblématiques qui on fait sa gloire, l’acteur joue un personnage à sa mesure, sage, réfléchi mais solitaire, désabusé par la vie et en quête de rédemption. On sent un véritable plaisir pour l’acteur de jouer Thornton.

Outre ces personnages, la mise en scène offre de jolies séquences d’évasions dans la région du Yukon au Canada. Que ce soit sur la banquise ou dans les forêts, les paysages et les environnements explorés sont un plaisir pour les yeux. Il est dommage que les quelques prises de vues qui ont été faites en studio ressortent parfois mal à l’écran. Mais la musique de John Powelll, elle, réussit parfaitement à accompagner le film et à insuffler cette aura épique d’aventure, de quête et de dépassement de soi.

A travers son long-métrage, Chris Sander aborde en sous-texte des thématiques intéressantes comme le quotidien dans le grand nord pendant la ruée vers l’or, par le biais des chercheurs d’or mais aussi celui des mushers et de leur attelage de chiens qui font le lien entre les communautés. Le film prône aussi le vivre ensemble et la mixité à travers le couple que forment Françoise (Cara Gee) et Perrault (référence au lien entretenu entre autochtones et colons), ou encore par l’attelage hétéroclite que forme le musher pour accomplir sa mission. Ils sont tous différents mais travaillent ensemble, ils forment un clan, une meute, une famille. Sur d’autres points le film prend des allures de documentaire animalier, on constate le travail de recherche sur le comportement canin, leur gestuelle, la question de la hiérarchie et tout ce qui va avec. Mais ce qui ressort véritablement du film, c’est avant tout un retour à la nature, à des relations plus apaisées et simples avec le monde qui nous entoure. En somme, un message écologique simpliste et idéalisé dans certaines scènes du film, mais qui en ces temps de crise ne fait pas de mal.  

En conclusion, L’Appel de la forêt, réalisé par Chris Sander, est un bon divertissement. Si au début le manque de réalisme de notre héros à quatre pattes, marqué par l’anthropomorphisme, et ses agissements cartoonesques peuvent grandement gêner, on finit très vite par l’oublier pour se focaliser exclusivement sur la jolie histoire qui est nous contée. L’émotion et l’aventure sont au rendez-vous grâce aux deux acteurs que sont Omar Sy et Harrison Ford, qui portent à eux seuls le film. Oui, on peut trouver tout cela un peu trop gentillet et manichéen, mais le film fait son taf et véhicule de l’émotion et des messages sur les différentes facettes de l’humanité et sur le monde qui nous entoure. Le seul véritable regret que l’on pourrait reprocher au film serait le manque de travail apporté à l’antagoniste du film qui fait clairement tache. Mais si vous aimez les adaptations littéraires, les chiens et l’aventure au grand air, ce film est fait pour vous. 

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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