U-235 : prêts à plonger ?

23/04/2020

Titre : U-235

Réalisateur : Sven Huybrechts

Avec : Koen De Bouw, Thure Riefenstein, Ella-June Henrard, ...

Genre : Guerre

Durée : 1h42

Nationalité : Belgique

Sortie : Avril 2020

Résumé : En pleine Seconde Guerre mondiale, une équipe de résistants belges sans foi ni loi est engagée pour kidnapper un sous-marin allemand. Leur mission : apporter l'uranium nécessaire au projet Manhattan du Congo belge à New York. Mais quand l’ennemi allemand se dresse sur leur route, c’est l’avenir de l’humanité entière qui se joue.

La Belgique, plat pays qui est celui du rédacteur de cette critique, est une contrée compliquée car basée sur une opposition de culture entre les Flamands (néerlandophones) et les Wallons (francophones), là où la partie germanophone du pays se situe plus en retrait dans ce schéma binaire. Cette confrontation de langage amène donc à, comme dit plus tôt, des cultures différentes, notamment dans leur représentation artistique. Il ne faut donc pas mettre de côté que la partie nord du pays dispose de sa propre production cinématographique centrée essentiellement sur son public avec des moyens assez importants. Il n’est donc guère étonnant de voir en ce U 235 une volonté de cinéma populaire flamand avec un budget que l’on imagine assez correct au vu de ses effets réussis.

Le long-métrage s’entame avec un aspect assez bis, appuyé par un plan séquence s’orientant vers quelque chose d’assez bourrin et graphique. Pas que cela soit un défaut tant cette introduction s’avère amusante et installe le groupe de résistants dans un certain rapport de force, notamment par certains liens amicaux établis ainsi que par une certaine réputation brutale (cf le sort sanglant réservé à un personnage). Et pourtant, une fois que le film embarque dans son sous-marin, c’est comme si la pression entre protagonistes s’orientait vers quelque chose d’autre, moins dans la série B divertissante et plus dans une volonté de divertissement plus grand public n’omettant guère son arrière-plan sentimental.

C’est ainsi qu’U 235 se tourne vers quelque chose de plus solide et en même temps ambitieux, comme si le renfermement permettait paradoxalement aux personnages de plus respirer au-delà de certains archétypes, notamment par le biais d’une écriture plus chargée dramatiquement (le trauma du héros). Même si certains protagonistes n’arrivent pas réellement à s’élever, il n’empêche que chacun profite d’interprètes assez bons qui parviennent à amener une certaine émotion quand le long-métrage plonge plus profondément dans les retombées funestes de leur mission. La mise en scène est au même niveau, Sven Huybrechts apportant une certaine assurance dans le domaine (on pense à cette sortie de champ soulignant la peur entourant le sort d’un des personnages).

U 235 constitue donc un bon divertissement, se débarrassant peu à peu des oripeaux de série B qu’on aurait pu lui conférer pour se diriger vers quelque chose de plus ancré d’un point de vue dramatique, notamment dans son contexte historique. De quoi offrir un certain spectacle tout en n’oubliant pas l’arrière-plan tragique de son récit…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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